Archive personnelle maigre. Les photos dont je dispose.

bandeau_buch

A Vitry, dans les vieux albums, au milieu de plein d’autres choses, il y quelques photos datées d’avril et mai 1945. Avant, on voit Claude en exercice, en parade, dans divers événements, entre 1939 et 1942. Ces photos sont irréelles : on y voit plein de militaires, en défilé, à Lyon, à Aix, en exercice à Carpiagne, dans les Alpes. Ensuite, ça recommence en mai 1945, juste une petite dizaine de photos, à peine légendées. On voit le berger allemand qui a accompagné Claude jusqu’à Prague, Prague, justement, et une image qui fait penser à l’histoire de Simone et Claude : des infirmières de la Croix Rouge.

Ces photos ont du être prises avec un petit appareil de l’époque. Elles sont carrées, de cinq centimètres de coté. La netteté n’est pas leur fort. Le Claude qu’on devine sur ces images semble heureux. Il a toujours le sourire au visage. Il pose aux côtés de sa jeep, de l’adjudant qui l’accompagne. On n’est plus dans le camp, du tout.

Je ne sais si ce même appareil a pris des photos du camp. Ces images ont été mises dans un album de famille. Les rushes n’existent plus. Qui a pris ces photos ? D’où venait cet appareil ? Je n’aurai pas les réponses. Restent ces images de l’après, et ce trou dans la narration qu’offre l’album. 1942. 1945. Et 1956, qui suit, le mariage, les bons moments, et ces moments, quand Claude sera affecté aux troupes françaises en Allemagne.

Seul proximité du camp : la maison de Goethe. Comme un souvenir touristique. Comme si l’auteur des photos ou celui qui a composé l’album ne voulait pas se placer dans un autre registre que celui, obligé, des photos familiales : des proches, des scènes de voyage, des lieux pittoresques.

Le vide parle, pourtant.

goethe

La Maison de Goethe, à Weimar, qui existe toujours. Il faut se souvenir que Buchenwald a été construit dans la forêt de la colline de l’Ettersberg, à côté de Weimar, dans un bois dans lequel Goethe aimait, dit-on, à flâner. Un “arbre de Goethe” figurait dans le camp, dans le quartier SS. C’était celui, dit-on, sous lequel il aimait à s’asseoir pour écrire des poèmes.

claude

Claude et une infirmière de la Croix-Rouge, et le chien, “Ruth”, qui l’accompagnera après la libération du camp, devant son véhicule de liaison. L’infirmière n’est pas Simone (mais cela aurait pu être elle ?). On devine que Claude est maigre, mais il sourit. On sent l’ambiance d’une balade en forêt. Qui peut dire que cela a été pris quelques jours à peine après la libération du camp, après seize mois là-dedans ?


Mots clés:
Abonnez vous aux commentaires Commentaires | Trackback |

Ajouter un commentaire




Blog réalisé par calii.fr & Spintank