“11% des 12/17 ans seraient inscrits sur Twitter” ?
Et oui, c’est ce qu’on peut lire de la plume d’Aziz Haddad. Et c’est repris ‘(comme par exemple sur ce tweet de l’agence Bonnie and Clyde). Twitter serait plus performant auprès des ados que Facebook ou Myspace. Enorme, non ?
Sauf que c’est n’importe quoi.
L’article du New York Times spécifie bien que % des utilisateurs de twitter sont des 12-17”, pas que 11% des 12-17 sont inscrits sur twitter. Soit donc qu’une proportion assez faible d’utilisateurs sont des ados. De cette erreur de lecture, Aziz Haddad fait un article pour dire que les ados ne sont pas sur facebook ni myspace non plus.
de toute façon, on le sait déjà : les utilisateurs centraux de ces réseaux sociaux “adultes”, structurés, organisés, sont plus des jeunes adultes ou de vieux ados. Depuis trois ans, ceci-dit, cette population évoluait, jusqu’à devenir plus mixte. La tendance récente est à un vieillissement, à une décrue de la proportion (pas du total) des plus jeunes. Reste que 11% de 12-17, c’est encore une part tout à fait honorable pour un service solide : c’est un peu plus que la proportion de cette classe d’âge dans la population internaute.
Myspacen de son côté, reste scotché à une population jeune, et ne s’est pas élargi aux adultes : 14% de 12-17 ans, et une majorité d’utilisateurs en-dessous de 35 ans, là où Facebook est définitivement rentré dans une cible adulte. Encore faudrait-il distinguer entre les visiteurs du site et les utilisateurs enregistrés, où, chez Myspace, les chiffres sont assez différents.
Bref, ceci pour dire que parfois, avant de dire des conneries révolutionnaires sur les réseaux sociaux, il faudrait savoir lire trois chiffres (je m’inquiète du fait qu’un seul commentaire émette une réserve, sur Mashable).
Ce qui se cache derrière (liste à prolonger) :
- - un éclatement des usages sociaux en ligne des cibles jeunes, qui perdure, avec des sphères très peu connectées (aux Etats-Unis). Livejournal, myspace, facebook… Chacun son petit ghetto et son aire de jeu, surtout pas partagée avec les parents.
- - un vieillissement de Facebook, qui peut augurer de deux choses : un déclin possible, vu que l’adoption se fait parfois par transfert des générations plus jeunes (modèle Facebook), mais pas forcément.
- - une imprévisibilité des modèles d’adoption des usages sociaux qui domine : l’absence de barrières à l’entrée, et la réduction des barrières à la sortie (universalité des carnets d’adresses, ouverture des API, transfert des données…) génère une difficulté majeure, celle d’une volatilité importante des usagers. Cela rend les phénomènes d’adoption / transfert très rapides, et toujours imprévisibles. On connait ça depuis friendster, et on ne sait toujours pas comment ça marche vraiment.
- - une bulle twitter qui confirme cette tendance du modèle d’adoption imprévisible. Twitter est né chez des geeks de la Valley, et s’élargit de cette base. Il n’a pas conquis les jeunes : c’est rare qu’ils adoptent la boisson ou la mode de leurs ainés. Le chiffre de 11% d’ados est déjà en soi énorme (on aurait pu prévoir moins).
- - une faculté à dire n’importe quoi à partir de commentaires sur twitter qui est désormais durable.
EDIT : allez vers ce lien, signalé en commentaires, pour les chiffres et une étude complète.
11 Commentaires
[...] mon billet de lundi, les choses progressent. Ca discute sur le fait de savoir si les teens tweetent, surtout à [...]
Meilcour.fr » Do teens tweet ? Episode 2 added these pithy words on sept 02 09 at 22 h 53 minTrève de blabla. Le meilleur article sur le sujet est ici:
http://www.techcrunch.com/2009/08/30/why-dont-teens-tweet-we-asked-over-10000-of-them/
Y avait-il besoin de commentaires touiteur pour dire n’importe quoi en cent mille exemplaires quotidiens ?
Excellent article. Cela fait du bien de lire des personnes qui transmettent un peu de clarté dans le canon à buzz.
J’ai corrigé ma “connerie révolutionnaire” due à une précipitation lors de l’écriture du post, je m’en excuse auprès de mes lecteurs et vous remercie pour ça. L’analyse quant à elle était bien basé sur ces mêmes données (en témoigne la suite du post et mon commentaire sur le même article), ce qui ne change rien au fond finalement (?)
Aziz : ben si, ça change fondamentalement le fond. Les teens ne twittent pas, mais oui, ils sont sur facebook et myspace (avec des taux de pénétration énormes).
POurquoi ils ne twittent pas ? L’article du NYT, et celui de techcrunch cité en lien en bas de ce billet, l’explique pas trop mal. Danah Boyd le fait aussi très bien.
16% uniquement des 13-17 ans sont inscrits sur Facebook en France, je n’ai pas les données pour MySpace mais je pense que cela doit être encore plus faible vu la moyenne d’âge. En termes de pénétration j’ai vu sincèrement mieux (Skyblog, dailymotion…)
Aziz : soyons sérieux avec les chiffres. Tu parlais de chiffres concernant les Etats-Unis, ne contredis pas avec la France.
Aux US, myspace est très fort sur la population adolescente. Facebook sur les jeunes adultes (18-35). Les taux de pénétration y sont très importants (et pas de l’ordre de 10%).
Effectivement, c’est très nul…
La statistique en question (affreusement mal interprétée!) vient de cet article de TechCrunch qui, lui, est très rigoureux: http://www.techcrunch.com/2009/08/30/why-dont-teens-tweet-we-asked-over-10000-of-them/
Nicolas, Aziz,
je n’ai pas de stats à fournir mais une expérience. Je travaille dans un cyberespace public. J’y vois de tout, ados, jeunes adultes, adultes et séniors. Et parfois, des femmes.
Étant utilisateur de réseaux sociaux (dont surtout twitter/friendfeed), voilà ce que j’ai remarqué :1.les pré-ados utilisent msn et les sites de vidéos streaming. //Age du dialogue naissant, du jeu et du divertissement…
2.les ados, en se saisissant de la souris, commencent par Facebook. Même msn est devenu obsolète pour eux. Myspace?, de temps en temps. Twitter? Connais pas, ou alors, pas d’intérêt. Facebook est leur web. //Age du social naissant (amour, amitié, réseau)…
3.les adultes >>trop compliqué, dépend de la CSP, du réseau perso et pro…
4.les séniors (jeunes retraités surtout) sont depuis quelques semaines accrocs à Facebook, découvert le plus souvent par les petits-enfants, qui ont « sauté » une génération (leurs parents, ringards, c’est bien légitime!) pour échanger, partager et « convertir » papy et mamie. //Age du renouveau, de la 2è vie, de la curiosité technologique assumée…
Voilà une petite contribution issue d’observations.

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