J’ai lu La Mauvaise vie, de Frédéric Mitterrand. Je m’en souviens, c’était un été, en Corse. Ce livre est beau, troublant. Il révèle un homme, et, au-delà, un écrivain. J’ai été touché par l’universalité de ce récit de sa part d’ombre, de son mensonge, de sa vérité, m’y suis reconnu souvent, dans ces compromissions, ce poignant exercice permanent de discours avec sa morale. Et il y a du style, du panache, à oser ce récit.

Aujourd’hui, ce récit le rattrape, de la manière la plus odieuse qui soit. Se voir alpagué par la pseudo passionaria d’un parti d’extrème droite, qui trouve à peu de frais, sur la base de petits bouts de textes glanés sur le web, le moyen de se créer un terrain politique est quelque chose qu’on ne peut souhaiter à personne. Surtout que les sous-entendus sont ignobles, et contradictoires avec l’histoire que nous conte l’homme.

Je suis triste pour Frédéric Mitterrand. Voilà mon premier sentiment.

Je ne partage pour autant pas ses combats. Et je ne peux m’empêcher de me dire qu’il n’est pas où il est. Voilà un homme qui aura passé une grosse partie de sa vie en chroniqueur mondain, raconteur de stars et de destins, midinette, admirateur. Et dont le monde a découvert, à l’occasion de ce qui justement fait son malheur aujourd’hui, qu’il était plus que ça. Un homme complexe, et un écrivain.

Paradoxalement, c’est ce récit, cette écriture, et l’aveu de cette vie complexe qui l’a sans doute mené aux fonctions qu’il occupe. Et c’est ce récit qui lui revient à la gueule.

Je ne comprends pas ce chemin. Voilà qu’il était devenu un écrivain. Qu’il avait la chance de pouvoir faire partager avec d’autres, chaque samedi, sur France Culture, de longues rencontres avec des hommes et femmes admirables des moments riches d’émotions, de regards certes complaisants, mais toujours justes. Il était un homme de culture, un commentateur qui avait une ampleur. J’ai presque pleuré, à ces rencontres ou ces histoires. Cela avait-il moins de valeur que le statut ?

Et il s’est fait rattraper par son chemin de midinette. Ecrivain, c’est douloureux. Raconter la vie des autres, frustrant. Diriger la villa Médicis, ou prendre le fauteuil de Malraux, c’est entrer dans la vie de ceux qu’on raconte, semble-t-il. C’est passer d’une mauvaise vie, d’une absence de destin à un autre ? C’est cesser de se raconter ou raconter les autres pour agir, être dans le monde, être celui qu’on raconte ?

Ce passage est son malheur. Que n’est-il resté écrivain, homme admirable par son être, et non par ce statut qu’on lui a proposé ? Que n’est-il resté spectateur du monde ? Cette quête, en fait, est peut-être sa mauvaise vie, sa tentation affreuse. Se placer comme il le fait, parfois, comme un pion, ne comprenant pas, les enjeux bassement économiques d’une filière qui lui réclame des subsides et des règles absurdes, se placer dans le jeu politique, simple pion, absurde pion, quand on a déjà tant livré de soi, est-ce soluble ?

La Mauvaise vie a fait de lui un écrivain. Son erreur, finalement, aura été de vouloir en sortir. De chercher, sans doute, un destin dont il n’était pas satisfait. Et de le faire en compagnie de ces pleutres qui n’ont même pas un mot pour l’aider, le soutenir, le reconnaitre, quand les attaques, les jeux de mots, les allusions douteuses sur les “garçons” se multiplient, au mépris de son histoire, de sa vérité. Voilà sa mauvaise vie, l’actuelle. Voilà sa damnation : celle de la tentation d’être quand on sait si bien raconter, observer, se dire. Ces vies sont-elles simplement compatibles ?


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44 Commentaires

[...] « retour du bâton ». Bien sûr, Frédéric Mitterrand lorsqu’il a écrit ce livre en 2005 ignorait qu’il serait nommé Ministre de la Culture mais il doit désormais assumer ses écrits. Pour l’instant, il s’est contenté de [...]

Les leçons de l’affaire Mitterrand | Reversus added these pithy words on oct 08 09 at 13 h 18 min

Mais il n’avait qu’à pas soutenir Polanski !!

Je ne sais pas si La mauvaise vie est un roman ou son autobiographie. Mitterrand est sans doute un écrivain talentueux, il n’empêche qu’en ayant pris la défense de Roman Polanski, en compagnie d’un aréopage d’artistes tous aussi talentueux les uns que les autres, et ceci, en même temps qu’il défend leurs intérêts (surtout ceux de leurs ayant-droits) à travers la Loi HADOPI, et contre les internautes, il a renforcé auprès de l’opinion publique l’image qu’on avait de lui, et du “microcosme” parisien, mondain, éloigné du peuple. Entre gens du même monde on se soutient, on se défend… Et pan, ça lui revient dans la g***.

Faut dire qu’il n’a pas été très futé. Oser défendre Polanski après avoir écrit ce qu’il a écrit (et son roman est récent, personne ne l’a oublié), il aurait du s’attendre à ce qu’on lui ressorte ; d’autant qu’avec Internet l’info se diffuse très vite et très efficacement. D’ailleurs ce sont les internautes qui ont multidiffusé les images de l’émission avec Marine Lepen. Les journalistes ont fini par en parler qu’après que l’info ait fait le buzz.

Donc on peut trouver injuste les attaques contre Mitterrand, moi je pense que c’est surtout révélateur de l’état d’esprit de nos “élites”, de la collusion qui existe entre les journalistes et les politiques. Il savait d’avance qu’aucun journaliste n’aurait l’outrecuidance de lui rappeler ses écrits, mais c’était sans compter Internet. On avait pourtant un précédent avec Cohn-Bendit… Et oui, nos politiciens légifèrent sur Internet sans même avoir une idée de la force de frappe de ce média… Pan dans la g***. Et va t-il démissionner ? Certainement pas. Et même si on le pousse vers la porte de sortie, nul doute qu’une place toute chaude doit l’attendre ailleurs (parce qu’on n’imagine pas un seul instant qu’il ira pointer aux Assedic comme un citoyen lambda).

Désolée si j’ai du mal à m’apitoyer sur son sort, mais ce n’est pas parce qu’on a du talent qu’on a le droit d’être irresponsable, et il été irresponsable de s’exprime sur l’affaire Polanski eu égard à sa fonction de ministre et à ce qu’il a pu écrire par le passé.

Houda : c’est évidemment la réaction rapide à Polanski qui lui remonte à la figure. Mais je trouve trop facile l’assimilation de “nos élites”, dans la foulée de Marine Le Pen. Pareil pour Cohn-Bendit. Mitterrand n’a rien à faire à son poste. Et tout ça n’a rien à voir avec internet : le lynchage appartient aux media. Merci également d’utiliser un email valide dans vos commentaires.

Houda le 8 octobre 2009 à 01:10

Je précise que je n’ai pas lu le livre de Mitterrand, je donne juste mon impression sur ce que m’inspire la polémique.

Houda le 8 octobre 2009 à 01:10

Je suis affligé par cette apologie toute baignée de bons sentiments. Toujours la même rengaine: quelhomme complexe et talentueux etc. : mettons-nous bien d’accord, personne n’est pour contester le talent de l’auteur. Mais d’où vous vient-il ce réflexe de transformer le talent en alibi bordel? Ton article m’evoque ce que Gainsbourg disait du snobisme : une bulle de Champagne qui hésite entre le rot et le pet.

Fred: ce n’est pas une apologie, ce n’est pas baigné de bons sentiments. Ce n’est pas un alibi. Il suffit de savoir lire pour le comprendre. Et merci d’utiliser un email valide quand on critique.

Fred le 8 octobre 2009 à 03:10

Il ne faut quand même pas trop s’inquiéter pour lui : il a des relations, de l’éducation, il s’en remettra.

Pas comme les prostitués d’occasion auxquels ceux-là font affaire.

Gus le 8 octobre 2009 à 06:10

Et bien oui, l’évocation du tourisme sexuel donne envie de vomir, quelles que soient les qualités intellectuelles supposées de celui qui s’y laisse aller.

Gilles Klein le 8 octobre 2009 à 08:10

Je partage, pour partie, ce bel article sur un homme, qui effectivement, a ouvert, une brèche en offrant un moment de sincèrité et d’humanité, et qui se voit, maitenant, affaibli, attaqué, humilié!
En revanche, je ne partage pas votre point de vue sur son muavais choix et sa mauvaise ambition! Bien au contraire, il est appréciable d’avoir des politiques qui assument leur humanité (lumière vs ténèbres) et s’éloigent ainsi des robots médiatiques et sans opinion! Oui, Frédéric Mitterrand pose sur la table les faiblesses d’être un Homme, les démons qui l’habitent….mais ça fait du bien! Car, entre les mannequins retouchés et donc parfaites, les hommes politiques stars et sans faille….on se trouve bien seul sur son chemin!
Et pour finir, je dirai, “à qui profite le crime?” On assiste aujourd’hui au procès du Flower Power et on prend des cibles pour plus rapidement règler le problème. Après Polanski, Mitterrand….
Et les hyènes politiques sont là pour profiter du festin. Où est la bassesse!
La question reste posée!

Lee Hesse le 8 octobre 2009 à 09:10

En fait, Frédéric Mitterrand est une victime de sa condition : et c’est “Manu” qui l’explique :

http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2009/09/30/lettre-ouverte-a-monsieur-kouchner-et-monsieur-mitterrrand_1247376_3232.html

“…D’où, Messieurs les ministres, la nécessité de répondre de ses actes devant la justice, devant la victime et de les revoir, les mâcher, les ruminer, jour après jour, nuit après nuit. Tout cela bien sûr dans la douleur, les larmes, la contrainte, l’humiliation, la honte et la solitude de la prison. Travail qu’on ne peut nullement réaliser dans le strass et les paillettes. Travail que vous, Messieurs les ministres et tous ceux qui protègent Polanski depuis si longtemps, l’avez empêché de réaliser….”

Balle Tazar le 8 octobre 2009 à 09:10

D’accord avec la tristesse, et même la compassion, face à l’ambuscade dont Mitterrand a été victime.

Mais qui sont les responsables?

1- Mitterrand lui même qui, quelques soients ses talents (et j’ai de l’admiration pour lui a titre personnel) a, néanmoins, accompli des actes qui sont assez peu râgoutants.

2- Le milieu politique et médiatique parisien qui, en faisant l’omerta sur ce sujet, l’a laissé au FN. C’est surtout ça. Marine Le Pen a fait là une très basse besogne, un truc dégueulasse. Mais, en politique, cette arène de la mort, le vrai sujet n’est pas de se choquer qu’elle l’ait fait, mais de se choquer que personne ne l’ait fait plus tôt, surtout après l’affaire Polanski (c’est bien de ça dont il s’agit, après tout). Et la raison est que Mitterrand est issu de nos chattering classes (il en est même peut être l’incarnation) qui ont refermé les rangs autour de lui, croyant ainsi le protéger, mais l’exposant à la place à une attaque d’autant plus cruelle qu’elle venait d’un marais nauséabond.

PEG le 8 octobre 2009 à 09:10

PEG : que les media s’emparent quoi ? D’un écrit littéraire, où l’homme raconte l’horreur qu’il a de lui-même à succomber au vice ?

Ou bien de l’accusation de pédophilie, qui n’a pas lieu d’être ?

Le tourisme sexuel, c’est mal. Le recours à la prostitution, c’est mal. Mais, que je sache, Frédéric Mitterrand ne fait l’objet d’aucunes poursuites. Marine Len ou un éventuel sous-marin de défense de l’enfance en danger ne s’est pas constituée partie civile. Fallait-il un procès médiatique pour compenser l’absence de procès réel ?

Il ne faudrait quand même pas confondre le récit littéraire d’actes que la morale peut réprouver (et leur auteur aussi, d’ailleurs), mais légaux, et l’insinuation dégueulasse de pédophilie.

nicolas le 8 octobre 2009 à 09:10

Tout compte fait après avoir lu ce texte, sommes nous en droit de penser que cet individu est (pourquoi pas) un saint !!! Il ne sert à rien d’en rajouter, Miterrand l’a fait pour nous. Maintenant le soutenir, c’est un pas à ne pas franchir sans tomber dans l’équivoque. Si aujourd’hui les dérives et maux d’hier deviennent des vertus, Miterrand victime désignée pour certains, fait oublier ces jeunes garçons qui, malheureusement, continue un commerce sexuel pour subvenir à des besoins vitaux.

Patrick57 le 8 octobre 2009 à 10:10

Pour la première fois de ma vie je suis du côté de Marine Le Pen, et ça fait mal.
Je connais les désastres de l’ordre moral, mais le désordre moral dans lequel on patine ces jours ci selon moi est aussi assez flippant.
Sauf erreur FM reconnait au moins le tourisme sexuel, la pédophilie n’est que supposition, mais quand bien même.
Compléments d’enquêtes attendus de pied ferme.

jcfrog le 8 octobre 2009 à 10:10

je ne suis pas benoit hamon ni ne suis d’accord avec tout ce qu’il dit mais je suis assez d’accord avec son tweet :

Marre d’entendre que “c’est plus compliqué que ça” par et pour les gens les mieux servis. (benoit hamon)

marc le 8 octobre 2009 à 10:10

jcfrog : et tu n’as pas l’impression d’entrer dans son piège, à la Marine ? Tu n’as pas l’impressio nde t’offusquer beaucoup sans avoir forcément lu ? Tu ne te dis pas que tout ça est sorti il y a quatre ans, que c’est une oeuvre littéraire, pas une enquête de police ?

La pédophilie est clairement niée dans le livre. Lire “la pédophilie n’est que supposition, mais quand bien même”, c’est bien suivre son piège, à elle.

-
marc (merci d’utiliser un email valide, je ne le répéterai pas) : ah oui, les nantis contre les petits et sans-grades. Comme Mitterrand est un puissant, on peut lui taper dessus sans enquête, sans justice, sans problème. La pédophilie est évoquée, sans rien, sans preuve, sans histoire, sans justice, allons-y gaiement !


Patrick57 : méprise totale sur le sens de cet article.

nv le 8 octobre 2009 à 10:10

nv : je n’ai pas insinué qu’on pouvait lui taper dessus ni qu’il était dans l’illégalité
au meilleur des cas, FM a profité de garçons majeurs (j’ai des doutes mais passons) et c’est de l’exploitation sexuelle. profiter de la vulnérabilité financière des gens en vue de rapports sexuels est écoeurant et indigne d’un représentant de l’état qui se doit d’être irreprochable. vous pouvez tourner autour de la question autant que vous le voudrez, ça ne fera que confirmer mon commentaire précédent : quand c’est un écrivain, cinéaste, ministre de l’intérieur…bein c’est plus complexe vous savez…

PS:j’ai mis un mail valide, cette fois

marc le 8 octobre 2009 à 11:10

“La pédophilie est évoquée, sans rien, sans preuve, sans histoire, sans justice, allons-y gaiement !”

Tiens, ca me rappelle la justice expéditive à la Hadopi (censurée par le CC, d’ailleurs).

Quelqu’un va-t-il finir par révéler que ce buzz est né dans les milieux de la lutte anti hadopi et non au FN qui n’a fait que le récupérer ? Eolas, par exemple…
Quelqu’un va-t-il rappeler qu’avant de trouver la martingale des casinos, l’Etats avait en tête de censurer internet grace aux pédophiles et qu’il avait depuis des mois entamé une propagande anti pédophile qui est retombée sur Mitterrand ? Y a-t-il un journaliste pour faire un vrai boulot d’investigation là dessus ?

La position de la presse sur ce sujet est tout aussi éclairante que lors d’Hadopi, elle est coupée du monde (ses ventes l’indiquaient déjà clairement, mais c’est désormais un véritable divorce entre l’opinion et les média), est-ce ainsi qu’elle espère se sortir du trou dans laquelle elle est tombée ? C’est pas gagné.

Fabrice le 8 octobre 2009 à 12:10

Si mes souvenirs sont bons la polémique ne portait pas sur la pédophilie supposée de Mitterrand à la sortie du livre. On peut toujours lui reprocher de s’adonner au tourisme sexuel, je trouve courageux pour un homme public de révéler ce côté glauque de sa vie, d’autant qu’il semblerait que c’est à titre expiatoire qu’il a écrit son livre, et qu’il regrettait ses pulsions passées. Néanmoins on doit en assumer les conséquences quand on occupe une fonction politique. C’est vache de lui balancer son passé comme ça, mais ça fait partie du jeu cruel de la politique.

Ceci dit, faudrait relativiser. On fait tout un foin de l’affaire Polanski, alors que le livre de Péan sur Kouchner n’a pas suscité autant de débats ; or les révélations sur les amitiés du Ministre des aff. étr. avec des dictateurs africains et son petit business avec eux est autrement plus grave. Mais le French doctor est adoré des français donc on le garde. Et quid de l’affaire Hortefeux ? Ses propos racistes ont émus un temps les médias, mais a t-il démissionné ? Non. La beaufitude en politique est tolérée voire encouragée (cf Morano la chouchoute du Président) dans ce gouvernement car cela fait rapprocher le pouvoir des français. Mitterrand est le représentant de tout ce que l’extrême-droite exècre, il aurait donc du faire gaffe, c’est tout. Ca me fait d’ailleurs penser un peu à Rachida Dati qui a subi une campagne de dénigrement des médias. Mais c’était bien fait pour elle, elle n’avait qu’à pas jouer à sa top model.

Pour résumer, je crois que l’ère Sarkozy est celle du cynisme. On n’a jamais vu un gouvernement aussi décomplexé…. Et c’est une formule qui marche puisque les sondages sont globalement positifs pour la Droite. Et que les journalistes, plus qu’avant continuent à faire preuve de la plus grande complaisance envers le pouvoir.

@NV : Je crois que c’est surtout Internet qui a initié la polémique sur l’affaire Polanski-Mitterrand.

NB : mon e mail est tout à fait valide !!

Houda le 8 octobre 2009 à 01:10

Enfin une analyse dépourvue d’approximations, de passion et de lynchage. Tout un pays est en train de tomber dans le piège tendu par Marine Le Pen. Tout ça pour se payer Sarkozy… jusqu’où ce pays va-t-il aller?

woodi le 8 octobre 2009 à 03:10

pour répondre à ta question, non, je n’ai pas l’impression de tomber dans son piège vu que j’étais remonté avant qu’elle ne s’exprime.
je ne suis pas aussi véhément qu’elle car je ne hais personne, je ne suis pas du genre à jouir des condamnations, je suis pret à tout entendre, tout discuter, mais je dis juste qu’il faudra plus qu’un prétexte littéraire pour éclaircir cette affaire.

jcfrog le 8 octobre 2009 à 03:10

jcfrog : je ne comprends pas ce qui te chiffonne. Ce qu’il faut éclaircir.

Qu’il soit pédé ? Qu’il consomme de la prostitution à l’étranger ?

Qu’il ait commis des actes de pédophilie ? Qu’il fasse l’apologie de la pédophilie ?

Tu vois bien que, dans ces questions, certaines correspondent à des choses qu’il assume, sans les glorifier, qu’il a racontées dans un récit intéressant, parce ne mentant pas, et d’autres, qui sont des allégations, des mensonges sans doute, véhiculés sur son compte.

On s’explique devant la justice, dans une démocratie, quand le peuple souverain a des choses à vous reprocher. Ou bien, quand on brigue un mandat, on lui doit sincérité.

Voilà ce qui me chiffonne : on ne sait pas vraiment ce qu’on lui reproche, mais on le lynche.

nv le 8 octobre 2009 à 04:10

je me suis arrêté de lire après une centaine de pages, parcouru le reste.
et à l’époque à défaut de ce que redit son éditrice des critiques de citoyens et d’associations (lutte contre l’enfance maltraitée)étaient bien formulées… mais là aussi le délire du fantasme avait été un joyeux bouclier.

ce n’est pas d’aujourd’hui que respire cette affaire. et si vous ne le savez pas la justice pour ces quetions n’a pas de temps.
je considère que la prostitution infantile,et, donc l’apologie du fric est d’abord pénalement condamnable.
La moralité et l’exemplarité sont comme le souligne des engagements du président de la république des lignes claires à respecter, sans exception. non ?

ce n’est pas qu’une erreur de casting!

unouveaucompte le 8 octobre 2009 à 05:10

Le plus épouvantable c’est que le gouvernement vient de supprimer l’institution de « Défenseure des enfants », dirigée par Dominique Versini, et, qu’au même moment, le ministre de la Culture apporte son soutien à un individu qui a violé une gamine de 13 ans, fait l’apologie du tourisme sexuel, et que ce ministre a le soutien d’une bonne partie du gouvernement :

http://euroclippers.typepad.fr/alerte_ethique/

Pour le gouvernement, la position serait donc celle-ci : virons la Défenseure des droits des enfants (Dominique Versini) et soutenons le Défenseur des violeurs-pédophiles et du tourisme sexuel (Frédéric Mitterrand).

C’est vraiment n’importe quoi, et tout à fait horrible.

Capitaine Haddock

Capitaine Haddock le 8 octobre 2009 à 05:10

C’est sa vanité qui l’a perdu en acceptant ce poste de ministre de la culture…

LeReseda le 8 octobre 2009 à 09:10

Bravo Houda, je suis entièrement d’accord avec ton analyse. Un peu de retenue de la part de nos politiques et artistes serait bien venue. Un ministre - ou autre - n’a pas a émettre un jugement de culpabilité ou de non-culpabilité. La justice est là pour ça. Ca vaut aussi pour les “coupables” de Clearstream.

pesce le 9 octobre 2009 à 12:10

Et Simone et Claude?

Marie le 9 octobre 2009 à 08:10

Eh bien, FM a peut-être manqué de prudence dans son bouquin? Mais en fait il n’avait plus rien à cacher, tout le monde “savait”. Effectivement le terme de “garçon” est malheureux et prête à confusion.
Pour ce qui concerne le FN, je crains que question culture, ils n’arriveront jamais à le cheville de FM.
Je lui souhaite bon vent pour la suite!

Zénobie le 9 octobre 2009 à 08:10

Moi ce qui me choque c’est que François Fillon écrive un bouquin ; “La France peut supporter la vérité” ou que Jean François Coppé publie “j’arrête la langue de bois”. Que le premier prône le changement radical et qu’à la tête de l’Etat il fasse du conservatisme. Que le second ait promis le changement de langage et que depuis la présidence Sarkozy, il laisse trainer sa langue sur le postérieur du Président, malgré la tutelle faite au Parlement.

politoblog le 9 octobre 2009 à 10:10

Trouvé sur Rue89, signé par simon505. Sacrée mise en perspective !

« L’erreur, c’est de participer, et donc d’être solidaire, d’un gouvernement qui prône la tolérance zéro pour M.Toutlemonde, et réclame l’indulgence totale pour ses membres et leurs amis. M.Mitterand, directeur de la Villa Médicis n’était pas solidaire de la politique répressive de Nicolas Sarkozy, ministre, il le devient et montre son vrai visage : Soutient à la criminilisation du racolage passif, nettoyage au karcher des « banlieues-de-non-droit », castration chimique, bulldoser d’acceuil pour les immigrés, caméra de surveillance à tout va, flicage de l’internet, controle de la liberté de parole, etc. ; tandis qu’il réclame la compréhension maximale pour sa problèmatique dramatique qui le conduit à visiter ces mêmes immigrés pour bénéficiez des services sexuels pour lui-même . Tolérance maximale pour une élite, répression maximale pour les autres : Indéniablement il y a là une contradiction qui peut éclater à la face. Quand à ceux qui parle de chasse à l’homme sans doute font-ils référence à la chasse au clandestins ou travailleurs en arrêt maladie rechercher par ce même gouvernement . Il ne s’agit pas de l’homme, il s’agit du ministre . Un ministre peut démissioner et rentrer chez lui au chaud pour l’hiver ; Un immigré, un SDF,une pute sur les trottoir, un artiste squatteur qui fait la manche n’ont pas cette élégante solution. »
Et je rejoins ceux qui disent que le boomerang de FM ne lui serait pas revenu à la figure s’il n’avait été aussi indigne dans son soutien à Polanski : pas un mot pour sa victime, réduite à néant par cette formule dite en tant que ministre et non dans un « off » foutraque à la Hortefeux : « une vieille affaire qui n’a pas de sens » ! « Pas de sens » ! Dans la bouche d’un écrivain qui sait écrire, qui connaît le sens des mots ! Que Mr Mitterrand ne soit pas pédophile mais juste « borderline » comme Polanski, c’est possible. N’empêche qu’on retrouve là une constante chez les pervers (et pas que sexuels) : une insensibilité à la souffrance des victimes.

PMB le 9 octobre 2009 à 10:10

Je partage votre questionnement : certaines vies sont des trajectoires étonnantes, qui s’enroulent autour d’attracteurs étranges et finissent par entrer dans des territoires où elles n’ont rien à faire.
En y pensant sous la douche ce matin je me disais que l’on peut se poser la question de la légitimité de cet homme dans son rôle de ministre sous plusieurs angles : le droit (y a-t-il délit ou pas, prescription ou pas), le vote, la morale ou l’éthique.
Le tourisme sexuel avec majeurs consentants n’est pas un délit (il me semble). Et je n’ai pas à faire le procès de cet homme.
Citoyen, je peux cependant avoir un avis sur sa moralité. Je condamne le tourisme sexuel (Frédéric Mitterrand aussi d’ailleurs, son livre est un récit de souffrance et non une exaltation). Cependant je peux souhaiter qu’un ministre soit exemplaire sur un certain nombre de valeurs qui me sont chères, dont la dignité humaine fait partie. La seule façon de trancher serait de tester la légitimité de l’homme lors d’une élection future. En attendant l’indignation serait mon seul moyen d’expression.
Cependant il me semble que la question ne se pose pas ainsi. Les procès de comptoir sont ignobles. Les indignations morales sont abjectes venant d’un monde politique dont l’éthique est pour le moins étique. Et finalement chacun d’entre nous… Je peux comprendre que l’on juge que le ministre n’est pas exemplaire. Mais cette façon de le mettre au ban de notre société.
Je crois qu’il reste un autre regard possible sur la légitimité d’un homme et de ses actions : la vie. La difficulté à vivre, les souffrances, les errances, les démons dans notre nuit, les espoirs de s’alléger, d’être un autre parfois, le besoin d’oubli, l’asepsie de la solitude ou au contraire la chaleur des corps.
Il y a une autre façon d’aborder l’histoire d’un homme : l’empathie, le partage de son humanité qui est aussi la notre. Le droit, le vote viennent ensuite. L’empathie n’absout pas, elle partage, elle nous rend humain. Et je trouve que l’on manque considérablement d’empathie pour cet homme.
Le billet de Nicolas est un acte d’empathie donc (allons-y) d’humanité. De ce fait un acte de vie.

Jean-François le 9 octobre 2009 à 11:10

En intégrant un gouvernement dont le patron a il y a sept ans fait adopter une loi condamnant sévèrement jusqu’au fait de laisser sou-entendre le fait qu’on se prostitue via le racolage passif, le rend solidairement responsable d’une politique, d’une façon de traiter la réalité. Il connaissait les politiques de Nicolas Sarkozy avant d’entrer au gouvernement. Alors aujourd’hui, je respecte l’homme mais ce n’est pas de cela dont il est question. Il est question d’un ministre, faisant partie d’un gouvernement, mené par un homme qui a fait adopter une loi répressive au nom de la lutte contre la traite humaine et faisant aujourd’hui savoir qu’il a été ému par le récit d’un écrivain dont j’admets sans la moindre aigreur le talent. Il y a des responsabilités auxquelles on ne peut pas se soustraire et des cohérences sur lesquelles je n’admets pas que l’on fasse l’impasse.
Nicolas Sarkozy fait connaitre aujourd’hui son empathie pour un homme qui contrevient pourtant à une loi qu’il a lui-même créée. Ce qui aujourd’hui me fatigue et m’écoeure, c’est ce deux poids deux mesures, cette moralité sélective qui ne vient pas du FN (dont je ne fais pas partie), qui ne vient pas des méchants journalistes avides de scoops (que je ne cotoie pas), mais tout simplement du premier élu de france.

Julia le 9 octobre 2009 à 11:10

La Suisse, c’est moche. La cupidité, l’égoïsme. Il faut repeindre les volets, alors on donne quelques noms, on fait un exemple. La Suisse ça pue, surtout au fond des coffres des banques, argent de la drogue, de la fraude, du proxénétisme, argent non réclamé par les victimes de la Shoah, argent des fraudeurs.
La prostitution, même légale, c’est moche, même au loin, exotique. Ces pauvres filles à Paris, exploitées, battues, droguées, malades, allez les voir. C’est partout pareil: proxénétisme, violence, douleur des corps.
Abuser d’une jeune fille de treize ans c’est moche.
La politique ce n’est pas moche, c’est l’activité la plus noble qui soit.
Alors parlons de politique de temps en temps. Et vive Obama.

Petitepute le 9 octobre 2009 à 06:10

Cher auteur vous ne faites pas exception à la règle :
FM écrivain sensible, talentueux, courageux, immense culture ……
Vous n’en avez pas marre de ce discours imposé ?

Moi je vois un homme, apprêté, affecté, maniéré, d’une suffisance incommensurable, égocentrique comme personne et qui doit rêver en secret qu’on le prenne pour Céline à tout le moins.
Moi je vois un homme qui excelle dans les paillettes et le blingbling, la brosse à reluire et la complaisance (envers ses amis).
Moi je vois un homme qui essaie de faire passer l’embarras dans lequel il est pour justifier l’injustifiable pour de l’émotion. et ça marche.
Je suppose que d’ici quelques semaines pour la promo du 1 janvier par exemple, on lui remettra quelques hochets légion d’honneur, palmes académiques ou autre…
Ainsi les boxeurs thailandais pourront-ils se glorifier d’avoir été “intime” avec un homme mondialement célèbre !!!

cariboo le 9 octobre 2009 à 08:10

@Petitepute
La Suisse c’est pas moche ! C’est les habitants qui sont étranges. Ils ont à la fois des comportements ultra modernes et ultra permissifs, sur la liberté individuelles, sur les domaines économiques, sur la seule et unique au monde vraie démocratie directe…etc. Et d’un autre côté ils sont talibanesque sur plein d’autres choses, tel que la place de la femme dans la société (droit de vote en 1971 dans les 1ers cantons), racisme envers les non suisses et surtout les personnes de couleur, fermeture au dialogues interationaux (adhésion de la Suisse à l’ONU en 2002). Et même cloisonemment des suisses entre eux : pas d’identité nationale, racisme entre suisses alémaniques (si c’est comme cela qu’on dit), francophones et italiens, il y a même de l’exclusion d’une vallée par rapport à une autre.
Bref aucun pays au monde ne ressemble à la Suisse !

politoblog le 9 octobre 2009 à 09:10

Les attaques contre Frédéric Mitterrand pourraient émaner, selon des informations concordantes, de la ligue ODEBI, qui annonçait il y a quelques mois :

“La Ligue ODEBI publiera une liste des condamnations pénales ou civiles de tous les députés qui ont voté pour l’HADOPI.

Nous y ajouterons “les casseroles”, qui selon des critères communément admis, ont aussi un caractère potentiellement “immoral” , afin que les députés qui votent en faveur de cette loi sachent qu’ils verront ressurgir irrémédiablement sur Google leurs fautes actuelles ou passées.”

Marine Le Pen a donné un écho supplémentaire qui a déclenché la grande polémique, mais les éléments ont été avancés et poussés par des anti-Hadopi.

Marc le 9 octobre 2009 à 10:10

on savais que notre ministre de la culture etait “gay”

maintenant on sais tres bien qu’il est aussi pedophile, et oui il n’est pas allé en thailande se taper des “vieux”, des vieux “gay” il y en a plein en bas de chez lui.

le tourisme sexuel en thailande c’est pour acheter des gosses, si si renseignez vous bien, alors arretons de chercher des excuses a ce “vieux porc” et qu’on le juge en tant que pedophile

lefaye le 10 octobre 2009 à 06:10

La Ligue Odebi a effectivement annoncé cette “action” qui n’a pas encore été mise en oeuvre, mais elle n’est pas à l’origine d’accusations de pédophilie contre Frédéric Mitterrand. Elle s’est bornée à rappeler le deux poids deux mesures quand il s’est écrié que l’affaire Polanski était “épouvantable” et “n’avait pas vraiment de sens”, alors qu’il s’était réjoui du vote Hadopi avec toute une bande de signataires d’une pétition pro-polanski qui, quelques jours avant, “vouaient aux gémonies” (merci Éolas) les téléchargeurs.

On nous assène que la “meute” des “chiens” est homophobe, mais je m’interroge quand je lis partout que Frédéric Mitterrand est “cultivé, sensible, intelligent, fin, émotif”, etc. Est-ce que ce ne sont pas des clichés sur les homos, ça ? Est-ce que certains, dans leur défense de ce successeur de Léon Zitrone (je me souviens notamment de ses commentaires pendant les cérémonies du bicentenaire quand il se foutait de la gueule de Benazir Buttho qui avait un truc coincé entre les dents) ne pensent pas, tout simplement, que tous les gays font tous du tourisme sexuel ?
Je ne lis jamais ça sur Villepin, et pourtant son discours à l’ONU était d’une autre volée, non ? Ah, mais il est hétéro, il est donc, comme Sarko, insensible, sanguin, etc. Viril, quoi.

Bref, on s’en fout de ces clichés sur la sensibilité de Mitterrand, on lui demande de se servir de sa raison, pour changer ! Et la raison lui commandait de la fermer sur l’affaire Polanski, de ne pas sauter de joie quand Sarko l’a nommé à tel point qu’il a gaffé avant même de prendre ses fonctions (son émotivité l’a encore trahi, sans doute), de connaître le nom de la haute autorité qu’il prétend mettre en place, etc, etc. D’être compétent, quoi. Mais c’est trop demander à ce gouvernement dirigé par un type qui ne sait pas se tenir en public.

@NV: renseignez-vous sur l’attitude de Frédéric Mitterrand sur le Rwanda (et plus généralement sur l’Afrique), et vous me direz si ce n’est pas là la “sensibilité” d’un vrai colonialiste. Parce que le tourisme sexuel, c’est cela, et pas autre chose, de la violence colonialiste.

Folavril le 11 octobre 2009 à 11:10

“mais elle n’est pas à l’origine d’accusations de pédophilie contre Frédéric Mitterrand.”

Pourtant :

“Frédéric Mitterrand s’était vanté d’avoir utilisé les faveurs de prostitués thailandais à haute dose”.

(09/28/2009 -
Communiqué de presse ODEBI,
donc avant Marine Le Pen)

ODEBI ne parle pas de pédophilie, mais c’est limite comme allusion.

“D’être compétent, quoi”

Mitterrand est un homme de culture, grand cinéphile, auteur-réalisateur d’un beau film (Madame Butterfly),

il a présidé la commission d’avance sur recette du cinéma français,

il connait très bien le monde culturel :

il EST compétent, pour ce poste.

Qu’il ne soit pas technocrate et fasse quelques gaffes de protocole et d’émotivité, c’est plutôt agréable, cela change du personnel politique habituel.

Cela serait gênant s’il était ministre de la Défense ou au Quai d’Orsay, mais à la Culture ce n’est pas très grave.

L’essentiel est sa connaissance du monde culturel, son amour de la culture, son désir que l’on sait sincère de défendre la création de qualité.

Vous préférez un technocrate gris et froid qui prendra sa place ?

Marc le 11 octobre 2009 à 12:10

“renseignez-vous sur l’attitude de Frédéric Mitterrand sur le Rwanda”

On voit bien là qu’il y a une volonté de mise à mort de Mitterrand de la part de ODEBI.

Sans cesse une nouvelle affaire pour le discréditer.

Beaucoup de députés et ministres peuvent être visés au sujet du Rwanda, mais seul le cas du ministre de la culture vous intéresse, c’est assez typique de ce que décrit Fabrice Epelboin:

http://fr.readwriteweb.com/2009/10/09/a-la-une/mitterrand-mise-mort-annoncee

Marc le 11 octobre 2009 à 01:10

“Frédéric Mitterrand s’était vanté d’avoir utilisé les faveurs de prostitués thailandais à haute dose”.
(09/28/2009 -
En quoi est-ce limite et en quoi y’a-t-il une allusion à la pédophilie ? Tout cela est dans son bouquin.

Sur le Rwanda, je fais ici part d’une opinion 100% personnelle, la Ligue Odebi n’a rien à voir là-dedans (cela figure donc en aparté dans mon post).

Il se trouve que pour des raisons professionnelles j’ai eu à rencontrer des Rwandais rescapés du génocide et des intellectuels africains qui se sont penchés sur LE génocide (au singulier), alors quand j’entends ce petit monsieur insulter les Rwandais, expliquer que tout est de la faute de Kagamé, qu’il y a eu des génocides de part et d’autre, oui, je bondis. Quand je l’entends déclarer que si l’Afrique est dans cet état, c’est uniquement de sa faute, j’estime qu’il n’a rien à faire dans un gouvernement censé me représenter (mais je suis d’accord avec vous, il n’est probablement pas le seul). Je ressors ce sujet quand on me parle de la “sensibilité” et de “l’émotivité” de cet esthète, pour bien montrer que les arguments selon lesquels il raconte n’importe quoi parce qu’il est sous le coup de l’émotion (Polanski), ne tiennent pas. Il dit n’importe quoi, point. La culture, c’est aussi l’histoire, pas seulement l’opéra.

Président de l’avance sur recettes disiez-vous ? Oui, comme BHL (tiens, je le vois bien lui ou Finkie en successeurs de Mitterrand, d’après vos critères, ils remplissent parfaitement le profil), l’auteur de ce chez-d’oeuvre incomparable qu’est le Jour et la Nuit… Mais Philippe Val, ce serait nettement mieux.

Maintenant, dans l’expression “Ministre de la culture”, certes, il y a culture, mais il y a aussi ministre, faudrait peut-être pas l’oublier. Alors, oui, il a l’air sympa, Mitterrand, il gaffe, c’est très touchant, c’est très mignon.
On veut juste un type qui s’y connaisse un tant soit peu sur les sujets qu’il traite (c’est lui qui l’a fait voter Hadopi, oui ou non ?), qu’il touche un peu en informatique, en bande dessinée, en jeux vidéos, installations, musique autre que Boulez, etc. C’est ça, la culture actuelle, pas uniquement ses petits copains réalisateurs et autres artistes devenus institutionnels qu’il croise dans les cocktails mondains. Que fait le Ministère de la Culture pour le spectacle vivant, pour les intermittents, pour les éditeurs indépendants, pour la création électronique et sonore, etc, etc. Bref, c’est une vision de la culture qui date d’il y a 40 ans, au bas mot. On avait vu le résultat avec les festivités du bicentenaire, organisées par des publicitaires, la révolution entièrement vidée de son sens, etc.

PS : Vous remarquerez, Marc, que l’avocat de Polanski lui-même se plaint des soutiens contre-productifs (voir le Monde d’aujourd’hui). Quand je vous disais que Mitterrand racontait n’importe quoi…

Tant qu’au gouvernement on se refusera à admettre que les tentatives de brider le Net sont vouées à l’échec, les internautes réagiront, parce que c’est leur arène. Pour le Rwanda, Kagamé sait très bien se défendre tout seul, avec le soutien de la population rwandaise (ce qui n’est pas si courant dans cette région du monde).

PS 2: L’article de Fabrice ne me semble pas particulièrement critique de la la stratégie de la Ligue, au contraire, même. La Ligue l’a plutôt apprécié.

Folavril le 11 octobre 2009 à 07:10

ah, et les positions de Mitterrand ont été relevées par Bakchich.info dès sa désignation (comment se fait-il qu’un gouvernement soit constitué de Kouchner et de Mitterrand qui ont des positions radicalement opposées sur le Rwanda), pas par les anti-hadopi.

Folavril le 11 octobre 2009 à 07:10

“il n’est probablement pas le seul”

A peu près toute la classe politique française est concernée par cette question du Rwanda, qui touchait, cyniquement, la défense des intérêts francophones contre les influences américaines (proches des Tutsis).

Kouchner étant pro-américain, il se retrouve naturellement avec une sensibilité un peu différente sur le sujet, de celle des gaullistes ou francophonistes comme Mitterrand.

Le pauvre Fred est loin d’être le plus impliqué. Ce n’est pas le même profil que Jean-Christophe.

“une allusion à la pédophilie ?”

le mot : “thailandais”

Sorti du contexte du livre, où Mitterrand les décrit comme de jeunes adultes, étudiants, en précisant qu’il refuse les “young boys”.

Pour beaucoup d’Internautes qui n’avaient pas lu le livre, on ne va en Thaïlande que pour des petits garçons ou des petites filles. L’amalgame est facile.

“en bande dessinée”

Mitterrand fait sans cesse l’éloge de la BD.
Il dit que la BD est fondamentale dans sa culture personnelle.
Il l’a encore répété chez Drucker aujourd’hui.

Pour l’informatique, il y a NKM.

Le ministre de la culture est d’abord chargé de défendre le patrimoine qui ne trouve pas spontanément son modèle économique ou son audience maximale : donc pas nécessairement la culture populaire et les jeux vidéos, que le public fait vivre spontanément, mais plutôt l’opéra et le cinéma d’auteur, qui ne pourraient pas exister sans subventions. La culture c’est différent du simple divertissement.

Marc le 12 octobre 2009 à 03:10

Marc, Folavril : on dérive un peu, là, non ?

nicolas le 12 octobre 2009 à 12:10

est ce que tu es triste pour les enfants qu il a violé, parce que meme en payant ça reste du viol, viol de corps, viol de conscience
BEURK

Skytrack le 12 octobre 2009 à 07:10

Je ne comprends pas a quel point des auteurs et journalistes que je respectent ont une argumentation si faible sur Frederic Mitterand. Il vous dit qu’il est alle en Thailande pour consommer uniquement des prostitues adultes et ca vous parait tout a fait logique, imparable ??? Vous etes jamais alle dans un bordel de Thailande, et vous n’avez apparemment aucune idee de ce que c’est. Les prostitues homosexuels n’existe pas en France ??? pourquoi aller a 10000kms ? pour les plages ? il n’y a pas de prostitues homosexuels sur la cote en France peut-etre ?? faut arreter de se foutre de la gueule du monde !!!!! Et depuis quand il suffit qu’un suspect d’un delit ou d’un crime nie avec une argumentation d’une faiblesse inouie pour qu’il soit decide qu’il n’y aura pas d’instruction ni d’enquete, ni d’interrogatoire, ni de demande de renseignements sur les bordels visites etc… ?????
Bonne nouvelle pour les petits delinquants, ou les suspects de quelconque infraction: vous dites (meme si on vous a pris avec un semi-aveu, genre: “hey Jean (prenom pris au hasard), je te vends cet autoradio trouve dans une voiture”, et, si vous avez le malheur d’etre sur ecoute, il suffit de dire “non, non, c’etait une de mes voitures, je l’avais egare cet autoradio, et donc, je l’ai bien “trouve dans une voiture”" et Hop! fin de l’enquete, les poulets vous laisse sortir, pas de juge pour l’instruction etc). Le systeme judiciaire francais se simplifie grandement, avec le consentement de journalistes qu’on pourrait penser senses….

Marc-Edouard Schlumberger le 14 octobre 2009 à 11:10

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