Juste quelques notes plantées là pour me souvenir. On me pardonnera pour le style télégraphique.

Pour démarrer : il se trouve que mon entreprise travaille avec des clients qui pourraient être impactés par Wikileaks. Mon point de vue n’est donc pas neutre. Cette prise de notes est cependant totalement de mon fait, et le fruit d’un ras le bol de ne rien écrire sur ce sujet passionnant, tard le soir. Elle n’engage que moi, pas Spintank, encore moins ses clients. Et elle ne fera pas de pédagogie (comme d’hab, me direz-vous).

Par ailleurs, j’ai rencontré Assange, lors de conférences ou congrès, à plusieurs reprises. Oui, j’ai touché de ma main le dieu vivant des wiki-enthousiastes, et ce, dès 2008. J’en suis revenu vivant, me souvenant essentiellement d’un personnage énigmatique, mais pas forcément très profond, à l’époque plutôt naïf, ou feignant de l’être devant des auditoires de webmaniacs.

Et oui, je ne suis pas particulièrement enthousiasmé par ce qu’il fait. Intéressé, oui, positif, non.

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1. De Julian Assange comme roi de la com.

L’homme a un sens aigu du marketing. Il a parfaitement compris le fonctionnement de l’écosystème web-media, et de la relation ambiguë qu’entretiennent les journalistes avec le web. Il joue de cette solidarité intermittente, de cette répartition de rôles, avec brio. Pour son plus grand bénéfice plus que pour celui de la démocratie qu’il dit servir, mais enfin.

Un de ses grands trucs, c’est donc, suite au fait que Wikileaks tardait à tenir sa promesse, depuis plusieurs années que le site existait, de se caler à l’écosystème des media. Que demandent les media pour être nourris ? Du feuilleton, et du breaking news. Assange nourrit : tous les mois, désormais, il sort un nouveau paquet de données, avec à chaque fois un peu plus de volume. Comme si le volume comptait, comme si l’unité de compte “rapport de terrain sur théâtre d’opérations” valait un “télégramme diplomatique”. Pas grave, à chaque fois, c’est XXX.XXX documents qui sortent. La prochaine fois, ce devront être 1 million de “documents” qui sortiront. Et la presse mondiale unanime ne challengera même pas ces chiffres et leur absurdité. Pourquoi ne pas compter au signe, au mot, à l’octet ? Qu’est-ce qu’une information ?

Un des trucs les plus intéressants récemment écrits, dans le grand brouhaha, sur Assange, c’est cette interview dans Forbes. Et oui, c’est la première fois en huit ans de blogging que je vais faire un lien vers Forbes. Assange y apparait comme ayant vraiment identifié les facteurs-clefs de succès de son entreprise.

So that’s why brand is so important, just as it is with anything you have to trust.

Et oui, Assange est un très bon marketeur. Qui vient avec un produit nouveau, pense à la promesse de sa marque, à ses supports, et à construire de manière très rapide une notoriété mondiale. Il n’a pas de leçons à apprendre des meilleurs dans le domaine.

C’est un marketing qui vient de l’expérience. Assange a vécu les moments difficiles de celui qui n’y arrive pas, et il a appris. Dans tous les trucs (pas tant que ça, en fait) que Wikileaks a sortis, une immense majorité n’a pas été rendue visible. Il a donc compris que le web n’était pas vertueux, en soi, que la publication ne suffisait pas : il faut que le système médiatique s’en empare pour que ça serve à quelque chose. Il faut faire la une, il faut mobiliser.

Et depuis, il y arrive. par une mécanique qui pourra lasser. L’inflation dans le nombre des sources tient la bête sous pression. Cette pression pourra diminuer,, quand on se rendra compte qu’on n’apprend pas grand chose de nouveau, finalement, avec ces “révélations”, que l’effet de masse fait écran, ou que les journalistes se sentiront trop pris en otage par ces sorties trop orchestrées, qui minent leur indépendance, et leur différenciation.

 

2. De Julian Assange comme hybride

Il y a encore deux ans, Julian Assange était un pur produit du web. Il était plein de discours prophétique, façon visionnaire enthousiaste de la révolution numérique, qui allait imposer transparence et vertu. Il en est revenu, ajoutant à son vin de culture web un peu d’eau des media.

En cela, Assange est très emblématique de notre temps. Nous vivons moins, en effet, dans un monde de la révolution numérique, qui remplacerait un monde ancien, mais dans un temps d’hybridation, où des bribes et éléments de culture web passent dans d’autres dimensions de l’espace politique. Un moment où certains valeurs ou pratiques qui sont nées de la culture politique du web sont en train d’irriguer les pratiques des hommes politiques (un chouia) et des media (beaucoup plus), comme des pratiques sociales de chacun.

Le problème, c’est que ce moment d’hybridation n’est pas juste un changement de culture, c’est un mélange, qui ne prend pas nécessairement le meilleur de chaque monde. En témoigne le succès que peuvent avoir des trolls, qui agissent en ligne, sur les media. On appelle ça “les nouvelles stars du web” (pensez à mon ami Terry Jones).

Dans cette hybridation, la nouveauté, c’est qu’Assange est intelligent, et use des media comme de pantins. Il a compris leur demande, il leur fournit de la matière, mais dicte, peu ou prou, ses règles. Comme un terroriste du système médiatique, la jouant au chantage (it will be online anyway : do you want to be part of it ?). Jusqu’ici, c’étaient les media, qui, du haut de leur puissance, prenaient le web de haut, comme un petit terrain de jeu.

C’est là que c’est amusant.

 

3. De Julian Assange et de l’ouverture.

Le rêve d’Assange, parait-il, c’est une société transparente. Mon oeil. Son rêve, c’est une société qui a les yeux braqués sur son pouvoir, sur la menace qu’il représente (preuve : les innombrables menaces qu’il développe dans son interview). Mais enfin, s’il fait tout cela, c’est au nom d’une vaste entreprise d’ouverture, de mise en lumière des pratiques obscures, cachées, quelles que soient les raisons, légitimes ou non, de cette obscurité.

On a beaucoup, et nettement mieux que moi, écrit sur le fait que cette transparence concerne aujourd’hui des régimes déjà pas mal ouverts, et qu’elle nourrit les pratiques de ceux qui en font un usage totalement opposé à l’ambition démocratique qui semble animer Assange. Je passerai donc dessus. Mais enfin, qui est le plus ravi, ce matin et qui est le plus embarrassé ? L’Iran ou les Etats-Unis ? Et pourquoi ?

Une autre question que je me pose, c’est l’effet de Wikileaks sur les mouvements d’ouverture en cours dans les administrations. On parle beaucoup d’open data, dans la sphère publique, et c’est un sujet qui m’occupe beaucoup à titre professionnel, actuellement. Mais, au-delà de l’open data, on parle bien d’open-governement. Il s’agit de plus que de livrer en mode brut quelques bases de données sur un champ de politique publique ; il s’agit bien de livrer, de manière permanente, de quoi nourrir un citoyen plus autonome, qui ne se satisfait pas de simple storytelling, de com à peu de frais. Il s’agit de nourrir une capacité d’analyse démultipliée par les outils d’analyse en réseau, en livrant des données brutes permettant le regard.

L’administration Obama a fait de grands pas en avant dans l’open-government.

Wikileaks va beaucoup plus loin. Il incarne une menace pour l’open data. Si je devais utiliser une analogie (foireuse), ce serait celle de la gauche et d’Action Directe. On veut bien aller un peu vers l’ouverture, mais, face à ceux qui vont trop loin, on a tendance à se refermer. Assange ne sert pas ceux qui sont les alliés, réformistes contre révolutionnaires, d’un meilleur outillage des citoyens. Il incarne non plus une menace virtuelle, un aiguillon qui permet l’évolution, mais une menace trop concrète, trop rapide, trop brutale, qui va plutôt faire se refermer des administrations par essence rétives à l’irruption de corps extérieurs dans leur fonctionnement.

Reste à voir comment les administrations vont réagir. A court terme, Wikileaks n’offre pas d’autre choix que la réponse de fermeté et de fermeture, de sécurisation. A moyen terme, peut-on voir revenir des idées d’ouverture ?

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Voilà, au milieu du vacarme, trois petits trucs de plus.

PS/EDIT

4. De Julian Assange comme justicier.

C’est assez incroyable de voir à quel point il se pense comme juge (interview Forbes).

WikiLeaks means it’s easier to run a good business and harder to run a bad business, and all CEOs should be encouraged by this. I think about the case in China where milk powder companies started cutting the protein in milk powder with plastics. That happened at a number of separate manufacturers.

Let’s say you want to run a good company. It’s nice to have an ethical workplace. Your employees are much less likely to screw you over if they’re not screwing other people over.

Then one company starts cutting their milk powder with melamine, and becomes more profitable. You can follow suit, or slowly go bankrupt and the one that’s cutting its milk powder will take you over. That’s the worst of all possible outcomes.

The other possibility is that the first one to cut its milk powder is exposed. Then you don’t have to cut your milk powder. There’s a threat of regulation that produces self-regulation.

It just means that it’s easier for honest CEOs to run an honest business, if the dishonest businesses are more effected negatively by leaks than honest businesses. That’s the whole idea. In the struggle between open and honest companies and dishonest and closed companies, we’re creating a tremendous reputational tax on the unethical companies.

No one wants to have their own things leaked. It pains us when we have internal leaks. But across any given industry, it is both good for the whole industry to have those leaks and it’s especially good for the good players.

Il se place en juge moral. Wikileaks doit sortir des “bonnes” fuites, celles qui encouragent le bien. personne ne trouve ça terrifiant ?


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15 Commentaires

“On a beaucoup, et nettement mieux que moi, écrit sur le fait que cette transparence concerne aujourd’hui des régimes déjà pas mal ouverts, et qu’elle nourrit les pratiques de ceux qui en font un usage totalement opposé à l’ambition démocratique qui semble animer Assange.”

L’Union Européenne est toujours un champions de la transparence revendiquée. Ce qui ne l’empêche de se voir mouillée au dernier degré sur les dossiers comme les prisons secrètes de la CIA, l’ACTA, etc…

De la même manière, quoi de plus transparent que le monde de la finance officielle et des sociétés cotées ?

La transparence, c’est souvent une pratique qu’on revendique pour aussi souvent qu’on peut y échapper.

Gus le 30 novembre 2010 à 06:11

« Wikileaks incarne une menace pour l’open data. » Certes.

Pour autant, l’open data rendrait Wikileaks inefficace sur son coeur de commerce (« on me cache des choses qui me concernent ! »), et renforcerait par la visibilité même des informations extraites de ces données, des distinctions utiles comme : public / confidentiel, ainsi que : intérieur / extérieur.

Donc je dirais : l’open data est une menace pour Wikileaks.

David Andrianavalontsalama le 30 novembre 2010 à 10:11

Des “clients impactés par WikiLeaks” … hum … il me semblait bien que je t’avais vu lors d’une soirée bunga bunga avec Kadhafi et Berlusconi entrain de snifer de la coke dans le trou de balle d’une danseuse bulgare …
Je vois Julian Assange comme un opportuniste ou un chanceux qui aurait gagné au loto en recevant fortuitement toute cette masse de documents. Sans ces documents il ne serait rien du tout ! Il faut tout de même avoir une pensée pour le pauvre militaire qui a détourné ces documents et qui risque 50 années de prisons, pour simplement nous avoir appris entre autres infos que Nicolas Sarkozy serait perçu comme quelqu’un de susceptible et d’autoritaire par la diplomatie américaine.
Le vrai héros c’est ce type, pas Assange.

politoblog le 30 novembre 2010 à 11:11

Salut - une petite question que je me posais en lisant cette itw de Forbes hier. Qu’as tu pense de l’interview plus generalement?

Pour ma part j’ai ete surpris par le discours d’Assange qui (a mon sens) devoile une autre facette en se disant pro-marches etc… pas que ca soit surprenant en soi, mais le fait qu’il nous donne d’autres elements sur sa vision du monde etait interessant. D’autre part j’ai trouve le questionnement du journaliste tres soft - etonnant car j’aurai assume que le lecteur de Forbes serait plutot anti-WikiLeaks.

Je serai tres interesse de savoir ce que tu en as pense.

Elliott le 30 novembre 2010 à 12:11

Gus : la transparence et le secret travaillent en couple. Il n’y a pas mythe de l’un contre l’autre, mais des cultures de rapport de forces entre les deux qui fonctionnent différemment. En l’espèce, je préfère le modèle européen au modèle français.

David : l’open data est une réaction salutaire et vertueuse à la menace de wikileaks, mais insuffisante. L’open data ne signifie pas “tout ouvrir”, même le secret. L’open data, ce ne sont pas des memos confidentiels mis en ligne. Et les acteurs ne sont pas forcément incités par des comportements de ce type, à passer à l’ouverture : à quoi bo ns’ouvrir, si on nous demandera encore plus ?

politoblog : non, Assange est cleui qui a construit un système qui permet le recueil et la mise en valeur dans des conditions de confiance pour que la gorge profonde livre ces données, qu’il n’aurait peut-être pas filées à un journaleux habituel.

Elliott : pas un instant surpris par le fait qu’Assange se dise pro-market. Il est dans une tradition de culture politique du web très libertarienne, anti-institutions, qui a foi dans le réglement collectif du web, par des processus ouverts, de rapport de force. il ne croit pas à la régulation, mais au conflit comme moteur de la résolution de tout… Très classique chez les mecs de son genre.

nicolas le 30 novembre 2010 à 12:11

RAS, j’abonde complétement sur les 4 points.

Surtout le 4ième.

Vicnent le 30 novembre 2010 à 01:11

Resalut - oui oui, c’est bien ce que je disais aussi, pas surprenant en soi. J’essayais plutot de dire que c’etait revelateur du style de personnalite qu’il essaie de projeter vers certains publics. Ici Forbes ou il s’agit quasiment d’un portrait d’entrepreneur - c’est ca qui m’a intrigue et me demandais en quoi tu avais trouve que cette interview etait “un des trucs les plus interessants”

Elliott le 30 novembre 2010 à 02:11

D’accord avec un point: on n’apprend strictement rien de nouveau à travers ces “révélations” et, pour ce qui est de la dernière livraison, j’ai plutôt l’impression de lire un bouquin plein de personnages à la Tom Sharpe.

Desirade le 30 novembre 2010 à 04:11

“Mais enfin, qui est le plus ravi, ce matin et qui est le plus embarrassé ? L’Iran ou les Etats-Unis ? Et pourquoi ?”

L’Iran est très embarrassé ce matin : la probabilité d’une intervention extérieur menant à la chute de son gouvernement a décru.

YMB le 30 novembre 2010 à 05:11

“Gus : la transparence et le secret travaillent en couple. Il n’y a pas mythe de l’un contre l’autre, mais des cultures de rapport de forces entre les deux qui fonctionnent différemment. En l’espèce, je préfère le modèle européen au modèle français.”

Cette culture de couple que vous évoquez consiste à négocier en secret et devenir public une fois les décisions arrêtées et irrévocables. L’idée séduira certainement les partisans de la démocratie représentative, surtout ceux que les limites des systèmes bipartisans ne dérangent pas. En Europe, elle pose quand même un problème : l’Europe n’ayant rien de démocratique, personne n’est plus là pour répondre de décisions impopulaires prises en secret, et assumées comme issues de négociations secrètes.

Vous imaginez aisément à quoi cela mène. Cela devrait vous terrifier, mais manifestement, non.

Sans la révélation au public de nombreuses tractations européennes, plus encore de décisions européennes impopulaires (i.e. : AGCS) et parfois choquantes (i.e. : UE/Guantanamo) auraient été prises, et, comme vous le signalez d’ailleurs à juste titre, révélées après coup : avec quelles conséquences, à moyen terme ?

J’en conviens, rien dans les intentions exprimées par les personnalités dérangées qui trouvent visiblement intérêt à représenter publiquement Wikileaks n’évoque cela. Reste qu’un libéral comme vous sait que l’on peut faire des choses utiles pour de fort mauvaises raisons, même si en refusant d’en rendre compte devant les siens, par accumulation d’incompréhension, on risque juste de les pousser à la violence dans les urnes.

Gus le 1 décembre 2010 à 07:12

Je constate que les médias traditionnels se remettent dans le jeu (et pourquoi pas…) de médiateurs incontournables entre le pouvoir et les citoyens. Citoyens qui n’ont pas l’air de se passionner sur cette transformation d’information un peu sophistiquée. Et je m’inquiète aussi des choix qui ont été faits par les médias (caviarder tel document au nom d’intérêts supérieurs) et de ce qui sera fait du matériel non publié dans son exhaustivité

Do Espirito le 1 décembre 2010 à 04:12

Bon, on pense à peu près la même chose d’Assange, sauf que vous le dites plus poliment.
Voir aussi ce qu’en dit Soubrouillard chez Marianne2 :
http://www.marianne2.fr/Wikileaks-le-caniveau-de-la-democratie_a200296.html
Au final, pas sûr qu’Assange soit gagnant à son petit chantage ; les opinions publiques, au moins occidentales, ne seront pas dupes longtemps de son petit jeu. La presse traditionnelle a peut-être tout gobé, mais sur Internet, remarquez que nous sommes déjà quelques uns à être très critiques quant à ses véritables buts et ses méthodes…

l'hérétique le 1 décembre 2010 à 05:12

Je redis qu’à mon avis Wikileaks ne peut faire sensation qu’en tant que l’open data n’existe pas.

Sur celle-ci : il ne s’agit certes pas de « tout ouvrir » mais de « résolument ouvrir absolument tout ce qui est public ».

Dans cette optique on pourrait tirer au moins ceci de l’événement Wikileaks :

1. Apparemment il faut des verrous, et chers encore, pour protéger certaines informations. Et si on supprimait les verrous devant ce qui est d’essence publique ?

2. Apparemment la frontière n’est pas claire pour tout le monde entre ce qui est public et ce qui est secret. Pourquoi pas une éducation à cette distinction ? Ouvrir et rendre visibles les données publiques, protéger ce qui est secret.

3. Tu as parlé de « réaction insuffisante » (l’open data, en tant que réaction à Wikileaks), et on pourrait répondre par des « principes nécessaires ». Mais après tout, en renversant le rapport, si Wikileaks était à terme un trublion suffisant à l’avènement de l’open data, ce serait bon. Le dommage est qu’il semble qu’actuellement ce soit un trublion nécessaire.

David Andrianavalontsalama le 1 décembre 2010 à 07:12

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Je comprends vos critiques mais je pense que vous balayez trop rapidement les bienfaits de cette mise à nue des pratiques politiques et économiques mondiales. La transparence n’est peut-être pas de mise dans tout et pour tout mais la manière odieuse dont se conduisent les états en coulisses est abjecte et morbide. Peut-être qu’ils seront plus protectionnistes encore à l’avenir mais l’once de vérité dévoilée par ces différentes fuites est inestimable. Je souhaite longue vie à Wikileaks et je reconnais à J Assange, malgré ses défauts, limites etc…le talent d’entrepreneur, de faiseur et de révélateur. J’attends avec impatience les prochaines fuites. Nous vivons dans un monde de communicants (comme l’a bien compris Assange et comme vous le savez aussi), ces fuites montrent que l’information n’est pas la communication. Les médias ont une tendance lourde à l’oublier et la vérité, crue et même banale, de ces fuites le leur rappelle, nous le rappelle, avec force.

ziad le 1 décembre 2010 à 10:12

un personnage haut en couleur et bourré de talents,l’homme du siècle dans le numérique assurément.

la liste d'ali baba le 15 décembre 2010 à 12:12

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