Son ascension à Verbier joue le rôle habituel du tour : on ne qualifie plus la performance, on ne nourrit pas l’information.

J’ai eu beau chercher sur des sites d’information sportive, des trucs tenus par des professionnels : incapable de trouver une belle infographie comparant les temps de montée de Contador à Verbier avec l’histoire, ou avec ses poursuivants. Le traitement du tour de France, c’est essentiellement du commentaire, avec de l’analyse vaguement psychologique à la clef. Le Tour de France, niveau journalisme, en France, c’est simple : c’est pire que la politique ! On s’occupe essentiellement de bruits de peoloton, et de commentaires de la course à la victoire. On oublie l’information.

L’information ? Tout simplement donner à voir la différence. Même Jean-Louis Le Touzet, dans Libé, était absent de l’explication. Or, elle est majeure.

Pour aller chercher l’info, il faut aller sur des forums, avec un travail fourni par des spectateurs passionnés. Ils chronomètrent à la main, et font leurs calculs. Contador, d’après le forum de vélo 101, c’est une montée de Verbier à près de 25 km/h de moyenne (7.5% de moyenne, 25.15Km/h, Contador pèse 61 Kg, route lisse). Soit une puissance développée entre 450 et 491 Watts. Allez, même s’il monte un peu moins vite, de l’ordre de 23km/h, si l’on tient compte du vent dans le dos (en montée, on rigole), il serait de l’ordre de 460-470 Watts ?

491 Watts ? C’est plus que ce qu’Antoine Vayer appelle du “dopage mutant”. Soit les records absolus des montées de Jan Ullrich, mieux que celles de Rasmussen (que Contador était seul, en 2007, à réussir à suivre en montée), ou de Pantani en 1994… 491 Watts, comme dirait Vayer, « c’est faire du vélo à 10 km/h dans une pente moyenne à 10 % (n’existe pas en France) et en tirant une remorque qui pèse 100 kilos, toujours après cinq heures d’effort ». C’est une performance totalement non humaine. Sorensen, 37ème à cinq minutes de Contador, a développé 431 Watts. Et le mieux, c’est le visage de Contador en arrivant. Frais comme un gardon, pas une marque de fatigue. Il avait l’air presque déçu de n’avoir rien de plus à monter ensuite. Après une performance physique qui fut sans doute une des plus importantes de l’histoire du Tour, devant les pires années. Pour rappel, Armstrong, dans ses belles années, développait entre 400 et 440 Watts dans les montées, loin de la performance de Contador.

Aucun article, hier, dans la presse, sur ce nouvel équilibre. Sur cette nouvelle “dynamique”, qui voit le Tour 2009 aller au-delà des records les plus absurdes. Aucune information, surtout, qui reprenne ces simples faits, et les mette en lumière.

Dans ce contexte, tout discours sur l’absence de compétition, le manque d’entrain et de tactique des concurrents, est absurde. Tout commentaire pointant la faible coopération des Schleck et Evans, de Sastre, est ridicule : on le voyait tirer la langue, eux, alors même qu’ils semblaient tous battre le record de la montée (je commence à me poser des questions sur les performances incroyables de Casar et Le Mével, d’ailleurs). Le journaliste est pris à son piège : relégué au rand de spectateur privilégié, n’ayant pour lui plus rien, puisqu’il abandonne son rôle.

Le Tour de France symbolise bien le nouveau rapport de force de l’information, et dessine les pistes de son avenir. Des media complices d’événements, avec des journalistes qui oublient leur rôle. Des entreprises et organisations privées qui prennent l’initiative (voir Livestrong et Armstrong sur twitter, …). Des spectacles où la réalité disparait au profit de l’histoire racontée. Un public de moins en moins créduble, qui, par son partage d’information, peut reprendre la main et aller à l’information.

La chance du journaliste, dans ce jeu, c’est cette attente du public. C’est sa capacité à livrer une information, pas juste du commentaire ou une histoire, monopoles du public et des acteurs (qui ne rêvent que de pratiquer ce storytelling facile sur l’exploit et les sourires). C’est d’être grincheux, besogneux, et de donner à voir des données.

Où est-il, ce journaliste ?


Mots clés:
Abonnez vous aux commentaires Commentaires | Trackback |

35 Commentaires

Quelques autres “pourquoi?” :
1. Pourquoi tous les contrôles antidopage se sont révélés à ce jour négatifs ? D’habitude, au moins un coureur s’était fait prendre à ce stade de la compétition. Ce qui permettait aux directeurs de la course de dire : “c’est bien, cela prouve que les contrôles sont efficaces”. Donc là que faut-il conclure ? Qu’ils sont inefficaces ? Ou bien (ce que j’ai encore la faiblesse de croire) que la recherche analytique prend plus de temps, et qu’on aura les résultats après le Tour, quitte à déclasser quelques vainqueurs d’étape…
2. Pourquoi la victoire d’Ivanov, dont on a loué les qualités de rouleur/poursuiteur, n’a t elle pas fait non plus l’objet d’une analyse plus poussée ? Certes, lui, a bien donné le change à l’arrivée , mais il a l’expérience et la roublardise liées à l’âge, âge dont on sait qu’il est corrélé avec le dopage : plus la fin de carrière est proche, plus la probabilité de se doper est importante. Et puis il appartient à une équipe dirigée par Andréi Tchmil
3. Pourquoi y a t il cette année relativement peu d’abandons, alors que le Tour n’a pas été épargné par des chutes collectives ? Parce que les charges de travail sont mieux réparties entre les équipes et au sein des équipes ? Parce que la récupération est mieux organisée ? Si oui, comment ?
Effectivement, les journalistes ne sont pas à la hauteur. Sans compter que, au delà du dopage, ils sont peu éclairants sur les stratégies de course.

Gizmo le 21 juillet 2009 à 10:07

Comme dirait l’autre : “Amaury je te vois !”

Tiens, il paraît même qu’Armstrong pourrait envisager le rachat du Tour de France à ASO… ceci expliquerait les 6 pages (dont la couv’) de quasi-publirédactionnel dans le Parisien pour L.A. et Livestrong… Si j’étais journaliste spécialiste du dopage chez Amaury (l’Equipe ou le Parisien), je dormirais mal…

Ah oui, autre chose, quand on croise des gens qui fréquentent le milieu cycliste amateur ils vous disent à peu près la même chose : chez les pro et même chez les pro-am, ils le sont tous, dopés. Quand au Tour himself, ils le seraient du premier… au dernier.

L'Orangie le 21 juillet 2009 à 10:07

Et oui, bien vu ! J’avais hésité à écrire un billet sur le sujet mais n’étant pas un grand spécialiste de cyclisme, je me suis finalement abstenu). Le tour de France n’aura duré que 10 minutes : le temps qu’il aura fallut à Contador pour mettre tous ces concurrents directs à plus d’une minutes, ne leur laissant aucun espoir pour le reste de la course.

Concernant les commentateurs, on sent bien que le but premier, comme dans beaucoup d’autres sports d’ailleurs, est d’essayer de faire croire à une forme de suspens continu. « Bon allez, dans les Pyrénées, ça va commencer fort, faut regarder » ; « Arf, il ne s’est rien passé dans les Pyrénées mais attention, des surprises sont possibles sur le plat » ; « Humf, ok, il ne s’est toujours rien passé d’intéressant au au bout de 2 semaines de course, mais vous allez voir, dans les Alpes, ça va chauffer et les costauds seront là »… et puis juste avant les Alpes tant attendus, c’est la grosse tuile : Contador met tout le monde hors de portée en quelques kilomètres. Alors, les commentateurs et beaucoup de journalistes sportifs vont faire comme souvent lorsqu’il n’y a plus ou très peu de suspens dans une compétition : ils vont nous en faire des caisses sur les performances espérées des Français, notamment sur les victoires d’étapes pour ce qui concerne le Tour, histoire que le spectateur moyen ne déserte pas trop vite (c’est un peu comme à Roland Garros : comme on sait que c’est Nadal ou Federer qui gagne à la fin, on met le paquet sur les espoirs français pour préserver un suspens franco-français annexe, en espérant qu’un atteigne les demies finales — et à la fin, tout le monde est souvent déçu). Mais entre temps, on a réussir à maintenir un sans blanc d’audience…

Concernant les suspicions de dopages, je crois que plus personne ne se demande s’il y a des produits qui circulent et je pense que la question est surtout de savoir si tous les coureurs (tous les sportifs ?) sont logés à la même enseigne. Ont ils tous accès aux même produits ? Y a t-il quelques sportifs professionnels propres qui arrivent malgré tout à faire parfois de grandes performances ?
J’avais bon espoir cette année avec les déclarations de Fignon sur le doppage, à la sortie de son livre, et j’étais même assez surpris de le voir assurer son rôle de consultant sur le Tour (j’avais parié que la direction des sports de F2 prétexterait une raison médicale toute trouvée pour ne pas aligner un Fignon qui aurait pu déranger aux commentaires). Et puis finalement, Fignon est au micro, mais assez peu loquace sur le sujet — probablement briefé au préalable pour ne pas trop embêter les coureurs avec le dopage, pour ne pas les voir déserter les plateaux et les interviews.

Christophe D. le 21 juillet 2009 à 10:07

Mon précédent commentaire, écrit et relu très vite, est bourré de fautes. Je m’en excuse.

Christophe D. le 21 juillet 2009 à 10:07

Cela fait franchement chié de devoir se poser ce genre de questions… De ne plus pouvoir “rêver” sur une montée, une attaque, un col, une bataille généralisée.

A l’inverse, les journalistes et les commentateurs ne cessent de moquer le côté “chiant” du tour de cette année, tous, attendaient cette attaque, cette giclette comme ils disent, du grand spectacle, dans le sport le plus compliqué qu’il soit.

Le début du mal est donc bien ici, il faudra un jour choisir entre le spectacle, soutenu par ce qu’il faut, et l’absence relative de spectacle. En clair, de l’enthousiasme sale ou de l’emmerdement propre…

Choisis ton camp camarade.

Seb de CaRéagit le 21 juillet 2009 à 10:07

presque 500 W… Dément !

Il faut avoir Lu “L.A. Confidential”, le livre sur Amstrong pour comprendre le niveau de performance que cela représente.

Pour le lecteur, il suffit de se souvenir que 1 cheval vapeur = 736 W. Ainsi, dans peu de temps, Contador délivrera des perfs qu’un cheval lui même aura du mal à réaliser. Ou si vous préférez, mettez 3 Contador d’un coté et deux chevaux de l’autre : le tout ne bouge pas… :-)

J’aime bien le gars qui raconte qu’il fait 2h40 au marathon et a fait cette montée en … 30′ ! soit, juste 50% de plus que Contador.

Et quand on pense que Amstrong, 12 ans de plus, et l’entrainement qu’il a cette année, ne fait “que” 1′30” de plus, ça laisse rêveur (enfin, chez les bisounours…)

Vicnent le 21 juillet 2009 à 10:07

Sur le dernier commentaire, la liaison entre marathon et vélo n’est pas forcément la plus adéquate. Autant en ligne droite, l’effort peu paraitre comparable, dès lors que la route s’élève je suis plus circonspect sur la comparaison.

Si l’on s’en tient à l’info (peut être mal paramétrée) des vélos dans les salles de fitness, 430 W ce n’est pas non plus surhumain. 491 je dois dire que c’est assez énorme mais encore une fois cela fait présager le dopage sans jamais l’identifier.

Quand stéphane Holm (1.78m) passe 2.40 en hauteur personne ne se dit que c’est hallucinant et pourtant ça l’est…

frednetick le 21 juillet 2009 à 10:07

Gizmo : bons pourquois (oui, je les accorde).
Sur les contrôles, ils sont dits extrèmemen t coulants cette année, et ont même été dénoncés par le patron de l’AFLD et par l’UCI… Alors que le Tour avait quand même une des réputations les plus strictes en la matière (on disait à une époque que certains coureurs avaient hâte de retourner à la Vuelta pour courir avec une seringue dans la cuisse).

Le commentaire journalistique me semble globalement très en retrait cette année, sur les stratégies, la récup, etc. Je lie ça au côté assommant médiatiquement du retour d’Armstrong. L’hyper événement (qui a l’avantage d’être fabriqué, prévisible, glamour, storytelling-compatible…) tue les petites histoires qui font la richesse du tour.

-
Christophe : en fait, ce qu ia toujours été passionnant dans le tour (enfin, pour moi, au moins), ce sont justement ces à cotés de la course, tout ce qui ne relève pas du podium. Evidemmment, comment ne pas vibrer dans l’ascension du Verbier et l’attaque ? C’est ce qu’on attend tous. Mais les échappées et les perfs de coureurs français, c’est aussi so ncharme. J’adore suivre les derniers kilomètres d’une échappée, les derniers échanges et collaborations, le dilemme du prisonnier qui assaille les coureurs, etc…

-
Seb : à mon avis, on peut ne pas choisir entre les deux, si la médiatisation et l’attention se tournent vers les petites histoires, les stratégies due course, etc. Ca fait ans que je suis le tour en m’intéressant plus aux petites équipes qu’aux patrons, puisque le dopage EPO-style tue de toute façon ce suspense. Il y a une rupture, cette année, avec un retour au consensus pro-Armstrong…

-
Vicnent : oui, le presque 500W, c’est énorme. Ceci-dit, je rejoins frednetick sur la difficile comparaison vélo-cyclisme en temps. La puissance développée est un bon étalon.

-
Frednetick : hum, 490W, après 5h de course full blinde, déjà plusieurs cols, ça n’a rien d’humain. Tenir 5h à 350W puis monter à près de 500, je doute que quiconque fasse ça au Club Med Gym sur son vélo d’appartement.
Quant au saut en hauteur, il s’agit essentiellement de technique, et les possibilités offertes par des moyens d’hybridation scientifique sont très limités…

Il sufft de lire Frédéric Grappe ou Antoine Vayer et les équivalences qu’ils expliquent bien pour comprendre que 490W, ça ne s’atteint pas naturellement. 400-420, avec une bonne préparation, oui.

NV le 21 juillet 2009 à 12:07

À Nicolas :

Moi ce que j’aime le plus dans le Tour, ce sont les paysages ! (Si, si, vraiment.) Le côté balade touristique en direct, vue du ciel, qui en même temps ne monopolise pas trop l’attention, tel un aquarium télévisuel. Idéal lorsqu’on est coincé dans son bureau en été (et qu’on y a une télé, ce qui est mon cas — je travaille à mon domicile). Bref, la course est secondaire pour moi… Mais quand même, j’étais un peu déçu que le coup décisif porté par l’espagnol (échappée effectivement magnifique à voir, le peu de temps qu’elle a duré) se fasse de cette manière. Je m’attendais plus à 20 secondes grappillées sur 1 ou 2 étapes des Alpes, avec 2-3 challengers qui auraient fait durer un peu plus longtemps le suspens, et non un tel coup de massue aussi puissant que furtif de la part de Contador. Mais mon trop peu de connaissances du cyclisme me rend probablement un peu trop naïf sur la question, j’en suis bien conscient ;-)

N’empêche que c’est amusant de voir les commentateurs, le sourire un peu pincé, essayer de faire croire à un improbable retournement de situation qui pourrait arriver dans les jours à venir ;-)

Christophe D. le 21 juillet 2009 à 12:07

Attention, il y a une erreur dans l’article, Sorensen a développé 433 watts sur 5 minutes, et même 451 watts sur 4 min, dans le bas de la montée.

Il se donner à fond pour les leaders Saxo Bank. Après il a du se relever.

Donc, sur la montée totale, Sorensen a développé 355 watts.

Ce qui replace la performance de Contador à sa juste valeur: irréelle (491 > 355).

Gael le 21 juillet 2009 à 12:07

Nicolas, le sujet de ton post est précisément celui de la chronique d’Antoine Vayer dans Libé de ce jour, que je n’ai pas retrouvé en ligne (elle n’a sans doute pas encore été mise en ligne) : “Des robots distancés par des extraterrestres”.

Pour résumer, le Tour roule en moyenne depuis le départ à 40,783, km/h soit plus que le record du Giro de cette année. Tous les chiffres pour comparer la différence y sont.

PYL le 21 juillet 2009 à 12:07

2007 : http://forums.france2.fr/france2/cyclisme/merci-antoine-vayer-sujet_8890_1.htm

relire cela avec le recul (2 ans) vaut son pesant de cacahuètes… :-)

Surtout ceci : “Contador, au plateau de Beille, a développé 433 watts de moyenne. Mieux que les honnis Basso et Armstrong au même endroit, trois ans avant. Avec la longue quinzième étape de montagne censée épuiser les organismes après plus de cinq heures d’effort, il a réussi d’incroyables accélérations à 465 watts de moyenne pendant 4 min 55 s dans le col de Peyresourde. Rasmussen peinait dans sa roue. Quatre démarrages sur une pente à 8 % en moins de 2 km, alors qu’à peine 500 m à 410 watts auraient dû le faire zigzaguer jusqu’à le mettre à l’arrêt. Normalement, un champion parfaitement entraîné aurait produit de l’acide lactique qui brûle les jambes. Lui, rien.”

là on est à combien déjà ? Ah oui, presque 500 Watts, à 2% près. Arf !!!

A ce rythme, je prédis un tour de France à 70 km/h sur 40 étapes en 2015. Avec l’alpes d’Huez grimpé sur la selle, à 40km/h :-)

Vicnent le 21 juillet 2009 à 03:07

Comme site sur le vélo, il y a l’honorable http://www.cyclismag.com/ IMHO

Tonio de bdx le 21 juillet 2009 à 05:07

Les calculs de puissance de la montée par Portoleau (celui qui a écrit le bouquin avec Vayer) :
http://www.cyclismag.com/article.php?sid=5184

VinZ le 21 juillet 2009 à 09:07

Pour répondre à la question sur l’absence de traitement de la performance.

Plusieurs raisons à mes yeux. Outre, visiblement la performance hors du commun, c’est surtout le contexte qui fait que la presse s’en désintéresse.
- Pas de grosses étapes ni d’ultra-domination d’un coureur depuis le Tour comme au temps d’Armstrong
- Une première victoire de Contador venant rompre la monotonie du Tour, donc extase des journalistes
- Une victoire de Contador venant après des étapes certes à forte moyenne mais à la difficulté relative (Le tour, outre la fin de parcours, est cette année probablement l’un des plus faciles et les plus roulants depuis de nombreuses années)
- Archi-médiatisation de Armstrong et de la prétendue rivalité avec Contador qui éclipse tout le reste, Sastre l’a encore rappelé hier
- Des journalistes qui tentent, tant bien que mal, plutôt mal en France, de parler d’autre chose que du dopage, ce qu’ils faisaient beaucoup trop, certains teams et coureurs ne désirant plus leur parler.

Voilà, à mes yeux de passionné la raison du détournement des performances au profit d’un plaisir et d’une candeur que tout le monde cherche à retrouver et espère.

Après concernant Contador, ne mettant pas en doute les calculs de passionnés, il ne me parait pas si extraordinaire que ça étant donné qu’il est le seul à être au dessus du lot. Merckx et Hinault l’étaient à leur époque.
Les autres me paraissent humains. N’y-a-t-il pas des êtres extraordinaires de temps en temps dans le sport ?
Je vous rapporte à la chronique de greg Lemond que vous avez peut-être lue sur lemonde.fr, je partageais son avis sur les perfs des coureurs.
http://www.lemonde.fr/sports/article/2009/07/17/bouche-bee-par-greg-lemond_1219980_3242.html#ens_id=1210866

Martin le 21 juillet 2009 à 09:07

Gael : my mistake, alors, avec mes excuses (mais Sorensen était moins l’objet de mon propos).

-
PYL : et voilà. Le jour où je n’achète pas Libé papier, voilà qu’ils autorisent Vayer à faire un article… Rien en ligne, d’ailleurs, ce qui est vraiment con : le web est l’espace des données…

-
Tonio/Vinz : effectivement, cyclismag fait un beau boulot avec Portoleau. Mais peu de visibilité, et pas beaucoup de reprises. Et aucune accessibilité de l’article (référencement, flux RSS…), capacité de reprise des données. Des progrès à faire pour exister en ligne, mais un vrai fond intéressant…

-
Martin :
Sur les raisons, on est assez d’accord. Mais sur le caractère exceptionnel de COntador, non. Il peut avoir une VO2max impressionnante, ça ne peut pas lui permettre de développer une telle puissance, aussi longtemps, et finir en haut de la côte avec le sourire aux lèvres et pas de signes de fatigue. Imaginez un poursuiteur finissant une poursuite des JO exclusivement en montée, et allant courir un marathon…

-

NV le 21 juillet 2009 à 09:07

Salut

Les journalistes s’extasient souvent des vitesses atteintes en descente (”75 km/h au compteur moto, mais il faut toujours en enlever 2 ou 3″). Il mentionnent parfois cette vitesse en plaine. Jamais en montée.

ça me rappelle un tag d’encouragement des cyclo-touristes sur un route de montagne en Espagne: “Courage, par ici Roberto Heras monte à 25 km/h”…

Javier le 21 juillet 2009 à 09:07

NV :
La montée de Contador ne m’impressionne pas plus que ça. Ayant assisté aux montées de LA au bon vieux temps, ça, c’était impressionnant.

De plus, j’ai regardé plus attentivement les chiffres fournis par le forum sur les puissances et étant de formation scientifique, ça me chiffonne un peu.
Le calcul est certes le même pour tout le monde mais une donnée fausse totalement le raisonnement, il s’agit du poids pris par défaut à 78kg pour tout le monde.

Je comprends que cela soit une moyenne mais je trouve que ce n’est pas très scientifique de tirer des conclusions, surtout si critiques et avec des conclusions aussi impactantes en terme d’image (dopage) avec de telles approximations.

Refaisons le calcul de manière plus scientifique :

Si je prends un petit script de calcul, par exemple celui-là :
http://www.awsoft.net/cyclo/calculs/montee.htm (le premier que j’ai trouvé sur le net…)

J’applique les paramètres qui vont bien pour Contador sur la montée de Verbier, soit (d’après le forum cyclismag):
647m de dénivellation
8.5km de montée en 20 min 55
Poids du coureur 60kg (basé sur la fiche letour.fr, 61kg, moins déshydratation, effort etc.)
Poids du vélo 6,8kg

On arrive à une puissance de 436,2W.

On est donc loin des chiffres évoqués plus haut et cette performance me semble tout à fait humaine.

Qu’en pensez-vous ?

Martin le 21 juillet 2009 à 10:07

Cher Meilcour,

Je crois qu’il faut faire attention aux critiques que tu adresses aux commentateurs.
Comme Martin le dit avant moi, Contador n’a pas fait la grosse impression d’un LA avant sa pose de 3 ans.
Tu oublies (entre autres, la VMA par exemple)la technologie des velos en evolution permanente. La deperdition energetique de ces machines s’amenuisent d’annees en annees.
Selon le terrain, un vélo particulier plus ou moins rigide et toujours de + en + light.
Le dopage existe encore, je dirais evidemment.
Mais ton intime conviction me semble forgée que sur l’ecume de propos lacunaires de nos amis journalistes.

Un conseil, etaye ton propos avec la même ardeur que tu le fais en politique, ça donnera un truc qui tient un peu + la route.

PS France2 note presque toujours le temps réalisé par les groupes de coureurs.

Angelo le 22 juillet 2009 à 02:07

ah oui, une derniere deception,

Sur ce coup là, tu n’as visiblement pas fait le tour journalistique de la question.
Y’a des commentaires francs du collier (si on cherche un peu, mais tu es un as en la matière, non?)
indice : les journalistes etrangers commentent aussi le Tour, épreuve un peu internationale… :-)

Allez remet du braquet, une dent en moins à l’arrière, et huile de coude !

Angelo le 22 juillet 2009 à 03:07

Effectivement, les tests sont effectués pour un coureur “factice” de 78 kg, vélo compris. On retombe sur des données bien moins étonnantes si l’on s’en tient au poids réel monté là haut !!

frednetick le 22 juillet 2009 à 09:07

Angelo : je ne m’appelle pas Meilcour. C’est Nicolas. Meilcour, c’est le nom d’un site web.

Tes gentils conseils, tu peux te les garder :) Je ne suis pas plus un spécialiste de la politique du du vélo. Juste un amateur éclairé qui a suivi une équipe cycliste pro de très près pendant trois ans et demi, et eu le plaisir d’échanger de longues soirées avec des coureurs comme des médecins.

Et tes commentaires sur l’efficacité énergétique des vélos et la déperdition me font penser que, comment dire, tu as certainement des progrès à faire également. Aucun vélo, même efficace, ne peut permettre de faire faire un effort qui consiste à, 100 fois de suite, lever des poids de 30kg attachés à ses chevilles, après 5h de route, une fois par seconde. Il faut remettre l’effort pur dans son contexte.

-
frednetick : le calcul précis sur COntador donne entre 430 et 460 Watts selon les temps de passage. Mais même 430Watts, c’est de toute façon absurde sur une telle durée, et une telle montée, en arrivant au col frais comme un gardon, sans être essoufflé. C’est le genre de puissance délivrée par un poursuiteur olympique, qui s’affale après son effort, limite dans les vappes. Contador, lui, était tout sourire, n’a pas posé les mains sur ses genoux…

Martin : le problème, et le sujet de cet article, ce n’est pas tant le chiffre exact que l’absence totale de ces informations en direct (on peut les produire en live), ou le lendemain de l’effort produit. C’est essentiellement le sujet : sur le site du tour, de France 2, de l’équipe, etc… C’est impossible d’accéder aux infos permettant de les chiffrer…

NV le 22 juillet 2009 à 09:07

******************
Troll. Commentaire modéré. Plus bienvenu ici.
Le sujet de ce blog n’est pas ma pomme, mais les sujets qui y sont abordés.
******************

Angelo le 22 juillet 2009 à 10:07

mais de quoi parle-t-on ? contador est le meilleur coureur intrinsèquement, a les meilleurs produits et la meilleure équipe… donc ce qui se passe est tout à fait normal

un deal a clairement été passé au cours de l’année entre Aesseo et l’union c inter. pour un tour “propre” dépourvu de tout scandale, c.a.d que l’on apprendra dans x mois que quelques obscurs coureurs se seront fait gaulé car ils utilisaient une vieille EPO

l’année prochaine sera beaucoup plus agitée et palpitante avec contador dans une équipe espagnole, armstrong une US, toujours schleck, et Vinokourov chez astana, chacun aura le meilleur produit possible et ils offriront un magnifique spectacle, qui ravira la france entière, moi le premier, totalement cautionné par l’ensemble des autorités

à lire, un très bon article du monde aujourd’hui:
http://www.lemonde.fr/sports/article/2009/07/22/quel-avenir-pour-le-tour-dans-la-strategie-d-aso_1221389_3242.html

jeanboiteux le 22 juillet 2009 à 02:07

Je dois dire que ce billet m’a parut au début intéressant, mais quand j’ai regardé de près cette histoire de watts, je suis arrivé à la conclusion que cela ne veut rien dire tel que ça été présenté. Je suis comme Martin, et j’ai fait aussi des calculs. Tout dépend du calculateur qu’on utilise, mais je suis persuadé que le type du forum qui a calculé 491 W de moyenne sur toute la montée de Verbier s’est planté. Il ne fallait pas utiliser ce résultat et en faire une tartine pendant la moitié du billet. Il faut utiliser les calculs de puissance à bon escient et surtout ne pas comparer des chiffres sortis d’ici et de là sans savoir à quoi ça correspond et sans savoir si la méthode de calcul est la même.

Une petite illustration du non sens de comparer les puissances c’est que celui qui a développé la plus grande puissance moyenne sur la montée de Verbier n’est pas le plus fort ni celui qui a gagné.

En utilisant mon calculateur, j’ai comparé les puissances moyennes de Contador et de Schleck sur la montée de Verbier. Dans le calculateur, tous les paramètres concernant la distance, la pente, type de chaussée, météo, etc. sont les mêmes pour les deux coureurs et les paramètres qui changent sont le temps (Schleck est arrivé 43 secondes derrière Contador), la taille et le poids des hommes. J’ai pris 1m76 pour 61 kg pour Contador et 1m86 pour 67 kg pour Schleck et un vélo identique. Eh ben, Contador développe 427 W en moyenne et Schleck 444 W en moyenne. Le poids du coureur étant le paramètre qui a le plus d’effet sur le calcul. J’ai même vu des fiches techniques de Contador où le poids était différent !

Je crois que ce que les journalistes racontent sur le tour de France n’est effectivement pas intéressant, mais il ne faut pas leur en vouloir s’ils ne parlent pas des watts de Contador.

Pepito le 22 juillet 2009 à 03:07

Pepito : au contraire, cela ne fait que renforcer pour militer pour un journalisme plus fondé sur les données.

Les chiffres que j’ai sortis ont été faits par des téléspectateurs devant leur écran, avec leur chrono à la main?. Evidemment imparfaits. Si un journal, avec ses moyens, le faisait sérieusement, il pourrait effectivement développer des calculs sérieux, solides, fiables, et battre les autres dans cette course à une bonne information…

L’info faite par les amateurs, c’ets sympa. Par les experts, c’est chouette, et animée par des journalistes sérieux, c’est encore mieux. Mais on s’en passe, effectivement.

NV le 22 juillet 2009 à 03:07

La tribune d’Antoine Vayer, publiée hier dans Libé, est en ligne depuis ce matin :
http://www.liberation.fr/sports/0101580924-des-robots-distances-par-des-extraterrestres

Extrait :
« Côté physio, on est gâté. Pour Contador : avec un effort de vingt minutes à 90 % de VO2max, son poids de 62 kilos, sa puissance maximale aérobie serait de 493 watts, ce qui donne une consommation d’oxygène de 6,17 litres/minutes : 99,5 ml/min/kg ! Et le pied de la montée de Verbier a été torché après un «échauffement» de 200 kilomètres à 27 km/h. Des «repères» égaux à ceux de l’Anglais Bradley Wiggins, champion olympique de poursuite… sur un anneau plat et pendant quatre kilomètres seulement. Renversant. »

(J’ai essayé de poster ce commentaire ce matin mais ça n’a visiblement pas fonctionné.)

Christophe D. le 22 juillet 2009 à 03:07

En tout cas, merci pour votre analyse et votre position.
La seule explication au blackout, c’est ASO l’organisateur et les enjeux financiers qui sont derrière. Voir ces journalistes jouer la pucelle effarouchée lors de l’annonce de chaque cas de dopage est le comble de l’hypocrisie. Tous ces types et leurs conseillers (même Fignon qui a reconnu s’être dopé ne dit rien sur le sujet car il palpe son cachet de consultant) vivent de ce business et ne vont pas cracher dans la soupe. Moi, je zape, c’est comme Zidane avec ses passages dans les cliniques en Suisse pour se faire transfuser. Je m’organise pour ne pas laisser un centime à ces gars-là, même indirectement.

JG le 22 juillet 2009 à 08:07

“Aucun article, hier, dans la presse, sur ce nouvel équilibre.”

Figurez vous que Antoine Vayer y allait de sa (fort bonne) chronique dans le Libération du 21/07, parallèlement au papier de Le Touzet. L’article, à la conclusion hilarante, est lisible ici :
http://www.liberation.fr/sports/0101580924-des-robots-distances-par-des-extraterrestres

AlexHervaud le 23 juillet 2009 à 12:07

Tiens, tu es pointé par lefigaro.fr dans sa rubrique La revue de net

toto le 23 juillet 2009 à 11:07

je soutiens la démarche d’analyse des perfs. Les journalistes ne nous donnent aucune information scientifique (qu’ils s’agissent des vélos ou des coureurs!). Comment un coureur de 60 kg peut il être le meilleur rouleur? Il me semble qu’avant le dopage généralisé il y avait une comptétition entre rouleur et grimpeur?

astaNO le 25 juillet 2009 à 09:07

Tout ca par un ashmatique, c’est beau la science…

JF le 6 août 2009 à 08:08

Eléments utiles : étapes ciblés; en plaine, Contador se repose; Tour = 1000 km de - qu’avant, donc plus rapdie. Bon suivis médical et sportif. En montée,VOIR LE POIDS, à poids = avantage au + grand. Alors, ils sont peut-êtres dopés, et c’est idiot, car, de toute façon, le 1er ferait le tour à grande vitesse…

Philippe L'Eleu de La Simone le 15 août 2009 à 10:08

Ajouter un commentaire




Blog réalisé par calii.fr & Spintank