Il n’en reste qu’une souche.
Avant le camp, il faut se figurer une forêt. Celle que, dit-on, aimait à parcourir Goethe, à la recherche d’inspiration. On l’imagine volontiers marcher dans les sous-bois, et, se posant devant une clairière, saisir l’inspiration. La forêt de l’Ettersberg est belle, inspirante.
Quand les nazis ont construit le camp, ils ont gardé un arbre, l’arbre de Goethe. On ne sait, en vérité, s’il était vraiment une sorte d’arbre fétiche de l’homme de lettres, mais il trônait là, au milieu du camp, visible de tous, en face du block 34, pas loin de l’intendance. Hommage à la culture allemande toute-puissante, qui nous rappelle que les fascismes et les totalitarismes récupèrent tout, même ce qui est leur contraire (on les reconnait aussi à ça).
Un dicton voulait, dont je ne sais s’il appartient aux déportés ou aux nazis, et quelle fut sa vie véritable, que l’Allemagne nazie tomberait quand l’arbre serait mis à bas. Il fut fauché lors du grand bombardement du camp par l’aviation américaine, en juillet 44.
Aujourd’hui, l’arbre n’est plus. Seule subsiste la souche. Elle est resté là, grise, arasée.
Par dessous la souche, et sur ses flancs, de petits champignons ont poussé.
2 Commentaires
Véritablement poignante les photos de cette souche historique.
Je suis simplement fils de déporté. Ma mère passa quelques temps en ce lieu aux frais d’Hitler (je la cite!).
Ces quelques images représentent une part de mon histoire personnelle.
merci

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