Comment raconter Venise à qui n’y est pas allé ?
A chaque fois que je dis que je vais, ou suis allé, à Venise, à quelqu’un, j’ai invariablement deux réponses. Celui qui me dit “tu as de la chance”. Celui qui me dit “ah bon ?”. Le premier y est allé, en général. Le second n’envisage pas vraiment d’y faire une halte. Il ne connait pas, et a vaguement l’impression d’une sorte de gros Disneyland rempli de touristes, où l’on voit des affreux personnages avec des masques de carnaval ridicules.
Raconter Venise, c’est tellement difficile. Tant d’auteurs l’ont fait. Montrer avec des photos semble ne pas suffire. Et pourtant.
Venise et son eau. Ses lumières. Ses rues. Ses ponts. Ses voix, au détour d’une ruelle. Ses dénominations de tout, son vénitien, petit flute. Ses enotecas, ses vins d’alentour. Ses rues si vivantes le soir, à l’heure de l’apéro. Sa vie de vraie ville, malgré les touristes. Ses peintures incroyables, nichées dans chaque église. Son architecture, son histoire de quatre siècles d’architecture, si spécifiquement exprimée dans un lieu unique. Son luxe, ses palaces, sa vie culturelle du passé. Ses campi, où l’on se retrouve, où les enfants jouent au foot devant des étudiants qui boivent un verre. Ses marchés, connus ou cachés. Son linge qui sèche de fenêtre à fenêtre. Son attrait, aujourd’hui, encore, pour tout artiste. Son université, où l’on se forgerait des carrières d’historien ou sociologue rien que pour donner cours ici…
Rien ne peut dire la dégustation d’une glace sur les Zaterre. Le fait de boire un verre de vin à côté d’une galeriste, d’une vendeuse de brimborions et d’un moustachu qui se retrouvent le soir. Rien ne dit la fatigue des jambes et la joie des yeux. Est-ce que quelque chose égale l’arrivée le soir à l’embouchure du grand canal ?
Même après quelques semaines cumulées passées là-bas, tout est toujours découverte. Oh !
Y revenir.
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Je te laisse imaginer. Je ne suis pas sûr de te laisser de photos.
11 Commentaires
On raconte qu’un jour que l’on parlait de Venise à une table où était Casanova, vénitien fameux, on lui demanda : “Est-il vrai que vous venez de là-bas ?”
Ce à quoi il répondit : “Madame, Venise n’est pas là-bas. Elle est là-haut”.
Le silence n’a pas le même son à Venise qu’ailleurs non plus. Pour moi, une année sans Venise est une année incomplète. Merci pour ce beau billet.
Tu as de la chance… C’est Robert Benchley, je crois, qui à son arrivée à Venise avait envoyé un télégramme à son éditeur : “Rues inondées. Envoyez instructions.”
Et ces paquebots circulant entre deux cathédrales !
Au fait, Pinault, il l’a ouvert son musée à la pointe de l’ancienne douane ?
Ca me donnera l’occasion d’y retourner une énième fois.
Venise étant l’une des quatre villes “splendide”. Avec Paris, New-York et Jérusalem.
Même si j’ai un faible aussi pour Helsinki (même en hiver) et l’Hermitage, pas très loin de là…
Eolas : fameux ! Mais quand même inexact, Venise est très à fleur d’eau…
Emlanuel : peu de silence à Venise. La nuit, on entend des rires dans une rue, ou des voix. Ou le ressac.
Damien : fameux mot ! Sait-on la réponse de l’éditeur ?
L’ignoble : oui, ouvert. Très bien fait, emplacement de rêve. Il y a 5 siècles, quand on était riche, on offrait une église. Aujourd’hui, on expose ses collections dans un vieux batiment rénové.
Ouais je ne peux pas m’empêcher de trouver que Venise est devenue une usine à Touristes. Il faut il y aller en hiver. Si vous cherchez une très jolie ville sur canaux, il faut aller à Bruges, c’est tout aussi romantique et surtout moins clichet ; “voir venise et mourir”. Comme les autres je fais dans la pathos.
Venise, Bruges, Mont-Saint-Michel, Laon, Argenteuil … cette fois-ci j’étais à Argenteuil, le souci c’est que je commence à bien connaître. J’aurais mieux fait de changer d’endroit magique.
Je suis tombé sur un film totalement par hasard sur de la VOD en lisant le pitch du film j’ai tout de suite pensé à toi Nicolas ; le film s’intitule de particulier à particulier
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=50414.html
Je ne sais pas du tout ce que vaut le film ???
Merci pour cette précision !
L’année dernière j’ai tellement été déçu qu’il ne soit pas ouvert.
Mais j’ai “compensé” par ailleurs : il y a tellement de choses à découvrir dans cette ville !
Avec ce frémissement indicible de l’âme quand on passe autour de la tombe de “Saint Marc”…
Vrai ou faux, ça me fait toujours “tout drôle” de penser que LUI L’a vu et vécu avec.
Quelle chance pour un mortel !!!
J’avais aimé ce film là a propos de Venise http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=26287.html
a voir en VO bien sur

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