Coopol et créateurs de possibles, Epicentre pour le nouveau centre, Lesdémocrates pour le Modem, Europe Ecologie qui va lancer sa nouvelle version… Nouveau sujet à la mode : tout le monde veut son mybarackobama.com

Et tout et n’importe quoi est dit, et fait, par les partis politiques. Quelques idées sur cette tendance fourre-tout.

Remplacer le web ?

Le dialogue, le débat citoyen, la proposition, la contestation, tout cela existe déjà.

Clamer, comme le fait l’UMP dans le mail envoyé que “avec les Créateurs de Possibles, l’internaute ne sera plus spectateur mais véritablement acteur de ce débat citoyen”, c’est céder à un tropisme habituel dans les entreprises et les partis politiques : croire qu’avant eux, rien n’existait.

La réalité, c’est que les partis politiques ont l’ambition de ramener à eux le formidable mouvement d’expression, de mobilisation, de sociabilité qui s’exerce en ligne. Par opportunité, d’une part, puisqu’il y a là un moteur d’élargissement de leurs soutiens, mais aussi par peur : ces mouvements autonomes de militants auto-organisés sont une menace pour la survie des partis.

Barack Obama l’a fait. Depuis la sortie de notre rapport Terra Nova, qui a circulé dans tous les Etats-Majors, tous ont compris un seul message : il nous faut notre réseau social, pour élargir la base des militants, et renforcer leur efficacité. Sans forcément penser, ou oser mettre en œuvre, les facteurs-clefs de succès de ces réseaux.

mybararckobamadotcom

Des réseaux très différents.

Tous ces réseaux militants n’ont rien à voir. La Coopol est avant tout un outil de changement de l’appareil du PS. C’est un intranet du parti, réservé pour l’instant aux seuls camarades, et bientôt, parait-il, aux sympathisants (on en reparlera). Le pari est audacieux : espérer par un outil web changer la sociologie centenaire et immuable d’un parti politique, en faire pêter le cloisonnement, y amener de l’initiative, de l’individu, de l’autonomie… Je n’ai jamais vu ça, un parti qui mute par les outils, et pas par le chef, ou la menace externe (la concurrence ou la survie). Mais enfin, si on a foi en la technologie, pourquoi pas ?

Les Créateurs de possibles ne sont pas destiné aux adhérents de l’UMP ; le site remplit deux objectifs. Le premier est un objectif de recrutement, de mobilisation : il s’agit d’identifier et faire venir des militants attirés avant tout par une cause, un sujet, qui se qualifieront d’eux-même. Ensuite, charge à l’appareil et au CRM actif de l’UMP de les transformer en supporters. L’autre objectif, c’est de construire un vaisseau amiral, un ambassadeur du parti dans des sphères sociales et d’information, rôle que ne peut pas jouer le site officiel.

Côté Nouveau Centre, on ne sait pas à quoi ils jouent : ils ont simplement le même dispositif web que Valérie Pécresse et Philippe de Villiers pour les européennes, alors que la nature de leurs cultures politiques n’ont rien à voir. Epicentres est mou comme tout, aujourd’hui, et on doute que la base militante relativement faible du Nouveau Centre se régénère vraiment grâce à un facebook-like, créé à l’origine pour les jeunespopulaires de Valérie Pécresse.

Les Démocrates, c’est autre chose. La blogosphère Modem était très active, complexe, avec un vrai terrai nde jeu naturel. Il s’agissait de la fédérer pour lui donner de l’ampleur. PLusieurs tentatives de media sociaux avaient d’ailleurs déjà été testées, jusqu’à friser l’incohérence. A date, il ne semble pas que le succès soit franc. En tout état de cause, on est beaucoup plus proche du réseau de producteurs de contenus que du réseau militant : l’enjeu, ici, est d’occuper le web, de faire circuler les idées, de leur donner de la force, et de réunir autour du débat. C’est déjà bien. Le QG de campagne, ça vient à côté du café politique. Et le web reste, avant tout, un grand café.

Enfin, n’oublions pas Europe Ecologie. Ils ne dorment pas, ils travaillent. Leur réseau des élections européennes était assez bancal, n’a pas trop mal fonctionné, avec 13000 personnes inscrites (ce qui n’est pas non plus le pérou). Les régionales devraient voir émerger un nouveau réseau militant, qui sortira un peu du béatisme du modèle Obama. Le réseau sera à la croisée des chemins, entre lesdémocrates et la Coopol, un hybride avec du contenu et du vrai réseau militant. Sans doute le mouvement qui peut le plus développer une telle initiative à ce stade.

Les créateurs de possible, ça va changer le monde ?

Si le site reste tel qu’il est : non. Clairement, les créateurs de possibles ont raté leur coche. Ce site n’est pas un “réseau”, puisque les individus en sont absents. Regardez avec moi : pas de vraies fiches profils, pas de médiatisation des actions personnelles, pas de possibilité de discuter vraiment, pas d’expression réelle, si ce n’est une cause que je veux porter.

Les créateurs, c’est à 1000 kilomètres de myBO, ou d’organizing for America, l’actuel réseau de soutien à Obama. Ces sites avaient compris que le moteur de la mobilisation réside dans ces mécanismes de médiatisation auprès de ses pairs, de rencontre, de chaleur humaine, de liens faibles créés par les messages, d’émulation des scores et quizz… Sur les créateurs de possibles, on ne voit pas les individus, on ne voit pas les autres. Ils ont disparu : pas un visage, pas une photo de profil, pas un nombre d’amis, pas un pouce levé, pas un score associé à mon nom, une liste d’amis quasiment cachée…

createurs

(Créateurs de possibles : où sont les créateurs ?)

Les créateurs de possibles, ce n’est pas un ‘”réseau citoyen”, c’est un simple gros site de pétition en ligne. Point. Je lui prédis, s’il n’évolue pas rapidement, un avenir assez sombre : les fonctionnalités d’évaluation, modération, recherche, sélection des causes que l’on souhaite mettre en avant sont tellement simples et basiques qu’elles seront rapidement totalement polluées par ceux qui veulent faire leur pub, ou tout simplement en rire. 100 socialistes ou anars de droite mal intentionnés pourraient y mettre un sacré bordel.

Bref, c’est tout sauf le “facebook politique”, comme le titre la presse, un peu paresseuse, partout. Ca n’a absolument rien à voir avec facebook.

N’enterrons pas ce projet pour autant. L’élection présidentielle est dans deux ans et demi. Cela laisse du temps pour évoluer, prendre conscience, s’améliorer. Contrairement aux années précédentes, il y a à l’UMP une volonté réelle de mettre des moyens sur le sujet du web, une prise de l’internet au sérieux, et un énorme budget pour y travailler. On peut néanmoins reste dubitatif quand un tel vaisseau amiral autoproclamé, avec un budget conséquent, est ainsi conçu.

Qu’est-ce qu’il faudrait faire alors ?

Ouais c’est vrai quoi, c’est facile de critiquer, à la fin. Jaloux, va !

Chaque parti a un agenda différent, et des éléments commun. Le PS ne travaille pas assez le marketing, à proprement parler, néglige les bases de données, l’e-mailing, les SMS… L’UMP a de l’avance sur ce point, mais un immense retard sur le web comme espace public, avec une domination, dans le territoire, de media sociaux hostiles, qui ne lui laissent rien passer (ce qui n’est pas le cas, par exemple, des Républicains aux Etats-Unis, ou des Tories anglais). Le PS n’a toujours pas réussi à fédérer l’immense twitto-blogosphère de sympathisants PS, ne lui accordant aucun crédit, même depuis que le PS dispose d’une tête forte, d’un management, et s’attaque à un de ses points faibles. Le Modem, c’est le bordel sans nom, et la structure militante se délite, avec un manque flagrant sur l’organisation militante et le marketing politique en ligne. Cela se traduit en ligne.

Chaque parti a donc un agenda énorme, pour préparer 2012 en ligne. Et chaque parti travaille de manière étonnante, souvent déstructurée, ou passant à côté des vrais sujets, pour se focaliser sur la sortie de gros projets, comme les Créateurs de possibles ou la Coopol, oubliant à chaque fois de vastes pans de son travail. C’est en tout cas l’impression qu’ils donnent, très nettement. L’éventail des sujets à lancer donne le vertige, il est vrai : bases de données et CRM, vrai outil d’organisation militante, politique active de présence dans l’espace public numérique, fédération des acteurs et sympathisants du web, mise en place d’une veille qualifiée et intelligente, … Trop souvent, le web est encore considéré comme un espace de projets isolés, sans résonance.

La critique est donc facile, mais elle est à l’aune de l’ampleur de la tâche, et de la démesure des propos (chacun disant vouloir faire comme Barack). Et enfin, l’argent ne suffit pas : le PS comme l’UMp mettent des sommes conséquentes sur la table. Les autres partis, eux, vivent de miettes.

C’est vraiment important, ces réseaux militants ?

Pas tant que ça. En fait, le vrai changement est déjà là. Et le web ne peut pas se réduire à ce rôle d’pine dorsale de l’action militante, comme le professe toujours Benoït Thieulin. Barack Obama a certes réuni beaucoup de monde dans un formidable renouvellement de son marketing politique. Mais à trop regarder le gros vaisseau amiral bleau marine, le gros site, le super réseau, on oublie l’eau sur laquelle il flotte. C’est l’eau de la blogosphère, des multiples réseaux sociaux qui l’entoure. Le bateau, sans la mer, ne sert à rien. Et de fait, aujourd’hui, quand la blogosphère progressiste américaine devient de plus en plus critique sur Obama, le joli paquebot d’OFA ne flotte plus si haut.

Les créateurs de possibles, par son ignorance de la sociabilité, et la Coopol, par sa fermeture, ignorent que l’important est ailleurs. Il est là : sur le web non comme outil d’organisation, mais comme territoire réel, comme lieur de rencontre, de circulation des idées, de partage, de mobilisations de pair à pair, sans gros site qui nous mâche le travail.

Non, ce n’est pas essentiel, ces gros trucs. Ou en tout cas, ils ratent leur cible, pour l’instant, ne proposant pas une promesse à la hauteur de l’expérience ultra-riche que nous vivons tous, à notre niveau, sur des forums de discussion, des sites de pétition, sur twitter, sur facebook, sur ebay, sur des blogs, … Et surtout, ils ne nous proposent pas encore la cause (elect Obama !) qui pourra nous motiver à quitter ce web si confortable pour aller sur leurs piteux espaces marketing.

Allez, encore un effort !

-

PS : disclaimer. Spintank, mon entreprise, ne travaille avec aucun parti politique. Nous conseillons occasionnellement des personnalités, et, pour le reste, travaillons exclusivement pour des entreprises, collectivités, ministères, mais pas pour les partis. Ce sujet, c’est le mien, à titre personnel.


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34 Commentaires

[...] Réseaux sociaux politiques : tout le monde veut son MyBarackObama.com – Meilcour.fr [...]

A lire ailleurs du 04/01/2010 au 11/01/2010 | traffic-internet.net added these pithy words on jan 11 10 at 08:15

[...] Réseaux sociaux politiques : quelques remarques – Meilcour.fr – « Clamer, comme le fait l’UMP dans le mail envoyé que “avec les Créateurs de Possibles, l’internaute ne sera plus spectateur mais véritablement acteur de ce débat citoyen”, c’est céder à un tropisme habituel dans les entreprises et les partis politiques : croire qu’avant eux, rien n’existait. » [...]

A lire sur le Web (11-01-10) | Tête de Quenelle ! added these pithy words on jan 11 10 at 09:05

[...] de manière absurdes (1000 caractères maximum – les liens hypertextes ne marchent pas etc). Lire l’article de Versac à ce sujet. Mais surtout, comme je le disais dans mon article, l’aspect communautaire et [...]

Créateurs de possibles et logique de parti : contradictoires ? | Tête de Quenelle ! added these pithy words on jan 12 10 at 08:58

[...] qui présente l’avantage de prendre un peu de hauteur vis-à-vis de ce phénomène : « Réseaux sociaux politiques : quelques remarques ». D’autre part, un article du Monde qui constitue un bon résumé des convergences et [...]

Communication : incontournables de janvier 2010 « Damien Bégoc – Blog politique added these pithy words on jan 24 10 at 17:50

[...] sur le blog de Nicolas Vanbremeersch, « Réseaux sociaux politiques : quelques remarques », du 7 janvier [...]

Ressources bibliographiques et webographiques de mon mémoire sur la politique 2.0 « Vincent Lemaire added these pithy words on jan 30 10 at 12:29

[...] Réseaux sociaux politiques : tout le monde veut son MyBarackObama.com [...]

The Weekly Best #11: Sélection des Aaaliens & Best-of d’Owni /-) | Owni.fr added these pithy words on fév 28 10 at 12:00

[...] bouleversé les usages de la communication politique. D’abord dans les supports : blogs et réseaux sociaux tel que twitter et facebook sont devenus des armes incontournables en matière de communication au cœur des partis politiques. Avec un revers perturbant dans la [...]

Adrien Chambre » Communication politique : le web en ligne de mire added these pithy words on jan 16 11 at 18:49

[...] bouleversé les usages de la communication politique. D’abord dans les supports : blogs et réseaux sociaux tels que Twitter et Facebook sont devenus des armes incontournables en matière de communication au cœur des partis politiques. Avec un revers perturbant dans la [...]

Communication politique : le web en ligne de mire /  kom-pol added these pithy words on jan 30 11 at 00:21

Disons que si tu devais conseiller les jeunes UMP et les fondateurs de “créateurs de possible” il faudrait t’armer de beaucoup de patience…
Nice post, by the way.

Castor Junior le 7 janvier 2010 à 10:01

Taillage de costards parfaitement ciselé. Et poli, en plus. :)

woodi le 7 janvier 2010 à 11:01

Bonsoir Nicolas

Tu as raison sur les lacunes en matiere de personnalisation, de scoring par “createur” (en revanche, il y a bien des photos par profil) : c’est d’ailleurs un point qu’a souleve Emery (si ma memoire est bonne) durant la reunion de presentation, qui a retenu l’attention de NKM et du representant d’Isobar. Ce n’etait pas prevu, mais ils comptent a priori le rajouter, suite a cette remarque. (Gregory Pouy a bien resume ces deux lacunes constatees dans son billet):

“Par contre, il y a 2 éléments qui me semblent majeurs et qui n’ont pas été pris en compte :
1. Ne pas répondre dans le cas d’une attaque – on pourrait rapidement avoir l’impression que ca ne sert à rien puisqu’il ne se passe (potentiellement) rien derrière
2. Ne pas mettre en avant les personnes : il est évident (l’Homme est ainsi fait) que la motivation première pour participer à ce genre de réseau est la mise en avant de individu. Il manque cruellement un classement ou tout du moins une possibilité aux individus de ressortir.”

Stan le 7 janvier 2010 à 11:01

La mise en avant de l’individu est bien évidemment prévue mais je me suis déjà longuement exprimé sur le sujet sur mes blogs. C’est là que réside la différence entre un réseau social (type Facebook) et une plateforme communautaire. Je m’explique…

Valoriser l’individu lors du lancement d’un site oriente le site nécessairement vers le réseau social et donc sur le lien entre les individus… ce qui n’est pas l’objet des Créateurs des Possibles. Se faire des copains (voire des coopains), l’UMP le laisse à d’autres. Valoriser par contre l’action, l’idée et donc le contenu voila l’objet d’une plateforme communautaire.

Alors que bien entendu la côté social est important sur le site (Espace Perso riche) et que le blog qui sera lié aura pour vocation via vidéo, témoignage et interview de valoriser les Créateurs de Possibles qui auront mené à bien leur initiative… mais pour cela laissez le temps aux initiatives de naître, d’éclore, de vivre et de se réaliser.

Cédric le 8 janvier 2010 à 12:01

Je ne suis pas chargé de la comm’ de la Coopol mais il faut tout de même savoir que la Coopol a un effet d’ouverture en deux temps :
- d’abord les militants socialistes qui forment la base de la coopérative politique.
- ensuite les sympathisants socialistes qui seront là pour participer au débat et apporter les éclairages que les militants n’auront peut-être pas.
Ma conclusion, c’est qu’il faudra que tu patientes encore quelques heures, jours, semaines, mois (je sais quand les sympathisants seront invités mais je ne sais pas si ça a été communiqué) avant de voir l’outil.

abadinte le 8 janvier 2010 à 12:01

Bonsoir Nicolas,
Et bonne année,

Je ne connaissais pas Epicentres et Think-centre. Preuve que leur pub est mal faite, ou que mon réseau de personnes proches du NC n’y croit pas.

A noter que JC Lagarde a fait l’effort d’une contribution sur “Les libertés sur Internet” .. pour attaquer les croisements qui seraient fait par Google
[ http://www.think-centre.fr/propositions/intrusions-des-moteurs-de-recherche-dans-la-vie-privee JCL]

Franchement, on peut ne pas être vénérateur de Google et voir qu’il y a des problèmes de libertés plus importants sur Internet.
Contrairement à “Sexy-centristes” on ne peut pas voter “j’aime pas”.

Google nous ramène d’ailleurs à ton article précédent. Sarkozy s’est promis de taxer Google ( http://www.lemonde.fr/technologies/article/2010/01/07/google-dans-le-colimateur-de-nicolas-sarkozy_1288901_651865.html ). C’est vrai c’est bien dommage qu’il n’y ait pas de moteur européen. Ne faut-il pas plutôt soutenir les initiatives dans ce domaine? NS ne parle pas de bing, ni de manière générale du monopole de Microsoft dans la bureautique et les OS. Pourquoi ne les a t-on pas taxé depuis 15 ans? Est-ce à voir avec le fait que Gates et Ballmer aient rencontré Sarko, ce qui explique aussi l’attitude de la France sur d’autres dossiers? Pas de souriant scientologue chez Google?

De même l’idée du portail unique pour les offres légales de téléchargement. Contraire à une certaine vision libérale de l’économie. L’étonnant c’est que l’UMP applique ces visions anti-libérales spécifiquement à Internet. Le “Mouvement Populaire” est surement un lien avec les pratiques de la Chine Populaire.
Cela dit, “Créateurs de Possibles” déjà l’air moins stalinien que “NSTV”. Patience. En 2017, ils arriveront sans doute au Web 2.0.

XS le 8 janvier 2010 à 12:01

Surtout pour faire un site de pétition ils auraient pu faire plus simple (et un truc qui marche mieux) et faire comme les anglais: Google moderator dans un iframe:

http://googlepublicsector.blogspot.com/2010/01/google-moderators-world-tour.html
http://www.conservatives.com/draftmanifesto/

foobar le 8 janvier 2010 à 12:01

“Ce site n’est pas un réseau”

Un site n’est jamais un “réseau”, tout comme la carte n’est pas le territoire…

“L’important est ailleurs” – “ils ne nous proposent pas encore LA cause”… oui, effectivement.

AMHA … LA cause va bientôt être celle-ci: http://appelpourlerevenudevie.org

http://is.gd/5SA1p

OlivierAuber le 8 janvier 2010 à 12:01

Stan : on est entièrement d’accord.

1. Aucune promesse pour le participant.
Je partage, sans savoir avec qui, sans prolonger cette relation qui pourrait être créée. Et je ne sais pas à quoi ça sert. J’ai 457 soutiens à mon action. So what ? Qui sont-ils ? Peut-on faire quelque chose ensemble ?

2. Disparition totale de l’individu.
Quand je dis qu’il n’y a pas de photo, c’est : pas de photo visible, personne mis en avant, aucun profil apparent. Il faut que j’aille, après 5 clics, voir mes contacts pour chercher un nom, pour voir apparaitre la photo d’un gusse. Bye !

nv le 8 janvier 2010 à 02:01

Cédric : tu est typiquement dans le déni de l’offre existante par ailleurs, et dans celui d’une analyse fine de ce qui motive le militantisme. A croire que des années de sociologie du militantisme et de pratique par les politiques de l’UMP n’ot pas été capitalisées.

Pourquoi viendrais-je partager un truc sur ce site ? Aujourd’hui, il n’y a aucun bénéfice apporté aux “créateurs”. Seules sont mises en avant les propositions, à peine rattachées aux individus. Et croire que les identifier serait un détournement est une profonde erreur de jugement à mon sens : on ne va pas tracter sur un marché pour tracter. On y vient pour appartenir, se faire des amis, participer à une cause, recevoir une parole bienveillante…

C’est d’ailleurs amusant : le réseau de la droite nie l’individu, le cache. Le réseau de la gauche mise tout sur l’individu autonome en réseau, la méritocratie, etc. Renversement total.

nv le 8 janvier 2010 à 02:01

abandinte : j’ai vu la coopol (sans avoir la carte, rhooo). Et permets-moi d’être dubitatif sur l’idée de faire adopter et donc forger les usages d’un outil par des adhérents, avant d’ouvrir, éventuellement, pour complément.

Cette vision méconnait un problème essentiel : ce sont les autres, là, autour, qui font changer, et dont le PS a besoin…

nv le 8 janvier 2010 à 02:01

Dans ce cas explique moi l’intérêt de recréer une réseau ou tu mets l’individu au centre à l’ere de Facebook… aucun !!! La politique ce sont des idées et des actions et je pense qu’il ne faut pas être intéressé par la politique pour savoir pour cela. Bien évidemment comme je disais que l’humain demeure et reste primordiale mais l’idée c’est de créer le maillage entre créer un outil qui n’existait pas (Les createurs de possibles) mailler avec les outils de valorisation de communauté (blog et autres médias sociaux + intégration de la dimension sociale sur le site). Mais si ton intérêt lorsque tu t’inscris sur un site est de te faire des amis, je pense qu’il y a d’autres sites pour cela… Comme on dit, il y a ceux qui parlent et ceux qui agissent…

Cédric le 8 janvier 2010 à 02:01

Il est dommage que tu fasses un article si orienté et partisan.. dommage vraiment car il suffit d’aller dans son espace perso ou d’aller sur les personnes ayant rejoint une initiative pour voir les personnes et l’humain dont tu parles… mais la encore il suffit de faire une capture d’écran et de montrer ce que l’on veut… dommage (pour une 3eme fois…)

Khalid le 8 janvier 2010 à 02:01

Cédric : un réseau où l’individu a des bénéfices, à l’heure de facebook, ça a du sens. Regard Mybo. 13 millions de personnes, mises en valeur, pouvant effectivement créer des groupes où elles identifient les autres, échangent, discutent, valorisent leurs actions, se médiatisent.

Il ne s’agit surtout pas de faire un mini-facebook. Mybo n’était pas ça, d’ailleurs. Mais de prendre en compte, assez simplement, ce qui motive et engage dans ces processus. Là, on a vraiment l’impression que “l’action au centre” est une forme de négation du reste. Dans un blog, par exemple, le contenu est au centre, mais vit de sociabilité, de mise en réseau, de valorisation…

Ou, facebook n’est pas tout, et il y a de l’espace. Largement.

nv le 8 janvier 2010 à 09:01

Khalid, oui, je sais, c’est dommage, je suis affreux.

nv le 8 janvier 2010 à 09:01

Et pour une théorisation plus large du rôle des réseaux pour construire une alternative politique : http://yannickrumpala.files.wordpress.com/2009/01/rumpala-la-connaissance-et-la-praxis-des-reseaux-comme-projet-politique2.pdf

Jules le 8 janvier 2010 à 11:01

Je ne comprends pas bien les réactions des militants qui critiquent Nicolas : s’il dit qu’il y a un problème, il vaut mieux que vous lui demandiez ce qu’il changerait plutôt que de lui affirmer qu’il a tort, non ?

De manière générale, j’ai du mal avec des gens qui ne mettent pas un point d’interrogation à la fin de leur phrase quand ils ne sont pas d’accord.

Bertil Hatt le 8 janvier 2010 à 05:01

nv : “Et croire que les identifier serait un détournement est une profonde erreur de jugement à mon sens : on ne va pas tracter sur un marché pour tracter”

j’ai vu des tracteurs PS, Modem, verts, PCF, NPA, LO, FN, MPF (à l’époque) mais jamais UMP…

Et tres curieusement, c’est sur les plate-formes anonymes (commentaires des quotidiens, essentiellement) qu’on en retrouve beaucoup – alors qu’ils sont quasiment absents politiquement des sites sociaux. de là à penser qu’on n’a affaire qu’à un nombre très restreint d’individus…

Les réactions pavloviennes provoquées par ton billet (tu dis du mal de notre plate-forme => tu es un vilain socialiste idéologue) montre bien d’ailleurs le niveau intellectuel du “militant blogueur” UMP (au singulier!).

La raison pour laquelle l’UMP ne veut pas mettre en avant les individus, c’est simplement pour cacher le fait que leur base militante *réelle* (je ne parle pas du gars qui est occasionnellement sympathisant) est très largement surestimée.

benoit le 8 janvier 2010 à 06:01

.. ou que si les individus se mettaient en avant, ils auraient alors un libre-arbitre. Ils deviendraient alors incontrôlables, ce qui est arrivé à Dupont-Aignan, puis plus tard à Boutin. Peut-être que l’UMP a t-elle aussi besoin d’accepter que les courants soient visibles de l’extérieur.
Par exemple, Sarkozy, Fillon, Juppé ou Alliot-Marie, c’est des courants et des manières différentes de voir la société française et son avenir. Cela peut intéresser tout le pays, mais l’UMP a beaucoup de mal à en parler.

A propos, l’UMP étonne même le Chat de Geluck (pourtant belge):
http://www.lepost.fr/article/2010/01/08/1876500_l-ump-annonce-60-000-membres-sur-les-createurs-du-possible-qui-en-comprend-moins-de-1500.html

MdR!

XS le 8 janvier 2010 à 06:01

je suis assez dubitatif. Ton analyse est intéressante, très détaillée et bien argumentée. Mais de quoi parle-t-on au travers des réseaux sociaux, d’un simple contenant ? Je suis assez peiné que l’on puisse penser que faire de la politique c’est résumer son action à des outils de marketing. Car ne soyons pas dupe, même si les réseaux sociaux permettent de créer des participations et de l’idée, ce ne sera que de la pure forme. Je n’ai jamais vu, dans une quelconque structure et fortiori un parti politique, une idée émerger de la base pour arriver au sommet ? Regarde tous les militants que tu as attiré ! Il t’expliqueront tous comment créer du lien sur leur réseau, mais aucun ne sera en mesure d’expliquer, de comprendre, d’analyser les ressort de la politique budgétaire par exemple !
ex : Khalid, “il suffit d’aller dans son espace perso ou d’aller sur les personnes ayant rejoint une initiative pour voir les personnes et l’humain dont tu parles… mais la encore il suffit de faire une capture d’écran et de montrer ce que l’on veut”
C’EST VRAIMENT TRES INTERESSANT ! Ca sent l’outil pour baiser…

Bonne année, au fait.

politoblog le 8 janvier 2010 à 11:01

L’ouverture en 2 temps de la Coopol a un objectif double : mailler le terrain socialiste afin de ne pas laisser les militants dans un réseau vide. Parce que le pire serait d’inviter des sympathisants dans un univers vide avec les bugs du début.

abadinte le 9 janvier 2010 à 02:01

Bien utile!
Salutations,
Eric

Mistewicz le 9 janvier 2010 à 08:01

Très édifiante analyse, fouillée et parlante. On y voit chaque parti avec ses défauts : impérialisme centralisé UMP, errements PS, bordel Modem, idéalisme déstructuré écolo…
Je recommande sur fesses-bouc.
Et tous mes voeux pour cet an dix qui n’est plus neuf comme hier.
Bonne année qui se renouvelle !
Argoul

argoul le 13 janvier 2010 à 03:01

People deserve very good life time and business loans or just credit loan can make it better. Because freedom is based on money state.

RowenaARMSTRONG18 le 8 mars 2010 à 08:03

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