Pas le temps : sauras-tu m’aider ?
Jacques Chirac a donc été mis en examen. La liste des réactions des hommes politiques de droite s’indignant de cette procédure qui ne nous fait pas honneur est longue comme le bras.
Ils semblent tous être frappés d’amnésie. Ce sont pour la plupart les mêmes qui, lors de la révision constitutionnelle que Jacques Chirac avait lui-même initiée pour bien être certain que le chef de l’Etat ne serait pas poursuivi pendant l’exercice de ses fonctions, nous expliquaient que cette protection était indispensable, tant que durait son mandat.
L’amnésie frappe de nombreux responsables politiques. Xavier Bertrand, par exemple, qui nous dit que “Ce n’est pas une affaire qu’on découvre aujourd’hui”. Certes non. Mention spéciale à Jacques Le Guen, qui emporte la palme de la lêche sarko-chiraquienne avec son “cette décision scandaleuse (…) est d’autant plus surprenante qu’elle n’est pas conforme aux réquisitions du parquet” (vive l’indépendance de la justice !).
Du coup, n’ayant pas vraiment le temps, je t’appelle, ami lecteur, blogueur du coin, à faire appel aux fantastiques vertus du web. Si tu pouvais retrouver ce qu’ils ont dit, les Lamour, les Cuq, les Bertrand, les Paillé, les Devedjian, les Le Guen… lors des débats sur le statut du chef de l’Etat.
Je suis sûr qu’on pourra leur rappeler qu’ils nous avaient joyeusement rappelé à l’époque que le chef de l’Etat, s’il devait être protégé pendant l’exercice de son mandat, restait, pour le reste, un “justiciable comme les autres”…
7 Commentaires
Y’a du prix busiris dans l’air !
Maître Eolas va s’en occuper.Note quand même que les meilleures perles sont à gauche avec “Monte-bourre” et Cie…
J’adore !
Henri Cuq ; “Il [le projet de loi] répond à une double exigence : l’exigence de transparence et d’égalité entre les citoyens et l’exigence de stabilité de l’Etat”.
janvier 2007
Dominique Paillé (UMP, sarkozyste): “Je ne suis pas à titre personnel favorable à ce texte, d’ailleurs moins sur le fond que sur la forme et sur la date à laquelle il nous arrive. Il y a sans doute besoin de toiletter la Constitution, mais il faut le faire dans la sérénité, dans la transparence, en prenant le temps. Le chef de l’Etat a pris des engagements, il tient absolument qu’avant son départ de l’Elysée ils soient tenus, dont acte!”. (Déclaration à la presse, mardi 16 janvier)
Aucun d’entre eux n’a participé aux débats à l’assemblée :
http://www.assemblee-nationale.fr/12/cri/2006-2007/20070111.asp
Hervé Morin (UDF, Eure-et-Loir) a estimé que ce texte est «un progrès en trompe l’oeil. Pendant cinq ans, les preuves peuvent disparaître et les témoins oublier». Surtout, pour le président du groupe centriste, «le président dispose de telles garanties qu’il reste intouchable. Si la réforme avait été en vigueur à l’époque de François Mitterrand, celui-ci n’aurait jamais pu être destitué pour l’affaire des écoutes téléphoniques». (Le Figaro, 17 janvier 2007) Comme quoi…
Lorsqu’il s’agissait de débattre du Traité constitutionnel devenu Lisbonne, l’analyse exégétique des textes tendait à contredire l’opinion : c’était donc l’éclairer que de la mener.
Ici, je doute que l’exégèse de l’expression spontanée de notre classe politique ne contredise l’opinion commune de l’électeur. La mener serait donc du temps perdu.
Il faut être rentier pour s’imaginer qu’il existe une ressource plus précieuse que le temps perdu : et les causes auxquelles le consacrer utilement ne manquent pas.
Le consacrer à un travail aussi peu créateur de richesses que celui proposé, c’est donc, en fait, renoncer à employer plus utilement le temps libre dont on dispose.

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