La vidéo de Jean-Louis Borloo, où le retour du Canard dans le scoop à la mode.
On a donc eu l’épisode #Hortefail. Bien. On a dit que c’était une vidéo qui tournait “sur internet”. Bon, n’y revenons pas. Il s’est excusé, a regretté ses propos, a regretté une polémique née après ses explications vaseuses. L’affaire est close, parait-il.
Voilà donc l’épisode suivant : après la vidéo qui sort du net sans jamais y être vraiment entrée, voici la vidéo qui n’a jamais été montrée, et réussit à faire son trou dans l’agenda médiatique. Fort ! Très fort ! je vois d’ici les éditos demain, et les déclarations sur le fait que c’est la “culture d’internet”, et “l’effet du web” qui tend à nous tourner tous vers “l’info-poubelle”, etc…
Au-delà de ces remarques, je confirme ma thèse. Ces vidéos, dévoilée sou non, souvent issues de bon vieux media, de chaines d’info, publiées par des journalistes, ont une fonction vitale pour l’opinion : confirmer un présupposé de l’opinion à l’égard des personnalités, ou des rapports politiques-media.
Dans la vidéo de Borloo qui circule sans être vue, on a le cocktail intégral :
- la confirmation du penchant pour la bouteille du ministre ;
- l’autocensure de la télévision d’Etat.
Un rêve.
Et aussi, au passage, l’occasion pour Le canard de rappeler que le scoop, les révélations, les petites phrases et les coulisses, c’est son domaine. Faut dire que le palmipède devait l’avoir mauvaise, de ne pas sortir lui-même les épisodes de Sarko sur le plateau de France 3, ou de Rachida chez Roselyne Febvre (j’étais sur son plateau lundi, c’était cocasse), de la salope de Patrick Devedjian, etc.
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Il y en a une, en tout cas, qui a bien fait. Ségolène Royal, avec sa vidéo d’explication (calamiteuse dans sa construction et son discours, sa longueur), qui, pour le coup, n’a pas été postée sur un site de partage. Gagné ! Ce n’est pas son texte qui se balade en ligne, mais bien des parodies. Nettement plus drôles, d’ailleurs.
On n’a pas fini, avec ces vidéos. Quand je pensais, à une époque, que le patient travail d’analyse et d’explication que de nombreuses personnes ont mené sur les plateformes d’échange servirait à éclairer un peu les commentateurs…
3 Commentaires
[...] http://www.meilcour.fr/general/plus-fort-que-la-vido-qui-buzze-sur-le-net-celle-qui-ny-apparait-mme... a few seconds ago from web [...]
Darklg Web (darklgweb) 's status on Wednesday, 16-Sep-09 22:05:10 UTC - Identi.ca added these pithy words on sept 17 09 at 0 h 05 minJ’ai été assez estomaqué d’apprendre que Michelle Cota ait décidé qu’il faille, plus que ne pas diffuser la bande, mais la détruire.
Les journalistes français qui moquent le sytsème de censure de la presse en Italie n’ont qu’à la fermer, ils sont pire puisqu’ils se censurent sans même que le pouvoir ait à intervenir.
Après il y a une dimension que tu ne prends pas en compte. Borloo est avec la journaliste Schoenberg. Dans quelle mesure Michèle Cotta a pris en compte sa probable amitié avec cette journaliste et dans quelle mesure elle a pris en compte, son indépendance de jouranliste et directrice de l’info vis à vis du pouvoir. Est-ce que personellement tu serais prêt à embarasser le mari d’une de tes collègue de travail voir peut être une amie, au motif de faire ton travail de traitement de l’information.
J’avais relevé il y a longtemps un truc pareil un peu limite à propos d’Yves Thréard (patron du Figaro).
http://politoblog.com/2008/06/21/independance-journalistique-et-lien-de-subordination-sont-ils-compatibles/
Voilà ce qu’il faut dire aux politiques : qu’ils se sont bien trop habitués à la complaisance des journalistes à leur égard, et qu’ils finiront tous par se faire piéger.
Après tout, les centaines de journalistes accrédités à l’assemblée sont formels : on y a -jamais- vu trainer un seul lobbyiste. Comme vous le confirmeront les centaines d’assistants parlementaires tout aussi présents, et parfois lobbyistes eux-mêmes.
Tout ceci n’a rien à voir avec le Web : il a à voir avec le comportement de la presse française, qui n’a depuis toujours jamais rien eu à envier à la presse stalinienne du point de vue des coupables complaisances et de la consanguinité.

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