Parce que janvier sans voyages impose le besoin de penser aux évasions passées.
L’aéroport de Tokyo, à l’arrivée, en 1998. Salles fumeurs comme des bocaux qui font face aux files de l’immigration. Alors que le vol de l’ANA était encore fumeur (ça a existé, si on parvient à s’en souvenir), le bocal est empli de japonais, se tenant droits, fumant en silence, lentement.
L’aéroport de Nairobi, auquel on arrive après une escale à Dubaï. Là où Dubaï n’est que marbre et dorures, et s’étire en longueurs, dans un volume impressionnant, parfaitement réfrigéré, Nairobi est petit, bétonné, sale, et désuet. Il faut payer en liquide pour le visa, mais aucun distributeur ne fonctionne. A Dubaï, on peut retirer de l’argent tous les cinq mètres.
L’aéroport de Stockholm est extrêmement lumineux, avec ses grandes baies vitrées, et il y a du parquet au sol.
Dans celui d’Helsinki, ce ne sont pas de grandes lattes de bois, mais ces parquets faits de carrés de petites lattes, qu’on trouve dans les appartements des années cinquante. Parquet par ailleurs trop abondamment vernis, il brille.
Ce que je préférais de l’ancien aéroport de Bangkok, c’était le trajet pour arriver en ville, avec cette autoroute urbaine interminable et grouillante, survolant un paysage infini de temples, panneaux publicitaires, taudis, et amas de buildings successifs. Un prélude. Cela se police, à présent.
A Rio, le plus incroyable est Santos Dumont, qui offre une vue magnifique sur l’ensemble de la baie. En décoller est un délice. L’aéroport Antonio Carlos Jobim (le Brésil est le seul pays à donner à ses aéroports le nom de compositeurs de balades douces) a le plan d’un soutien-gorge.
Charles de Gaulle 1, et ses terminaux enfouis sous terre. Je ne suis évidemment pas le seul à avoir fredonné l’air de Goldorak en glissant sur les tapis roulant.
JFK et son enfilade de terminaux absurdement mal reliés, chacun pour une grande compagnie. La course, à 23h30, de l’un à l’autre, alors que tous sont vides, pour attraper la correspondance Delta, que nous n’atteindrons pas. Depuis, je préfère Newark, pour lequel l’arrivée permet de longer la skyline de Manhattan.
L’aéroport de Koh Samui. Petites paillotes, ambiance bon enfant, qui hésitait entre Walt Disney et une dictature africaine. Pas de sas, de douanes, de contrôles, de tourniquets, de passerelles. Tout se fait à la main, et est visible du passager.
Le salon business de Newark, qui ressemble au café d’un mall, où tout serait gratuit, quand celui d’Helsinki est un ravissement de design un peu dépassé.
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La liste pourrait se prolonger. Quand je pense que peut-être mes petits-enfants ne connaitront pas les aéroports.
10 Commentaires
“peut-être mes petits-enfants ne connaitront pas les aéroports.”
Fais-tu là référence aux problèmes écologiques que nous devons régler ?
Et nettement plus près, l’oiseau de Santiago Calatrava qui ravit les yeux et le coeur avant de partir de Lyon.
Celui de Bora-bora n’est pas mal non plus.
Plaisir des yeux d’abord et plaisir olfactif ensuite…
Quand l’odeur de kérosène n’avale pas tout.
C’est donc fugace, comme à Calvi ou Figari et leurs odeurs de maquis.
(Pas à Bastia ou Ajaccio : on ne sent que l’odeur de la mer, et encore…)
Moi ce qui me fascine le plus dans les aéroports c’est les vues et les lieux d’atterissage. Les mieux ; le kai tak à Hong Kong en rasant la ville, le Kansai sur une île ultra moderne, San francisco le plus beau panorama, en France le mieux c’est Nice, à mon avis bien entendu.
“Quand je pense que peut-être mes petits-enfants ne connaitront pas les aéroports.”
Ne soyons pas pessimistes. Quand tu auras des petits enfants, c’est à dire quand tu seras peut être un jour, grabataire, incontinent, paralysé dans un fauteuil avec la mémoire qui dérape, dans la maison de retraite des vieux chênes, prostré devant ton plateau repas, coquillette jambon, visité le dimanche par tes petits enfants, ados insupportables, ils viendront te dire, tu sors ton carnet de chèque pépé, il faut que je paye mon billet d’avion pour partir en vacances !!!
Voyons, bien sûr que tes petits enfants pourront voir un aéroport !!! Je ne sais pas si c’est en rapport avec la fin du pétrole ? Mais ce que je peux vous dire c’est que les constructeurs d’avions travaillent actuellement sur des biocarburants pour faire voler leurs avions. Je sais que Boeing y consacre beaucoup d’argent en RD. Actuellement deux projets tiennent la corde. Boeing travaille sur un agrocarburant à partir de jatropha, une plante qui peut pousser même dans les déserts et qui est très productive. Un vol d’essai de boeing avec comme agrocarburant du jatropha a déjà eu lieu. La seconde option c’est d’utiliser des algues vertes, pour fabriquer des agrocarburants pour avion. La Bretagne deviendra peut être pour tes petits enfants la nouvelle Arabie Saoudite. Ces agrocarburants fonctionnent et ne rentrent pas en concurrence avec les productions alimentaires.
Ceci m’amène à une autre réflexion. Quel sera le secteur d’avenir de ce siècle et du prochain ? Pas les communications et Internet pas de nases, mais l’énergie et l’agriculture. Si tu veux faire un cadeau à tes petits enfants achète leur des terres agricoles, achète leur des actions dans des sociétés énergétiques. Actuellement la terre agricole c’est le placement, le plus sûr et le plus rentable, 10 à 12 % par an. Il ne va pas sans dire que cela se couplera dans le futur avec des problèmes géopolitiques majeurs.
J’avais écrit un article sur le sujet, il y a longtemps. Je sais, Nicolas, tu détestes que l’on vienne faire de la pub sur ton site, mais je pense que cet article est assez intéressant pour mériter d’être lu.
http://politoblog.com/2009/07/17/les-dangers-du-neocolonialisme/
Ou bien encore Campo dell’Oro et sa piste qui se termine sur la plage et les montagnes corse de l’autre. Ce parfum de bonheur quand on descend de l’avion, quel joie…
Albuquerque et ses murs épais en pierres ocres.
Montpellier et les flamans roses dans l’étang le long de la piste.
L’atmosphère festive permanante dans celui de Münich lors de la coupe du monde.
Et puis les aéroports, ça peut aussi être plus personnels: j’ai du aler une dizaine de fois à Schipol, mais je n’y ai jamais pris d’avion. Milan et ses salons bas de plafond et mal éclairés, Athènes Athènes Athènes!, Heathrow et la police qui m’attendait dans la passerelle, mon arrivée à Chicago et pas de famille d’accueil…
Newark > JFK exact, exact…
Koh Samui fait vraiment Tintin.
Un truc à reporter, qui a disparu mais ne manquait pas de couper le souffle, l’ancien aéroport de Hong Kong, où les avions rasaient les immeubles à l’atterrissage puis un improbable plan d’eau avant de toucher sportivement le début d’une piste toujours un peu trop courte.
Dans un rythme effréné et constant : deux avions en instance de décollage, deux en approches et atterrissage.
L’avantage de cet ancien aéroport de Hong Kong, c’est qu’on sortait de l’appareil direct en pleine ville, il n’y avait pas de transition ni de préparation pour le passager ; le rythme de cette ville ultra-libérale à l’époque saisissait le corps dès le franchissement de la porte. Avec une électricité incomparable dans l’air, que New York n’a jamais atteind.
“Quand je pense que peut-être mes petits-enfants ne connaitront pas les aéroports.”
Vous devez être né dans une grande ville.
Quand j’étais petit, la gare désaffectée en bas du village, remontant à l’avant-SNCF, était un formidable terrain de jeu, et une grande leçon de choses : d’autant plus qu’on pouvait en approcher chaque pièce de très près, aussi longtemps qu’on voulait : et que, la rêverie aidant, on y voyait des ombres, des visages, des hommes.
Le progrès, c’est bien, aussi.
Précision d’une importance capitale :
Le Royaume Uni donne aussi “à ses aéroports le nom de compositeurs de balades douces”.Vous arrivez ainsi à Liverpool, le joyau de la Mersey, via l’aéroport John Lennon (”Liverpool John Lennon Airport” pour être précis)

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