Habitude. Chaque lendemain d’élection, on compare les résultats aux années précédentes, et on fait de gros titres sur les scores, tout en déplorant l’évolution de l’abstention. Et nulle part on ne trouve de graphique ou d’article comparant vraiment les évolutions d’effectifs. Les voici.

Hier soir, Valérie Pécresse exaltait en Ile de France, devant la ferme progression de son score. C’est l’exemple type du faux résultat, quand on regarde l’évolution des volumes de vote, et non des scores de suffrages exprimés. Si les scores, en pourcentages, sont majeurs, puisqu’ils désignent les élus, les évolutions d’effectifs sont importantes, puisqu’elles permettent de voir les évolutions réelles de l’électorat.

Voici donc deux graphiques, réalisés à partir des données du ministère de l’intérieur.

Le préalable est de poser l’évolution du corps électoral. Il faut quad même rappeler que le corps électoral Français a gagné 1,8 millions d’inscrits. Et que les suffrages exprimés passent de 24,2 millions à 19,4 millions, soit 4,8 millions de différence ! Près de cinq millions d’électeurs qui disparaissent d’un scrutin à l’autre : de qui s’agit-il ? C’est là la grande inconnue, qui brouille l’analyse en l’absence d’études sérieuses.

Et surtout, cela limite l’aspect prédictif pour une présidentielle. A ce scrutin, ce sont 13 millions de personnes qui ont choisi de ne pas s’exprimer, par rapport à la présidentielle de 2007 ! L’UMP perd 6,2 millions de voix (une chute supérieure à 50%) par rapport au score de Nicolas Sarkozy au premier tour de 2007.

En France

reg_france

On constate bien les mouvements, de 2004 à 2010 :

- L’UMP qui conforte son électorat, quasiment stable : on peut considérer que ce sont peu ou prou les mêmes qui se sont déplacés, le noyau dur de la droite, les 18-20% d’une présidentielle ;

- La perte de 2,4 millions d’électeurs par les listes PS, suite à la sortie des écologistes des listes d’union ;

- Le gain, par les écologistes, de 1,8 millions d’électeurs (qui ne compensent pas la perte du PS) ;

- La disparition du centre droit : réfugié dans l’abstention ? Les 2,2 millions de chute correspondraient à la moitié environ des abstentionnistes supplémentaires ;

- La perte sèche du FN : un gros million d’électeurs en moins (sans doute la grosse partie des abstentionnistes, qui passent de la protestation à l’aquoibonisme) ;

- Le solde globalement neutre de l’addition NPA/L/Front de gauche. Il y a sans doute eu piquage de voix par JL Mélenchon, qui est venu sauver le PC.

Ce sont évidemment des conjectures, mais elles permettent de remettre les choses à l’endroit. La vague PS n’est que toute relative, de même que l’est le total. Si le total des forces de gauche est à 50%, ce n’est pas le fait d’une mobilisation supplémentaire.

 

En Ile de France

Puisque c’est ma région, petit point de concentration.

reg_idf2

On voit là un mouvement similaire à la France entière, avec quelques nuances :

- un effritement très léger de l’UMP, qui reste globalement stable, en légère baisse : Valérie Pécresse n’a pas de quoi pavoiser ;

- une chute du Modem encore plus incroyable qu’au niveau national : 475 500 voix de moins ! C’était alors un électorat de droite, qui a disparu.

- une chute équivalente de JP Huchon, qui perd 440 000 voix ;

- une compensation positive par Europe Ecologie : de 0 à 480 000 suffrages. Le total PS+EE gagne 38 000 voix.

- L’effritement du FN, qui perd presque la moitié de ses votants ;

- La baisse du Front de gauche et du NPA : le PC avait (tout est relatif) réalisé une bonne campagne, l’extrême gauche ne fait pas recette en IDF.

- L’apparition de Nicolas Dupont-Aignan, qui pique sans doute des voix à l’UMP, au FN et au Modem, mais ne parvient pas à devenir une vraie force supplétive de droite.

On se dit que le Nouveau Centre a peut-être mal calculé : une fusion des listes, même avec un score de 10-12%, était potentiellement plus rémunérateur. On se dit que l’équilibre global n’a changé que par la faible mobilisation de la droite : c’es telle qui perd en mobilisation.

On se dit que dimanche, les choses restent assez ouvertes : il faudrait que l’UMP joue une carte positive pour cibler la mobilisation d’un électorat centriste. Mais en une semaine, après l’ensemble des gaffes à l’encontre de cet électorat (identité nationale, …), et avec la claque symbolique prise hier, cela va être difficile.

 

Demain ?

Les électeurs ont essentiellement voté avec leurs pieds. La gauche n’a pas trop mal mobilisé, au final : c’est surtout un manque d’offre, à droite, qui exprime cette abstention. Cela valide l’hypothèse de la nécessité d’une offre au centre droit, et le pari raté de l’UMP à mobiliser cette frange là, en allant chercher l’électorat FN. Cela devrait donner des idées à des candidats présidentiels qui visent cette cible (Villepin, Bayrou, Morin…), et à l’UMP, pour un recentrage partiel de sa stratégie.

On se dit que tout reste à faire à gauche, aussi : aucune progression depuis 2004, alors que le contexte d’impopularité de l’exécutif en place est nettement plus fort ! Si la victoire symbolique est encourageante, il reste un boulot énorme à effectuer pour mobiliser 5 à 6 millions d’électeurs supplémentaires dans deux ans, soit à peu près le même volume que tous ceux qui se sont exprimés hier

Reste le jeu des équilibres entre forces politiques. Rien d’installé, mais un paysage qui se dessine. En comparant les scores régionales/européennes, on se rend bien compte qu’Europe Ecologie a solidifié un électorat à peu près stable, sur deux scrutins mobilisant peu. Il n’y aura pas de troisième test : la prochaine échéance, c’est une présidentielle (avec un jeu politique sur les cantonales entre temps).


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44 Commentaires

[...] Mise à jour : tiens, Versac est allé un peu plus loin que moi dans l’analyse, mais sur la même base, en regardant le vote en voix et en le comparant à 2004. Sur son modèle, [...]

Elections régionales 2010 « LeRomanais added these pithy words on mar 15 10 at 15:43

[...] en chiffres absolus. Pour une autre version, moins maîtrisée, sur le même thème, voir  Meilcour.fr [...]

Commentons, commentons, il en restera toujours quelque chose. « Bouillaud’s Weblog – bloc-notes d’un politiste added these pithy words on mar 15 10 at 17:26

[...] « à la hache », pour une analyse plus fine vous pouvez aller voir chez l’autre Nicolas qui a pu notamment isoler l’UDF et qui parle de l’Ile-de-France – et de Dupont [...]

un électeur sur deux « le blog de polluxe added these pithy words on mar 15 10 at 22:30

[...] Régionales, comparer ce qui est comparable. Meilcour (aka Versac). Une analyse froide des résultats nationaux, excellente car sans fantaisie ou parti pris. [...]

Premier tour des élections régionales | franc belge added these pithy words on mar 16 10 at 13:10

[...] savoir), de grands moments médiatiques, et l’analyse ne vaut le coup d’être lue que sous cet angle, faute d’avoir les bons chiffres, ou de les interpréter comme bon vous semble. Notons juste [...]

incendiario » Blog Archive » Il faut sauver le facteur Olivier added these pithy words on mar 17 10 at 14:58

[...] réponses positives très élevés. Pour les commentaires purement électoraux, voir là, là, et là pour des chiffres [...]

J’apprécie beaucoup Michèle Tribalat | Polit’bistro : des politiques, du café added these pithy words on mar 19 10 at 02:06

[...] FN, allez savoir), de grands moments médiatiques, et l’analyse ne vaut le coup d’être lue que sous cet angle, faute d’avoir les bons chiffres, ou de les interpréter comme bon vous semble. Notons juste que [...]

» Il faut sauver le facteur Olivier betavita added these pithy words on mar 19 10 at 16:02

[...] http://www.meilcour.fr/general/rgionales-comparer-ce-qui-est-comparable.html, et également le premier commentaire : en effet, rien ne dit que les (plus de) 50% d’abstentionnistes auraient voté différemment des (moins de) 50% de votants. [...]

Les Journées trop Courtes de Marco » Blog Archive » Régionales 2010 – 1er tour added these pithy words on mar 20 10 at 02:15

[...] réitère l’exercice de lundi dernier, avec d’autres représentations. Histoire de montrer l’évolution des volumes de votes. [...]

Meilcour.fr » Régionales, votes en volume, à nouveau added these pithy words on mar 23 10 at 00:52

[...] n’est guère pertinent. Voici un petit comparatif des suffrages entre 2004 et 2010, trouvé sur le blog Meilcour. On le voit, la gauche (PS + vert) reste globalement au même niveau, avec toutefois un transfert [...]

L’espoir des libéraux serait-il au Modem ? « Librement vôtre added these pithy words on mar 23 10 at 10:02

[...] : Excellente analyse sur le site Meilcour.fr dont voici le lien : http://www.meilcour.fr/general/rgionales-comparer-ce-qui-est-comparable.html Posted in Actu, Analyse | Tags: discours, nicolas, poitiers, président, sarkozy, texier, UMP [...]

Retour sur ces fameuses régionales… | Euh... Non! added these pithy words on mar 25 10 at 16:39

[...] que les politiques s’étripent pour savoir à qui la faute du FN qui monte, de l’abstention qui monte encore plus vite et de la faillite proche du Modem qui ne se fera pas rembourser ses frais abyssaux de campagne [...]

Lagarde sermonne les Allemands | Portail LHC added these pithy words on avr 02 10 at 12:55

[...] per­ti­nent. Voici un petit com­pa­ra­tif des suf­frages entre 2004 et 2010, trouvé sur le blog Meil­cour. On le voit, la gauche (PS + vert) reste glo­ba­le­ment au même niveau, avec tou­te­fois un [...]

L’espoir des libé­raux serait-il au Modem ? @ Librement vôtre added these pithy words on juil 27 10 at 17:29

Hmmm … Un jour il faudrait faire de VRAIS sondages sur les abstentionnistes. Par exemple, on suppose en général qu’ils voteraient différemment en proportion du reste de la poulation, mais est-ce vraiment le cas ? Autrement dit, pourquoi les 50% de gens qui votent ne seraient-ils pas tout à fait représentatif des 50% qui ne votent pas ? La variable “je vote/je ne vote pas” est-elle corrélée significativement à un parti (par rapport aux résultats des élections) ? D’ailleurs, les sondages interrogent-ils les électeurs sur le fait qu’ils iront voter, se contentent-ils de demander pour qui les sondés pourraient voter, ou donnent-ils les résultats uniquement de ceux qui sont sûr de voter.

Tom Roud le 15 mars 2010 à 01:03

Enfin quelque chose de pas trop con. Des victoires au gout de défaite et des chiffres cache misere…La mise en perspective est interessante!

Juste une question: en imaginant un report des voix du Modem vers Europe Ecologie entre 2004 et 2010, on en vient à imaginer des electeurs PS de 2004 comme source majoritaire des abstentionistes de 2010, non? ça serait envisageable ça?

Mecanique Orange le 15 mars 2010 à 02:03

coquille : Valérie Pécresse exultait, plutôt qu’exaltait !

petitesphrases le 15 mars 2010 à 02:03

Hmm, intéressant en effet. Mais je pense que tu fais une erreur en comparant l’UDF de 2004 avec le Modem de 2010. Ce ne sont pas du tout les mêmes partis politiques.
La très grosse majorité de l’UDF en Ile de France est partie à l’UMP. On le voit bien au Conseil régional actuel, et sur les listes de la majorité présidentielle de 2010.
Pour moi les voix de l’UDF, si elles ne peuvent l’être à 100%, devraient être comptabilisées avec celle de l’UMP, comme tu l’as fait au niveau national. Et donc même enseignement que sur le 1er tableau.

Julien le 15 mars 2010 à 02:03

Tom : il y a pas mal d’analyses sur l’anstentionnisme, mais pas de super travaux menés d’un scrutin à l’autre, avec des échantillons stables. Population hétérogène. Perrineau dirige des boulots, avec Anne Muxel notamment, au cevipof.

Mecanique Orange : très difficile à dire. Il y a sûrement du mixte, dans le vote EE. L’hypothèse la plus probable : l’effritement du PS provient d’une abstention assez forte, avec en plus un déport de voix vers EE. Par ailleurs, report d’une petite partie des voix de l’UDF vers EE (mais petite : on parle de l’UDF d’alors, très centre droit / droite chrétienne, pas du Modem imaginé par Bayrou).

petitesphrases : elle exaltait !

nv le 15 mars 2010 à 02:03

En gros, ceux qui votaient UDF-Modem sont passés chez EE. Tout le reste est quasiment inchangé.

Eric le 15 mars 2010 à 02:03

Je rajouterais un élément que tu as mentionné en partie, ces électeurs qui sont allé s’inscrire pour les présidentiels et qui se foutent royalement des régionales. Honnêtement qui sait a quoi sert exactement la région vs la municipalité ou le législatif.
Je ne penses pas que les abstentionniste irons plus voté au 2eme round.

Je penses que la donne Sarkozy handicape beaucoup la comparaison des chiffres 2004 - 2010.

On ne parle plus de partie UMP, mais de partie de la majorité présidentielle. On ne vote plus a droite on vote majorité présidentielle.
Un fan de Villepin il fait quoi ??
Il vote UMP mais pas Sarko.

Quand Bayrou il a pas pris le bon cheval.

Louis le 15 mars 2010 à 02:03

Votre analyse semble basée sur des chiffres totalement faux. Donc est totalement fausse. Vous les avez trouvé où ces chiffres ?

schloren le 15 mars 2010 à 02:03

schloren : pourriez-vous être plus précis ? J’ai pris les chiffres du ministère de l’intérieur, sur leur site. Sauf pour les pourcentages nationaux de suffrages exprimés, par parti, qui ne sont pas ainsi présentés, et pour lesquels j’ai repris les chiffres officiels parus dans la presse.

nv le 15 mars 2010 à 02:03

Eric : ça, c’est la surface. Les mouvements ne sont pas forcément ceux-là. Surtout avec une perte sèche dans l’électorat.

nv le 15 mars 2010 à 02:03

Billet très intéressant et qui pose des questions. Le pari d’un centre autonome semble aujourd’hui perdu mais se pose en effet la question de l’absence d’offre politique à la fois pour le centre droit, que le Modem, puis le Nouveau Centre ont renoncés à incarner, mais aussi du centre gauche, même si Europe Ecologie peut correspondre à celui-ci.

Un bipartisme brutal ne me semble pouvoir exister qu’à l’aide d’un système uninominal à un tour. Dès que la diversité des sensibilités politique peut s’exprimer dans les urnes (et tant mieux), toute tentative d’imposer l’hégémonie d’un parti attrape-tout sur un camp sera contré par l’électorat.

Valéry le 15 mars 2010 à 03:03

Très bonne perspective et analyse :) Je comptais justement voir ce que ca donnerait de comparer en nombre de voix les résultats du premier tour. Est-ce que vos sources proviennent du site web du Ministère de l’Intérieur ? Je voudrai faire le meme travail sur Rhone Alpes.

Léo le 15 mars 2010 à 03:03

Ton exemple m’a poussé à faire la même chose pour Rhône-Alpes. Merci.
http://leromanais.wordpress.com/2010/03/15/elections-regionales-2010/

Hubert Guillaud le 15 mars 2010 à 03:03

ce que je vois c’est qu’arithmétiquement la droite classique “UMP+UDF+CPNT…” faisait 8,5 millions de voix en 2004 et qu’elle en fait 5 millions aujourd’hui. Mettez le Modem et ses 0,8 million où vous voulez. Je n’appelle pas ça de la stabilité.

schloren le 15 mars 2010 à 03:03

mouais bon.

1. l’UMP regroupait le nouveau centre, le score de 2010 devrait donc être comparé à un niveau se situant entre celui de l’UMP seul et celui de l’UMP + UDF.
Je vous accorde qu’évaluer la proportion d’UDF entre NC et Modem n’est pas facile, mais qualitativement au moins ça devrait se retrouver dans l’analyse.

2. Il me semble que ceux qui n’ont pas voté ont exprimé quelque chose, et massivement, ça n’est favorable à aucun sortant fut-ils nationaux ou regionaux.

3. Le score du PS est à prendre en compte comme un score de sortant, c’est plutôt pas mal selon cette perspective, souvenons nous des “sortons les sortants” quasiment systèmatique même si c’était lus rarement à l’échelon de la Région.

4. Europe Ecologie est un parti tout nouveau tout beau, dont beaucoup d’électeurs considèrent qu’il n’a pas de bilan.
C’est inexact à Paris vu l’impact de la présence de Denis Beaupin…

A mon sens vous ne parlez pas de l’information essentielle, qui s’esquisse mais dont on ne pourra parler qu’une fois sous les yeux un résultat définitif.

citoyenlambda le 15 mars 2010 à 04:03

A mobilisation égale, le second tour nous donnera une clé de cette analyse électorale là ou il semble demeurer une inconnue. Si les sondeurs veulent s’intéresser au vote EE, l’analyse sera plus pertinente encore : Le vote EE au premier tour est-il un vote “de gauche plurielle ” celui des verts en 2004, ou bien un vote alternatif au delà de la droite et de la gauche, celui de Bayrou 2007, qui aurait entrainer des électeurs de centre droit au premier tour?

piernic le 15 mars 2010 à 04:03

piernic : oui, le vote EE reste une sorte de mystère.

citoyenlambda : oui oui, j’ai tout à fait sous-analysé le nouveau centre. En même temps, sur un billet pondu en 20mn, c’est normal qu’il y ait des failles. Mais peut-on dire que le NC n’apporte rien ? Sans doute. Sans lui, l’UMP aurait-elle fait encore pire ? Sans doute pas. Mais on manque d’éléments sérieux pour soutenir la thèse.

nv le 15 mars 2010 à 10:03

Sondage CSA de sortie des urnes : 74% des votants écolo ont arrêté leur choix pour dim prochain : socialiste.

Thomas le 16 mars 2010 à 02:03

Comparer ce qui est comparable reviendrait à :
- additionner les voies de l’ensemble des listes de la gauche de gouvernement en 2004 et les comparer avec l’ensemble des listes de la gauche de gouvernement en 2010, dans la mesure où le PS partait au 1er tour le plus souvent uni aux Verts et parfois au PCF en 2004 ;
- l’UDF en 2004 partait soit unie dès le 1er tour à l’UMP, soit séparée (mais en faisant alliance avec l’UMP au 2e tour dans la plupart des cas où la fusion était possible) ; les listes UMP de 2010 comprennent le Nouveau Centre, le MPF et CPNT ; il faudrait donc additionner la majeure partie de l’UDF de 2004, le MPF et CPNT pour comparer ce score à celui des listes l’union UMP-NC-CPNT-MPF de 2010.
Ainsi, la droite de gouvernement perd 3 millions de voix entre 2004 et 2010, l’ensemble de l’extrême droite en perd 1,5 million, les listes d’extrême gauche perdent près de 540 000 voix et les listes de la gauche de gouvernement en gagnent 40 000.
En Île-de-France, la liste de Santini avait fusionné avec celle de Coppé au second tour en 2004, ce qui est assez significatif de la réalité d’une grande partie de l’électorat de l’UDF régionale d’alors (à l’exemple du passage de la plupart des élus UDF de la région au NC).

Daniel P-E le 16 mars 2010 à 05:03

” oui oui, j’ai tout à fait sous-analysé le nouveau centre.” Hé bé il vous en faut du temps pour admettre vos erreurs. Et pas seulement le NC : le MPF, les chasseurs et les DVD, rien que ça. Vos analyses sur la stabilité de l’UMP et le “déclin” des voix PS ne reposent sur aucun élément chiffré de cette élection. Vous avez complètement occulté que cette année la droite avait fait l’union au premier tour, pas le PS. Ca rend votre analyse totalement biaisée. Comme plusieurs commentaires l’ont souligné, la droite “classique” perd entre 3 et 3,5 millions de votes entre ces 2 régionales. Et ça, “ça se mesure”. Où sont-ils partis, là est la question.

schloren le 16 mars 2010 à 10:03

schloren : non, je n’ai pas “aucun élément chiffré”, no sous-estimé quoi que ce soit. Ni n’ai une analyse totalement biaisée.

La mesure de la perte de la droite classique me semble totalement lisible dans mon graphique, et il suffit de peu de culture pour comprendre que le passage de l’UDF au Modem a vu s’évaporer des millions de voix. C’est précisément ce que je dis.

Et sinon, schloren, à part invectiver, vous avez un nom ?

nv le 16 mars 2010 à 05:03

J’ignorais qu’il fallait présenter ses papiers avant de commenter ici. A priori vous ne les demandez qu’à ceux qui critiquent votre analyse. La prochaine fois je signe Michel Bernard et vous serez content ? Pour en revenir à “l’invective” et vos éléments “chiffrés”, donnez moi simplement quel est la part du vote UMP sur les listes UMP+NC+MPF+CPNT. Vous l’avez ? Donnez le au ministère de l’intérieur qu’il lui applique le même traitement qu’au vote PS (voir le monde). Si vous ne l’avez pas comment pouvez vous faire une comparaison avec le vote UMP (seul) de 2004 ?

schloren le 16 mars 2010 à 05:03

Votre avis est que le noyau dur de l’UMP a voté pour les listes UMP et que les électeurs NC sont allés à la pêche. Mais ça, aucun chiffre ne vous permet de le dire. C’est une opinion pas une analyse.

schloren le 16 mars 2010 à 05:03

Excellente analyse qui éclaire ces élections d’un jour différent à l’image des chiffres donnés hier soir sur Canal+, le PS, grand vainqueur des élections a gagné avec 12 voix sur 100 en tenant compte des abstentions !! à méditer

Benoit S le 16 mars 2010 à 06:03

Waow, t’as chopé un bon troll, dis-moi, nicolas. Ce schloren en tient une couche.

Je n’ai pas compris ce qu’il te reproche exactement. Manifestement, c’est des chiffres faux. Je ne vois rien de faux. Un peu imprécis sur les formulations, peut-être, mais je ne crois pas que tu aies de prétention universitaire ou journalistique.

Ensuite, on sent le militant frustré, ou le mec qui en a contre toi. Je sais pas quoi. Il doit être du Nouveau Centre, ou du Modem. Du genre à être vexé d’être mal représenté dans tes graphes, quoi. Alors que ton discours est parfaitement clair, sur le fait que des électeurs de droite et du centre ont disparu.

Un bon troll, quoi. Tu veux que je le nourrisse ?

waldo le 16 mars 2010 à 07:03

Cher waldo,
je n’ai pas l’intention de troller. C’est d’ailleurs mon dernier commentaire. Ce que je reproche exactement c’est que ce cher Nicolas pour appuyer sa these de la stabilité de l’électorat UMP “noyau dur”, compare le score de l’UMP seul en 2004 avec le score de l’UMP+CPNT+MPF+NC de 2010. Son hypothese est donc que si NC, CPNT et MPF avait fait des listes pour les régionales (comme en 2004) ils auraient fait tous 0%. Cette hypothese me parait un tantinet… cavaliere. Libre a vous de qualifier cela d’ “imprécisions sur les formulations”.
Et pour apaiser vos angoisses, je ne suis pas un electeur “centriste” (la j’ai meme envie de me rincer la bouche).
cordialement

schloren le 16 mars 2010 à 08:03

Cher schloren,

vous avez l’air de bien connaitre “ce cher Nicolas” qui ne vous semble pas si cher. Pour ma part, je commente chez lui occasionnellement depuis 5 ou 6 ans, en connaissant son style, ses limites et sa valeur.

Votre électorat par parti, il n’existe pas. L’électorat ne se définit pas sur des partis, qui plus est quand ils sont aussi jeunes ou instables. Le NC n’existait pas il y a 3 ans, CPNT estapparu et mort en quelques temps, le MPF reçoit des suffrages de l’extrème droite parfois, de la droite contre révolutionnaire, de souverainistes bon teint… Dire que l’UMP a fixé un électorat noyau dur, en omettant de noter qu’il avait reçu un soi-disant concours (quasi invisible au fil de la campagne), aurait été plus précis. Mais l’idée est bien là, en creux, dans ce qu’il dit : la droite a stabilisé la base, chiraquienne, modérée. L’électorat volatile n’est pas là, toute une partie de la droite a disparu dans l’abstention.

Pas de quoi fouetter un chat, ni dire que des chiffres sont faux, ni faire de mauvais procès. Ni faire chier pour faire chier avec des affirmations péremptoires…

Nicolas : la prochaine fois, prends plus que 20mn à l’heure du dej pour écrire la petite ligne, ou rajoute des astériques de journalistes en dessous de tes graphiques, t’auras des chieurs en moins. Merci pour le billet, dont on aurait aimé avoir la justesse dans la presse, plutôt que ces analyses merdiques sur des pourcentages…

waldo le 16 mars 2010 à 11:03

“Votre électorat par parti, il n’existe pas. L’électorat ne se définit pas sur des partis.” : euh, si, et si. Les réalignements sont faibles en comparaison des suffrages qui ne bougent pas. Les partis changent de nom mais embrassent à peu près les mêmes électeurs sur des périodes aussi courtes.

Merci V. d’avoir fait des graphiques en suffrages exprimés. J’ai fait pareil dès le soir de l’élection, pour calculer les pertes 2004/2010 du FN (environ -30% sur les leaders du parti en Nord-Pas-de-Calais avec Carl Lang/Marine Le Pen, en PACA avec Guy Macarie/Jean-Marie Le Pen, en Rhône-Alpes avec Bruno Gollnisch). La chute des votants FN depuis 2002 est impressionnante.

Si tu t’essaies à une petite simulation avec les scores 2002-2004-2007-2010, et avec quelques redressements, tu peux calculer un score très approximatif (mettons, 50% au pifomètre) du FN en 2012. J’ai obtenu 12% maximum, mais un modèle pourrait très bien donner 8% avec quelques hypothèses un peu moins conservatrices.

Fr. le 19 mars 2010 à 01:03

Fr. : non ! Il y a bien évidemment une “base” sur chaque parti, ou restes de . Plus stable évidemment à gauche (électorat de base PS, PC), à droite (les fidèles RPR, le noyau dur de l’UMP), mais il reste que la majorité de l’électorat est infidèle, volatile, abstentionniste ou mobilisable à l’occasion.

C’était à peu près ce que je voulais dire. Les partis et media ont un peu trop tendance à raisonner en potentiels de mobilisation d’électorats qu ise définiraient comme “UMP” ou “PS”. LA réalité est toute autre.

nv le 19 mars 2010 à 11:03

Non, je persiste à penser que c’est une lecture erronée : quand on mesure la mobilité électorale, on est largement en dessous de 50% pour la plupart des formations politiques, écologistes exceptés. Pour les données 1993-1997, recherche “mesure de la volatilité électorale en France” dans la RFSP, article de 2000.

L’abstention est volatile, sauf qu’à ce stade ça ne veut plus rien dire : parler de mobilité/stabilité électorale est déjà douteux au niveau méthodologique sur des individus ayant une “party id”, et sur un groupe aussi large et aussi mal connu que les abstentionnistes, on atteint du pifomètre. Les partis ont raison de chercher à mobiliser chez eux : les transfuges sont rares, et l’on peut supposer que le coût de mobilisation est inférieur dans une clientèle déjà acquise à moitié. C’est extrêmement visible dans d’autres systèmes partisans, comme le système US.

Reste que les partis ont un comportement myope, mais sur d’autres points. On lit dans le “Canard” de la semaine que Fillon s’attendait à moins de pertes parce qu’il a vu beaucoup de monde dans les meetings de campagne. Soit il fait du cinéma, soit il est complètement myope (au sens scientifique du terme).

Fr. le 19 mars 2010 à 01:03

Bonjour,
juste pour réagir sur cette phrase :
“On se dit que tout reste à faire à gauche, aussi : aucune progression depuis 2004, alors que le contexte d’impopularité de l’exécutif en place est nettement plus fort !”
2004 c’est quand même la première élection après 2002, où 82% des Français ont dû voter Chirac bon gré mal gré. Je pense qu’il y avait quand même aussi un effet “ne pense pas que tout le monde est avec toi pour autant” qui fait monter le score de la gauche.

mrnutz le 25 mars 2010 à 03:03

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