De la Démocratie Numérique

“Des millions de blogs, de forums, de messages, d’informations et de commentaires, postés sous toutes les formes possibles et dans des lieux innombrables : le web est devenu une nouvelle dimension de l’espace public. L’espace public numérique, c’est d’abord un territoire, des lieux multiples et très divers où se mêlent documentation et connaissances, information, échanges sociaux ; Nicolas Vanbremeersch nous guide dans cette nébuleuse, analyse et structure l’ensemble. L’immensité de cet univers et les règles qu’il impose font évoluer très rapidement notre société. Le web social, où les individus mettent en réseau contenus et relations, en est le véritable poumon. Il n’est pas qu’un média de plus ; il dispose de ses propres codes, d’une dynamique différente qui bouleversent la manière dont circulent les idées et les informations. Un nouvel espace de démocratie, plus direct, plus rapide, se développe. Médias, experts et producteurs d’idées, hommes, femmes et partis politiques doivent réinventer leurs rôles dans l’espace public à l’aune du numérique.”

C’est la présentation de ce livre, disponible en quatrième de couv’ de l’ouvrage, paru au Seuil en 2009, et disponible dans toutes vos bonnes librairies.

Ce livre est une invitation à découvrir le web, et une tentative de transmettre quelques convictions, et clefs d’analyses, issues de la pratique, sur ce qui s’y passe. On peut prolonger la discussion sur ce blog, qui est - aussi - fait pour ça. Pour comprendre ce qu’est ce livre, le mieux est quand même de céder la parole à quelques autres, qui l’ont lu :

Chez Narvic

La thèse de Nicolas est relativement simple à formuler, elle est peut-être moins facile à valider. Si elle prête à débat, c’est précisément l’intention de l’auteur d’en ouvrir un sur la question (à cette occasion, il ouvre également un nouveau blog) : le web est-il en train de devenir « l’espace public numérique », nouveau lieu d’expression de « la démocratie numérique » ? [...]

L’auteur aborde la question de manière pragmatique - et plutôt avec finesse -, en se refusant à se faire ni un théoricien, ni « un prophète de l’internet » et en prenant ses distances avec l’idéologie du web 2.0. Il adopte le ton de la conversation plus que celui de la démonstration : « j’ai écrit ce livre comme un blog. Comme le mien du moins. Prenez chaque chapitre comme un billet, une petite touche qui vient constituer un tout ». Et le tout se lit d’ailleurs avec une grande facilité. Voilà pour la forme, abordons le fond. ;-)

Arrêt sur les mots

Tout au long de son ouvrage, Nicolas Vanbremeersch va faire l’effort de ne pas tomber dans le trop plein théorique, il s’efforce de toujours expliquer les choses avec pédagogie, un vocabulaire simple et illustré de cas concrets qu’il a rencontré au cours de son expérience numérique. Ainsi, il arrive à faire couler de source sa théorie des trois Web. Déjà maintes fois commentée sur internet (ici par exemple), cette théorie est très convaincante par sa simplicité. L’auteur « sépare » le Web en trois parties : le Web documentaire, le Web de l’information et le Web social et les présente sur un axe allant du statique au dynamique. En effet, pour lui, il y a « deux approches, deux moteurs qui animent différemment les logiques de publication : l’immédiateté et l’archivage. » L’archivage sur le Web sert en effet à diffuser et stocker des informations produites ailleurs.

[...]

A titre d’anecdote, ce livre se devait d’être écrit par Versac, pour toutes les raisons que je viens de citer, mais aussi et surtout parce qu’il est une vraie référence. Une référence que je partageais en tout cas avec la personne assise à côté de moi dans le TGV. Nous ne nous connaissions pas, mais ce livre aura été le point de départ d’une conversation intéressante et agréable avec ma voisine qui elle aussi tient un blog.

Libération

Son propos est de montrer la formidable extension de l’espace public avec le numérique. «Le Web, cet espace public sur lequel on se perd volontiers, est un espace tangible», dans lequel on peut se déplacer et tisser des liens. Toujours très pédago, Vanbremeersch y distingue trois dimensions qui se chevauchent : le Web documentaire (plutôt passif, encyclopédique, comprenant des contenus apportés de l’extérieur), le Web de l’information (qui recouvre les médias, donc structuré et cadré) et le Web social (un univers sans frontières qui fonctionne en réseau, «le poumon du Web»).

Nonfiction

À rebours d’un grand tableau définitif ou interminable, Nicolas Vanbremeersch – alias le blogueur Versac – déploie son style limpide pour détailler au lecteur « l’anatomie » de l’espace public numérique. Le voyage qu’il nous propose est sans fioritures. Le guide est modeste, fin et direct. [...] Sa typologie pourrait faire date d’autant plus qu’il la développe avec quelques-uns des travaux sociologiques les plus intéressants à propos d’Internet. [...] Cet ouvrage est un signe de maturité du débat. Prophètes et critiques peuvent être rangés au placard. Nicolas Vanbremeersch nous invite au réalisme ce qui suppose, avant tout, d’être prêt et d’être capable d’introduire de la nuance dans les tableaux que l’on peint du web. En ce sens, le livre de Nicolas Vanbremeersch marque un tournant dans l’évolution des représentations d’Internet. Il n’est pas si courant de faire avancer les choses tout en les exposant au plus grand nombre. [...]

Serialmapper

Bon je ne sais pas trop comment vous le redire mais précitez-vous sur ce bouquin de 100 pages qui vous permettra enfin de comprendre ce qui fait courir ces drôles de bloggeurs et surtout pourquoi ces nouvelles pratiques vont à l’instar des cafés au XiX éme bouleverser la sphère publique et pas mal d’industrie de la médiation.

Matoo

J’ai adoré glaner ça et là des réflexions qui sont totalement miennes mais très instinctives, et que j’ai trouvées correctement mises en abîme, remises en relations et corrélations. L’auteur en cela a remarquablement construit l’articulation de ses problématiques, ses démonstrations, ses argumentations et l’ensemble de sa mécanique logique, qu’elle soit inspirée par de la sociologie, psychologie, économie ou politique, est parfaitement huilée (il y a un côté éminemment ScPo dans tout cela !!). Du coup, ça coule de source, et j’ai lu le bouquin avec une surprenante fluidité, pour un sujet dont l’aridité première peut en rebuter beaucoup.

Les Echos

Le Web est un espace où l’internaute navigue à l’aveuglette, sans en avoir une vue d’ensemble. Le principal mérite de ce petit livre est d’en fournir une géographie sommaire. Il ne s’agit pas d’un média, mais d’un « territoire » mouvant, parce que sans cesse redessiné par la naissance et la disparition des sites, et surtout par les liens entre les sites et la fréquence de leur utilisation : « Chaque lien est un acte de qualification de l’information pour le visiteur », chaque clic sur un lien est une « microrecommandation » pour les autres utilisateurs. En définitive, « ce sont les internautes qui font le Web ».

La Tribune

Selon lui, l’espace public numérique, plus qu’une simple extension de l’espace public classique, tend à devenir une sorte d’agora immatérielle, où chacun peut devenir un média autonome, et où les tensions tocquevilliennes entre individualisme et communautarisme, entre fragmentation et décloisonnement, sont levées. De même que de nouvelles pratiques sociales émergent du fait de l’utilisation massive du web chez les générations nées avec Internet, l’auteur anticipe, reprenant des exemples tirés des dernières campagnes électorales, que la toile sera à l’avenir le terrain privilégié du débat politique. En donnant son email à la fin de la préface, Versac joint d’ailleurs la théorie à la pratique, et invite le lecteur à poursuivre cette réflexion… en ligne, évidemment.


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