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J’entame sur ce blog une série. Des bribes, fragments, photos, souvenirs et faits relatés, réflexions, et une recherche, sur mon rapport à cette histoire.
Dans environ un mois, je vais me rendre à Buchenwald.
Je suis né presque trente ans jour pour jour après la libération du camp, où fut interné mon grand-père. Cela fait donc plus de soixante ans, presque soixante-cinq, que l’armée américaine a découvert l’horreur d’un camp de concentration.
J’ai eu l’occasion, de ma position générationnelle, de toucher du doigt cette mémoire là. Petit-fils de déporté, j’ai croisé des déportés eux-mêmes, reçu des témoignages, entraperçu de grandes figures et des déportés “ordinaires”, lu, beaucoup, sur les camps, cherchant des traces, ou y étant confronté sans le rechercher. Ce n’est pas mon grand-père directement, trop tôt disparu, qui m’a transmis cette histoire, mais une somme de faisceaux épars, avivés par un lien personnel.
Voilà donc le début d’un chemin. Rappel de mes liens, recherche de ce qui les constitue, les motive. Bribes lâchées dans un carnet de notes, et autres choses qui viendront au fil de l’écriture. Pas d’enquête, véritablement, mais une collection de ce qui traine dans ma mémoire constituée. Et quelques images, aussi.
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Voilà qui donne un sens à ce blog.
10 Commentaires
J’aime bien ton nouveau blog tant dans le ton que dans les sujets abordés. Je comprends ta quête d’autant qu’elle rejoint la mienne
Bon courage…
Peut être, rencontreras tu durant ce voyage, les homosexuels, les tziganes, les communistes qui ont partagé le destin de ton grand père…Peut être auras tu une pensée pour les palestiniens qui souffrent à leur tour.
Je lirais en tout cas tes posts. Je penserais aussi aux français qui dénoncèrent leurs voisins et aux allemands : comment ont-ils pu en arriver là ? Serions nous capable aujourd’hui, un jour, de nous tromper à ce point là ?
Bon courage
On se trompe beaucoup en ce moment, chasse aux immigrés, aux sans papiers, aux enfants dans les écoles, double peine ….
Sombre présent
C’est marrant, je ne sais pas si c’est lié à l’âge (je dois avoir le même âge que toi) ou peut être à cause d’évènements récents qui nous ont traversés, mais je suis moi aussi en plein travail de mémoire depuis quelques mois (création d’un fond d’archive photographique familial qui compte plus de 4 000 clichés numérisés et datés ; généalogie ; chronologie ; interviews vidéos des membres de ma famille). Beaucoup de découvertes et quelques petites histoires qui peuvent aider à relativiser ce que l’on peut avoir à affronter.
Sinon, aucun rapport en ce qui me concerne mais je suis déjà allé à Buchenwald il y a 12 ans. Ce qui reste du camp est très « abstrait ». Il n’y a quasiment plus de bâtiments d’époque, uniquement quelques fondations qui permettent de situer un peu l’organisation du camp sur un terrain désertique, dont l’austérité ne laisse aucune place à autre chose que le recueillement.
“Un sens” : il n’en manquait pas, je crois. Un enracinement, peut-être !
Si mes grands-parents ont traversé la guerre, c’est en tant que militaires pas déportés. Mais j’ai toujours été frappés par leurs récits de cette période et, je crois, ce qui m’aura conduit sur les bancs d’une UFR d’histoire à l’université. J’ai eu l’occasion de Visiter Mauthausen avec d’anciens déportés de ce camp il y a 10 ans et j’en garde un très fort souvenir. Si il se dégage de ce genre de lieux une terrible impression c’est le regard des anciens déportés qui m’aura le plus marqué, ça et la méconnaissance totale de cette partie de leur histoire des jeunes lycéens autrichiens que nous avions croisé. Je serai ravi de te lire sur ce voyage. Cordialement, MC
@Christophe: peu de camps ont conservé leurs batiments dans un état proche de celui dans lequel ils se trouvaient il y a 60 ans. Le temps efface bien des choses. Mais les écrits restent. Lire David Rousset permet à mon avis de se faire une idée assez correcte du sort des déportés “politiques”.
@Fourminus: je ne vois pas bien le rapport avec les palestiniens, qui ne sont certainement pas me seul peuple à souffrir sur cette terre, et dont la souffrance n’a rien à voir avec un système d’élimination organisé.
Dénoncer toujours et encore :”Un sans-papiers dénoncé par son banquier
Ce Mauritanien venait retirer son salaire à la Société générale, l’agent a appelé la police. Ce n’est pas première affaire du même genre.” de libération aujourd’hui
Bonsoir, Pourquoi lorsque l’on vous parle d’une souffrance vous vous mettez à parler d’une autre souffrance ? Cela frise même l’indécence !
Lorsque quelqu’un vous parle de son cancer du rein pourquoi lui parler du cancer du sein de votre autre ami ?Une souffrance est unique et se suffit à elle-même !!
Passionnée de généalogie je savais que le grand-père de mon compagnon était décédé à Buchenwald : Prisonnier politique mort 4 jours avant la fin du camp.
Nous venons de recevoir des renseignements un N° comme un tampon à bestiaux, des n° de block.Mon ami m’a dit « merci ».
ll n’y a que le silence face à la souffrance, cette souffrance !
Homosexuels, juifs …. Tous compagnons de misère ils reposent ensemble lui fait partis de ceux qui résistants ont sauvé des vies au péril de leur vie.
Emportez avec vous Nicolas, si vous le voulez bien, un brin de notre gros pincement de cœur et déposez le là-bas ou il repose.

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