La majorité en a fait un test, et proclame que cette élection exprime un soutien au gouvernement.

La manœuvre est énorme, mais elle semble passer : il s’agit de nous faire croire qu’une élection partielle, mobilisant une des personnalités préférées des français, est un test de la popularité de l’exécutif. Xavier Bertrand s’est fendu de tout plein de déclarations en ce sens, fier d’annoncer que les français soutiennent Nicolas Sarkozy, malgré les turbulences.

De fait, David Douillet a fait un score de 52,10%, hier, proche des 52,32% de son prédécesseur. faut-il rappeler que ce prédécesseur, Jacques Masdeu-Arus, qui avait été condamné en première instance pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux, mais avait fait appel, avait été investi par l’UMP, et élu ? Cette condamnation n’avait pas empêché son élection, tant, dans certains bastions, un âne, avec des casseroles, serait élu. L’appel a confirmé la condamnation.

Toujours est-il que l’homme avait sérieusement bouffé, par ses pratiques, le potentiel de fidélité des électeurs de la 12ème circonscription des Yvelines. Il faisait ainsi passer le total de voix du deuxième tour de 23000 à 19000. Voilà où était l’étalon : un député corrompu arrivait avec 52% des voix, et 1700 d’avance sur le candidat des verts.

Et voilà David Douillet, un des hommes les plus populaires de France, grand habitué du classement (débile) du JDD. Un homme intègre, un vrai, et un test gouvernemental.

Que fait Douillet ? Il n’arrive pas au score du député corrompu, malgré une campagne qui a mobilisé jusqu’au dernier encarté. Et le voilà qui réduit encore l’écart avec l’opposant, le faisant tomber à un petit millier de voix.

La correction n’est pas passée loin. On se demande ce qui peut sauver la prochaine partielle : Mimie Mathy ? Pour passer à une dizaine de voix ?

daviddouillet

 

Source : ministère de l’intérieur, sauf pour 2009, où je n’ai pas trouvé la proportion de suffrages exprimés, extrapolés à partir des niveaux des suffrages précédents.


Mots clés:
Abonnez vous aux commentaires Commentaires | Trackback |

16 Commentaires

Le bon député UMP David Douillet…

David Douillet a été élu tout nouveau député de la 12e circonscription des Yvelines. Et il entend bien le rester. L’interview qu’il a accordé au Monde prouve qu’il sera un bon, un très bon député UMP de la 12e circonscription des Yvelines. …

Blog de Bix - Politique et LL added these pithy words on oct 19 09 at 11 h 34 min

Quelle aigreur…

D’une part, les scores de Jacques Masdeu-Arus en 2002 et 2007 bénéficient d’un contexte où le candidat fait partie d’une majorité dont le gouvernement est en état de grâce, ce qui contrebalance certaines des circonstances évoquées ici.

D’autre part, en décomptant le nombre des votes, vous oubliez qu’avec la participation réduite propre aux élections partielles (celle d’hier étant d’ailleurs bien meilleur que celle de l’élection de Rambouillet, où personne n’avait soulevé cet argument, ayant le bon résultat des Verts à mettre en avant), tous les autres candidats ont aussi recueilli moins de suffrages que leurs équivalents des précédentes élections. Et c’est bien pour ça que tout le monde parle en proportion des voix. Dès lors, difficile de parler d’une correction passée de près pour un 52/48. Où bien peut-on aussi dire de Jacques Chirac en 95 ou de Barack Obama en 2008 qu’ils étaient eux aussi passé proche de la correction en 2008 parce qu’ils étaient dans la même fourchette de score ?

Enfin, il semble que ce week-end, donner des noms d’animaux aux candidats UMP soit très en vogue. Marine Le Pen a parlé de “chien”, Arnaud Montebourg de “chèvre”, ici il est question d’”âne”, toujours avec la même rhétorique. N’est-il pas possible d’avoir un peu plus de respect envers les électeurs et leurs choix ?

Oui, quelle aigreur…

xerbias le 19 octobre 2009 à 10:10

xerbias :
- si les scores de 2002 et 2007 bénéficient d’un contexte général positif, le contexte local est désastreux, atroce même, l’ambiance locale au plus bas en 2002. Ce qui se traduit d’ailleurs par une chute de la participation. Donc non, à ne pas comparer avec une porté positive : l’effet est bien démontré, on passe de 60% à 52 pour l’UMP.

- oui, les élections partielles comptent un nombre de voix réduit, et celle-ci ne fait pas exception. Mais la tendance à la chute est clairement observable. Les proportions de voix sont un travers qu’on utilise toujours, pour tous les scrutins, oubliant souvent les dynamiques de masse. C’est une erreur partielle, que je viens corriger ici en montrant les volumes de suffrages, qui qui est parlant, et un complément utile aux 52% qui se disent stables pra rapport à l’élection précédente.

- La correction n’est pas passée loin : un petit millier de voix. C’est peu. Et en comparaison de l’artillerie lourde déployée sur le terrain, on sent encore le souffle, le soupir de soulagement.

- Obama et Sarkozy ont gagné avec des millions de voix d’avance. C’est justement le fait de raisonner avec des pourcentages qui vous induit ici en erreur.

- One ne compare pas les candidats avec des animaux. On dit que, dans certaines bastions, mais cela vaut aussi pour la gauche, peu importe le nom, l’investiture prévaut, et apporte un capital de voix inaltérable, par vote sociologique réflexe. C’est le cas dans le 93 pour la gauche, ou le 76 pour le PS, et à Neuilly comme Poissy pour la droite. Il n’y a rien de choquant à cela. Le fait de voter à 52% pour un élu corrompu et clairement condamné le prouve, d’ailleurs : l’arbitrage ne s’est pas fait dans un déplacement vers une candidat alternatif, mais dans une abstention forte.

nv le 19 octobre 2009 à 10:10

J’ai pensé exactement la même chose. Et je ne dis pas ca pour faire plaisir à votre altesse, ou même pour être constructif, sinon j’aurais balancé des bric. 52 %, avec un candidat qui a été une année la personnalité la plus populaire dans une circonscription bien à droite, c’est peu.
Moi l’autre fois j’ai voté dans la XIIème des yvelines, l’antre de Boutin, un vrai bastion à droite, l’une des 5 circonscriptions au plus hauts revenus par habitants, le candidat UMP était seulement à plus 5 voix. Alors que d’habitude, il gagne au premier tour.
La droite recule dans l’opinion c’est indéniable.

politoblog le 19 octobre 2009 à 10:10

“David Douillet, un homme intègre, un vrai”

quand on se fait payer par le budget communication des hôpitaux pour aller voir les enfants malades, effectivement, on peut être “intègre” par la suite.
Mais, on doit se sentir un peu honteux parce qu’on demande que ces contrats soient confidentiels.
Voilà, c’est ça être David Douillet…

Barnagaël le 19 octobre 2009 à 12:10

Oui, on peut toujours se dire comme politoblog, que la droite recule, ou que le peuple des “ânes” (puisque c’est ainsi qu’il faut appeler un électeur de droite maintenant) est en voie de disparition.
Mais comme chaque élection est distincte des autres, et que le contexte est toujours déterminant, ce que vous semblez dire ressemble plutôt à de la méthode Coué.
On peut aussi, dans le même ordre d’idée, se convaincre qu’en allumant des bougies ou sacrifiant des poulets cela va changer la donne, c’est toujours plus simple que d’avoir à mettre en place une stratégie politique de reconquête du pouvoir.

thierryl le 19 octobre 2009 à 12:10

1000 voix d’avance, c’est pas mal. Un nombre important de députés sont élus avec moins de marge. 5 voix d’avance, oui, on frôle la correctionnelle.

Le contexte local n’était pas évident. Un sortant démissionné d’office pour corruption, une circonscription qui vit de l’automobile (grosse usine PSA à Poissy) et qui a connu une grosse alerte économique dernièrement, et enfin, un candidat parachuté-people (choix à double tranchant pour l’UMP)

Le contexte d’une partielle n’est pas évident, car il n’y a pas l’effet “vague” que l’on observe lors des élections générales. Au contraire, les mécontents se déplacent et les autres ont plus tendance à rester chez eux. Une partielle est toujours à risque pour le parti au pouvoir.

Au final, Douillet est élu. Ce qui compte, c’est de passer la barre ! Et là, il le fait avec une marge confortable, qui le met à l’abri d’un recours et d’une annulation (contrairement à Rambouillet où je vois mal comment il n’y aurait pas de nouvelle élection).

Mais bon, dès le départ, le militant de centre-gauche que tu es avait déjà posé la conclusion :) Il ne faut surtout pas que le message “le gouvernement est conforté” soit diffusé.

Sauf que là, c’est un peu difficile, comme le souligne Xerbias. Douillet a gagné alors qu’il aurait très bien pu perdre (son score de premier tour n’était pas fabuleux).

authueil le 19 octobre 2009 à 12:10

Il faut noter tout de même que les candidats UMP ont une très grosse réserve de voix. A rambouillet Poisson fait 43 % et quelques au premier tour et seulement 50 au 2nd. David Douillet fait 44 % au premier tour. On se rend compte que l’UMP mobilise son électorat, mais ne parvient pas à réunir les autres courants au 2nd tour. A noter qu’il y a eu beaucoup d’abstention lors de ces deux élections et que les abstentionnsites sont en majorité les jeunes et les catégories socio pro les + faibles. Si la gauche parvient à mobiliser ces électorats aux européennes, elle met une pile à l’UMP.

politoblog le 19 octobre 2009 à 12:10

“Un âne”… Ca me fait penser à Montebourg qui a dit, en parlant de Jean Sarkozy, que même “une chèvre” pouvait se faire élire dans le 92, tant qu’elle est UMP !

Olympe le 19 octobre 2009 à 02:10

Aigreur ? Non, remise de l’église au milieu du village.

Ceux qui ont voulu faire de cette élection locale un test national, soit pour désavouer soit pour approuver, vont trop vite et trop loin.

Mais si le pouvoir et ses zélotes croit qu’elle rend les critiques sur les dernières affaires inopérantes, gare l’auto-persuasion…

PMB le 19 octobre 2009 à 03:10

“David Douillet, un homme intègre, un vrai”

//Dans les affaires, il a connu moins de bonheur, avec la faillite de l’agence de voyage Travelstore dont il était actionnaire, qui lui avait valu une mise en examen pour “recel et complicité de banqueroute par détournements d’actifs”. La gauche avait alors soupçonné l’Elysée d’avoir préparé la loi du 6 août 2002, qui permet une amnistie présidentielle pour des personnes s’étant distinguées de manière exceptionnelle dans des domaines comme le sport, pour lui venir éventuellement en aide.//

Source : latribune.fr

http://tinyurl.com/67j7vy

PMB le 19 octobre 2009 à 03:10

“ce prédécesseur, Jacques Masdeu-Arus, qui avait été condamné en première instance pour corruption passive et recel d’abus de biens sociaux, mais avait fait appel, avait été investi par l’UMP, et élu”> Balkany a tracé la voix… de la a en déduire que les électeurs sont des bœufs pour paraphraser le Général…

“dans certains bastions, un âne [...] serait élu”> très bon la référence cachée au prince Jean.

Vonric le 19 octobre 2009 à 08:10

politoblog : ah, tu reviens dans le vrai, et la flagornerie du maitre des lieux ! C’est bien :)

thierryl : je ne crois pas qu’o nse dise ça. Il y a une usure du pouvoir, et, en complément, un contexte local. Ca ne fait pas une alternance, pour autant. Quant à l’exécutif, c’est lui qui avait déclamé ce test, et annoncé une formidable victoire…

authueil : ce n’est pas vrai de dire que les mécontents se mobilisent plus en partielle. Oui, pas l’effet vague, mais plutôt, en général, un effet conservateur, sauf cas de mobilisations spécifiques. Et l’objet de ce billet était plutôt de contrecarrer l’analyse globalisante ridicule de Bertrand, plus déplacée qu’autre chose.

Quant à Douillet : perdre dans une circo qui a toujours, sauf en 2007, donné 60% à la droite, laisse-moi doucement rigoler !

PMB : on est bien d’accord sur l’intégritude de Douillet. C’était ironique, en quelque sorte. L’homme traine ses casseroles, mais, comme il est costaud, elles se voient moins.

Vonric : je vois plus Balkany comme l’héritier d’une tradition. Dans l’ouest parisien, des tas d’électeurs ont avalé des couleuvres avec délectation. Pensons à Pierre Bédier, aussi, dans la plus pure tradition de l’élu local féodal corrompu…

nv le 19 octobre 2009 à 11:10

“Dans l’ouest parisien, des tas d’électeurs ont avalé des couleuvres avec délectation.”

Je revois ces charmantes vieilles dames se dandinant, énamourées, devant un Balkany en pleine gérontophilie dont l’éclatant sourire semblait dire : si vous saviez, chers vieux débris, à quelle profondeur je vous la mets.

Mélange, chez les électeurs, de naïve reconnaissance du ventre (quelques beaux hochets) et de fascination devant la capacité à toujours se tirer des marigots.

Voir Berlusconi : s’il tient c’est en partie à cause de la faiblesse de son opposition et que la majorité qui le soutient aimerait bien faire comme lui.

(Ne pas oublier Mellick)

PMB le 20 octobre 2009 à 03:10

@ NV
Oui votre altesse, j’ai enfin compris que vous aviez toujours raison et que j’étais tout le temps dans le faux. C’est peut être le halo lumineux qui entoure votre personne qui m’a fait voir plus clair. Est-il possible que je me frotte, sur l’autre jambe de son altesse, je commence à avoir des crampes ?

politoblog le 20 octobre 2009 à 03:10

Oui, on pense automatiquement à Mimi Mathy.
Sim aurait fait un excellent sénateur. Carlos un bon ministre des sport.

Et pour la fin de mandat, Louis Sarkozy fera un ministre des transports très présentable.

Eric le 21 octobre 2009 à 01:10

Ajouter un commentaire




Blog réalisé par calii.fr & Spintank