Le magazine est sorti depuis quelques semaines. Passé le moment du lancement, on peut enfin comprendre la ligne éditoriale du dernier titre du groupe Marie-Claire.
La ligne est simple, les couvertures récentes nous la rappellent aisément.
La ligne Envy, au-delà de son sujet (plus anglé people), c’est la femme victime.
Toutes les unes nous montrent une histoire identique. Une people, en lutte avec son mari, qui a eu le malheur de la piéger, de la prendre sous son emprise, de la virer. La femme Envy ne se définit que par son rapport de victime à un homme salaud. Victime entière, ou victime en lutte, elle a besoin de l’homme pour se définir, pour exister.
C’est du postféminisme. Badinter est hors jeu. On en revient à une valorisation de la femme qui se fait mettre, et qui existe grâce à ça. Finie, l’autonomie, le rêve de la femme égale. Bienvenue dans un monde où la femme doit être belle, se faire avoir par un salaud de mec, et, si elle n’est pas blonde, se battre.
Atroce.
Ca m’épargne tout commentaire sur la maquette et la ligne éditoriale, et c’est tant mieux.
8 Commentaires
Ouais, ben elles feraient mieux de lire les fiches cuisine de Femme Actuelle, la popote elle se fera pas toute seule !
Ça… C’est toujours une profonde source d’étonnement (en tout cas pour un mâle peut-être un peu macho mais pas sexiste) de constater que les publications les plus sexistes (et de loin) sont les magazines féminins. Même le haut du panier (style Marie-Claire) n’évite pas la présentation d’un être futile obsédé par la mode, le replâtrage quotidien, les courses, l’horoscope. Décourageant. Et quand on aborde Closer et autres saloperies…
Les femelles sont décidément une espèce incohérente.
Ceci dit la femme Envy se définit surtout, comme le titre l’indique, par rapport aux autres femmes, plus que par rapport aux hommes. Regardez les photos : elles enlaidissent les femmes représentées. Le message implicite c’est : tu as une vie de merde, mais console-toi, les stars que tu admires ont aussi leur soucis et ne sont pas tellement heureuses, belles… C’est finalement sur la médiocrité et la mesquinerie (entre femmes) que joue la revue, sur une pauvre consolation.
Et ce sont les hommes, donc, qui jouent le rôle d’arbitre, leur foncière immaturité et leur cruauté permettant aux femmes de sortir de leur étouffant huis-clos, tout en les valorisant.
Elle est très bien cette revue, en fait.
t’aurais pu me citer, connard (cette brillante analyse était de moi)
Si ça rapporte, tant mieux : ça satisfera la cupidité des propriétaires, et m’épargnera peut-être de la subir quelque temps.
Christie : quoi, ça vient de toi ? Dis tout de suite que je te martyrise !
solnce : oui, en fait, c’est pas si mal.
Kraime : cupidité du groupe ? Où vas-tu chercher tout ça ?
Ben, s’il s’en trouve pour publier ça, c’est qu’ils pensent que ça leur rapportera : je leur adresse tous mes voeux de réussite, bonheur, et prospérité.
Anecdote qui illustre les contradictions de la presse féminine. Le mois dernier NKM assistait à un débat sur le féminisme organisait par elle et louait les qualités de ce magazines pour le féminisme. Seulement je lui ai fais remarquer que la semaine précédente Elle avait sorti un numéro spécial sur l’épilation du pubis, avec photo et conseils… c’est paradoxal ?

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