Voici d’intéressantes questions.

At the Aspen Ideas Festival this week, Andrew Sullivan said, “Journalism has become too much about journalists.”

True. It’s not just that newspapers are covering their own demise as thoroughly as Michael Jackson’s. This is about the mythology that news needs newspapers – that without them, it’s not news.

In an offhand reference about the economics of news, Dave Winerwrote, “When you think of news as a business, except in very unusual circumstances, the sources never got paid. So the news was always free, it was the reporting of it that cost…. The new world pays the source, indirectly, and obviates the middleman.” This raises two questions: both whether news needs newsmen and whether journalists and news organizations deserve to be paid.

C’est pas une bonne question ?

Et ça :

I was trained to accept that myth: that journalists decide what’s important, that it’s a skill with which they are imbued: news judgment. I worked hard to gain and exercise that judgment. The myth further holds that no judgment of importance is more important than The Times’; that’s why, every night, it sends out to the rest of newspaperdom its choices. News isn’t news until it’s reported and it’s not important until The Times says so.

Sans parler de ce genre de choses

The journalistic narcissism that extrudes from the press extends to so much of the journalist’s relationship with her public. Jay Rosen just tweeted his headline for Plain Dealer Connie Schultz’ return of spitball (below): “A blogger was mean to me so that means I’m right.” John McQuaid tweeted that he feared I was “only abetting Connie Schultz’s effort to turn a real debate into a bloggers vs. MSM culture war.” He’s right. Schultz didn’t address the substantive objections to her hare-brained and dangerous scheme; she made it about her.

Oh, I know, this is all a big set-up for your punchline: A blogger is talking about narcissism? Heh. Isn’t blogging the ultimate narcissism? But who called it that, who made that judgment? Journalists, as far as I’ve seen. When they talk, it’s important. When we talk, it’s narcissism. What we say can’t be important – can it? – because we’re not paid and printed. But I don’t want to replay the blog culture war, which I keep hoping is over. I want to question assumptions, to find the cause and effect of myths.

Bref, allez lire ce qu’un JTB (journalist turned blogger) dit.

Et oui, c’est Jeff Jarvis.

Il ouvre sans doute une des discussions (lire les commentaires et les suites sur différents blogs, également) les plus passionnantes de ces derniers mois. Et honnêtement, c’est plus riche qu’un fauix débat sur de soi-disant forçats du web, ou sur le fait que le web serait le tout à l’égout de l’info.

Le débat sur le journalisme et l’information à notre ère de confusion vire un peu trop souvent au recroquevillement de journalistes sur leur rôle mythifié, cela va sans dire. Je sais gré à ceux qui savent sortir de ces postures pour entrer dans leur siècle, et penser ces pratiques…


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8 Commentaires

Des tas de professions se croient elles aussi indispensables et instrumentalisent leur activité à leur profit : les politiciens et les institutions, les économistes et la politique, les juges et les lois (ha, la procédure judiciaire fondatrice de la protection des pauvres…), les créateurs de sites internet, les enseignants (les apôtres de la sociologie, les agrégés de barre fixe, les templiers du subjonctif).

Tout ceci me semble relever du protectionnisme culturel, antépénultième rempart (avec le developpement durable et la santé) contre la mondialisation. Se confondant avec les anciens corporatismes institutionnels, c’est aussi en pratique le seul significativement représenté au sein des relais des gouvernements nationaux, et donc, le seul parvenant à s’opposer avec succès à l’intégration des marchés : il suffit de repenser aux levées de bouclier quand Dati a proposé d’européaniser le droit des divorces pour s’en convaincre.

Les journalistes, professionnels du langage, sont au premier rang de cette lutte : s’ils méritent effectivement d’être payé, c’est que nul autre ne participeraient bénévolement à la défense des rentes de situation durement acquise dans chaque culture par les politiciens, les juristes, les banquiers, bref, toutes les corporations et corps de métier ayant réussi à vivre avantageusement au profit de l’économie réelle de leur pays.

Gus le 8 juillet 2009 à 06:07

Le véritable talent de journaliste, c’est de réussir à saturer les médias d’informations inutiles.

Prenons par exemple le journal de 20 heures de France 2 d’hier soir : entièrement consacré à l’enterrement de Michael Jackson : pas un mot sur le chomage, le pouvoir d’achat, l’importante réforme du statut des fonctionnaires, hadopi, etc. .

Je plains sincèrement ceux qui doivent créer de la valeur ajoutée par heures et journées entières de radio, de télévision et de presse tous les jours en évitant de dire quoi que ce soit d’informatif. En considérant qu’il s’agit d’y consacrer moins d’argent qu’à diffuser de la poésie ou des oeuvres de fiction assumée.

Fougassien le 8 juillet 2009 à 09:07

Si “Journalism has become too much about journalists”, c’est surtout parce que les journalistes appliquent sans le savoir la propre règle cardinale de Jeff Jarvis : “Cover what you do best and link to the rest”. Pure et salutaire application du principe de subsidiarité !

c0wb0yz le 8 juillet 2009 à 02:07

Il est assez courant dans les professions en crise de constater deux réactions contradictoires : une partie se replie et tente une fortification corporatiste (le plus souvent, ça ne marche pas). C’est ce qu’on voit avec les demandes de statut web des sites de presse, de nouvelle charte déontologique, de labelisation des sites, d’attaques contre Google, de volonté de retour à des applications fermées et aux abonnements en ligne, etc. Une autre partie part à l’aventure, innove, expérimente et tente de trouver de nouvelles solutions qui s’adaptent à la nouvelle donne en préservant l’essentiel. Le plus souvent, ce sont ceux-là qui gagnent à la fin… ;-)

narvic le 9 juillet 2009 à 10:07

Bcp de journalistes n’ont pas leur mot à dire, ce sont les patrons de presse qui décident. Pour partir à l’aventure, il faut svt quitter son journal…pas tjrs facile (sf si on est poussé dehors). Cela dit, comment expliquer qu’autant de jeunes veuillent faire ce métier en voie de perdition? Le syndrome tintin?

martine s le 9 juillet 2009 à 11:07

le plus impressionnant dans ce joli papier, c’est de voir la violence en débat outre atlantique. La presse y est moins subventionnée qu’ici, doit se battre dans un contexte économique sauvage et les ravages se font durement sentir. Fermeture de journaux, plans de licenciement, toute la profession sent le vent du boulet quand ce dernier ne lui cogne pas directement dedans.

Intéressant donc de voir que loin des chouinages égocentriques et des conversations poliment désabusées qu’on entend et tient de ce coté de l’atlantique, le débat est plus rude, moins consensuel, plus novateur. ici, on en est encore à se poser la question - dans les rédactions ! - de savoir comment l’écosystème de l’info évolue. Là bas, ils essaient de s’adapter !

Alors oui, les journalistes nous gonflent. mais ne devrait-ton pas traverser un peu l’océan pour aller prendre l’air aux USA ? C’est une question que je me pose ….

Manuel Atréide le 9 juillet 2009 à 01:07

je sens que JMA va adorer apporter sa contribution au débat. :-)

idnca le 9 juillet 2009 à 10:07

En passant, si un spectateur du tour de France pouvait péter la gueule à Gérard Holtz, pour qu’il cesse d’exercer son métier, ca serait sympa.

politoblog le 11 juillet 2009 à 08:07

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